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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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IMA

IM I

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IMAGINABLE fiat, imaginabilis), adj. Qui peut êtreimaginé, conçu. 11 a pour nous toutes les bontés imagi-nables, Boss.

IMAGINAIRE (lat. imaginarius) , adj . Qui n’est quedans l’imagination, qui n’est point réel. Une vertu, unbien, un être imaginaire. || Espaces imaginaires, espacesqui, suivant la physique d’Aristote, placés au delà de lasphère des fixes, n’admettaient absolument rien, et fig.le vague, l'indéfini, l’impossible. || Fig. Être, voyager, seperdre dans les espaces imaginaires, se former des vi-sions, se repaître d’idées imaginaires. || Qui n’est tel outel qu’en imagination, en parlant des personnes, lin vain-queur imaginaire. || Malade imaginaire, personne, la plu-part du temps hypocondriaque, qui, éprouvant des souf-frances nerveuses très-diverses, les rapporte à toutessortes de maladies qu’elle n’a pas. || En algèbre, imagi-naire se dit d’une valeur qui n’existe pas et ne peut pasmême être conçue comme existante.

* IMAGINANT, ANTE, adj. Qui imagine. La facultéimaginante, I’asc.

IMAGINATIF, IVE (lat. imaginations), adj. Qui ima-gine aisément, qui a une grande fertilité d’imagination.Un esprit imaginatif. |l La faculté, la puissance imagi-native ou subst. l’imaginative, la faculté, la puissancepar laquelle on imagine.

IMAGINATION (lat. imaginatio), s. f. Faculté quenous avons de nous rappeler vivement et de voir enquelque sorte les objets qui ne sont plus sous nos yeux.|| Homme d’imagination, celui chez qui l’imagination estvive. || En imagination, d’une façon imaginaire. || En lit-tér. et beaux-arts, faculté d’inventer, de concevoir, jointeau talent de rendre vivement les conceptions. Ij Se ditaussi des ouvrages. Roman plein d’imagination. |) Résul-tat de la faculté d’imaginer, chose imaginée. Cette ima-gination me réjouit. || Pensée, idée. Moi qui ne puis passouffrir la vue ni l’imagination d’un précipice, Sév.|| Croyance, opinion qu’on a par imagination. C’est unepure imagination. || Pensée, chose imaginaire. Quoi ! lesimaginations de vos auteurs passeront pour les vérités dela foi ! Pasc. || En méd. Imaginations, mouches volantes.

IMAGINATIVE, s. f. Yoy. Imaginatif.

IMAGINÉ, ÉE, p. p. d’imaginer.

IMAGINER (lat. imaginari), v. a. Se représenterquelque chose dans l’esprit. || Famil. Vous n’imaginezpas, vous ne pouvez vous faire une idée. || Imaginer,

suivi de que .Gardez-vous, je vous prie, D’imaginer

que vous soyez jolie, Voit. || Ahsol. C’est ce que j’appelleimaginer, Boss. || Inventer. 11 a imaginé une machinecurieuse. || Avoir l’idée de. Avez-vous imaginé pour notreaffaire quelque chose de favorable? Mol. || S’imaginer,imaginer à soi, figurer dans son esprit. Ces lâches chré-tiens qui s’imaginent avancer leur mort quand ils pré-parent leur confession, Boss. [| Croire, se mettre dansl’esprit. || S’imaginer, v. r. Être imaginé.

* IMAMAT (i-ma-ma), s. m. Dignité d’iman. || Rési-dence de l’iman. || Pays gouverné par un iman.

IMAN (i-man. Arabe imâm, chef), s. m. Ministre dela religion,mahométane. || Titre que portent les chefs deplusieurs États indépendants de l’Yémen. L’iman de Mas-cate. || II serait plus correct d’écrire imam.

IMARET (i-ma-rè. Arabe amâret, habitation), s. m.Sorte d’hôtellerie turque où les élèves des différentesécoles vont prendre leurs repas ; les pauvres y trouventaussi gratuitement des vivres.

IMBÉCILE (lat. imbecillus), adj. Faible d’esprit et decorps,incapable. Un sexe, une vieillesse imbécile. |IQuin’a plus ses idées, qui est dans l'imbécillité. Le grand âgeet les infirmités l'ont rendu imbécile. 11 Imbécile de corpset d’esprit, se dit d’une personne à qui l’âge ou les mala-dies ont ôté les forces du corps et affaibli la raison. || Dé-pourvu d’esprit, qui parle, qui agit sottement. || Subst.Un imbécile, une imbécile, celui, celle qui a les facultésintellectuelles trop faibles pour se conduire. j| Par exa-gération, une personne dépourvue d’esprit, de moyens.

IMBÉCILEMENT, adv. Avec imbécillité.

IMBÉCILLITÉ (lat. imbecillitas), s. f. Faiblesse d'es-prit et de corps, incapacité. || En méd. Faiblesse de l’es-prit, premier degré de l’idiotisme. || Par exagération,sottise, niaiserie. Il a eu l’imbécillité de, etc.

IMBERBE (lat. imberbis), adj. Qui est sans barbe.Menton imberbe. 11 Très-jeune, trop jeune. Des docteursimberbes.

IMBIBÉ, ÉE, p. p. d’imbiber,

IMBIBER (lat. imbibere), v. a. Pénétrer, en parlantde l’eau ou de quelque autre liquide. La pluie a imbibé laterre. || Faire pénétrer, en parlant d’eau ou d’autre li-quide. Imbiber une éponge. |j Attirer par imbibition.L’eau que les plantes imbibent. || S’imbiber, v. r. Deve-nir imbibé. || Pénétrer dans, en parlant du liquide. Lateinture s’imbibe peu à peu dans la laine, Fén.

IMBIBITION, s. f. L’action d’imbiber, ou l’action, lafaculté de s'imbiber. || En bot. Action par laquelle lesfeuilles des plantes pompent l’humidité de l'air.

* IMBOIRE (wn et boire), v. a. Humecter de. Imboireun corps d’un liquide. || Fig. On l’a imbu de ce principe.|| Se pénétrer de. Ce peuple a imbu les mœurs de sesconquérants. j| S’imboire, v. r. Devenir imbu. S’imboirede préjugés, J. J. Rorss.

* IMBRICATION (lat. imbricare), s. f. État des chosesqui se recouvrent les unes les autres, à la manière destuiles d'un toit.

* IMBRIFUGE (lat. imber et fuga), adj. Qui préservede la pluie. Toile, chapeau imbrifuge.

* IMBRIQUANT, ANTE, adj. En bot. Qui recouvre uneautre partie à la manière des tuiles d'un toit.

IMBRIQUÉ, ÉE (lat. imbricatus), adj. En hist. nat.Appliqué en recouvrement à peu près comme les tuilesd’un toit, en parlant des parties des plantes, des écaillesdes poissons et des plumes des oiseaux.

IMBROGLIO (in-bro-llo, Il mouillées. Ital. imbroglio)ou, à la française, IMBROILLE (in-bro-11, H mouillées),s. m. Embrouillement, confusion. Le délail causerait unimbroglio qui ferait tout abandonner, Boss. || Pièce dethéâtre dont l’intrigue est fort compliquée. Les imbro-glios italiens. Une espèce d’imbroille, Beaumarchais.

IMBU, UE, p. p. d’imboire. || Pénétré d'un liquide.Du papier imbu d’huile. || Fig. Dont l’esprit ou le cœurest pénétré de. Les faux principes dont ils sont imbus,Boss. || Il se dit, en un sens analogue, de ce qu’on sait.Assez imbu de belles-lettres, Marmostel. ||S. ni. Dans lapeinture en bâtiment, la première couche à l’huile.

IMITABLE (lat. imitabilis), adj. Qui peut être imité.|| Il se construit avec la préposition à. Ce n’est pas lapuissance de Dieu qui est imitable aux hommes, Balzac.

IMITATEUR, TR1CE (lat. imitator ), adj. Qui imite,qui s’attache à imiter. N’attendez rien de bon du peupleimitateur, la Foxt. || S. m. et f. Celui, celle qui imite.

11 II se dit particulièrement d’un écrivain ou d’un artistequi imite le style, la manière, le genre d’un autre.

IMITATIF, IVE (lat. imitativus), adj. Qui imite.Bombe est un mot imitatif. || Harmonie imitative, ar-rangement de mots par lesquels on imite le son d'un objetnaturel. || Il signifie aussi quelquefois qui a la faculté,l’habitude d'imiter. Le singe est un animal imitatif.

IMITATION (lat. imitât,tu), s. f. Action d’imiter; ré-sultat de cette action. Trop d’imitation éteint le génie,Yolt. || Les arts d’imitation, la peinture, la sculpture.

11 Au théâtre, don ou talent de contrefaire les acteurs cé-lèbres. Exceller dans les imitations. || Œuvre dans la-quelle on se propose d’en imiter une autre. C’est plutôtune imitation qu’une traduction. || En mus. Répétitiond’une phrase ou d'un fragment de phrase musicale d’unepartie dans une autre. || Absol. Imitation, l’Imitation deJésus-Christ, ouvrage de piété très-célèbre. || Dans l’in-dustrie, sorte de contrefaçon. Bijoux en imitation. || Àl’imitation de, à l’exemple de, sur le modèle de.

IMITÉ, ÉE, p. p. d'imiter.

IMITER (lat. imitari), v. a. Chercher à reproduirece qu’un autre fait. Le singe imite l’homme. || Contre-faire, copier. Imiter l’écriture, la signature d’une per-sonne. 11 Prendre la conduite, les actions d’une personnepour modèle. || Imiter l’exemple de quelqu’un, faire cequ’il a fait. || En littér. et beaux-arts, prendre pour mo-dèle le style, le genre, la manière d’un autre. Ce tableauest imité de Raphaël. Cet ouvrage est imité de l’es-pagnol, il est imité d)un ouvrage espagnol. || Absol. Imi-ter ainsi, ce n est point être plagiaire, Yolt. || Dans lesbeaux-arts, faire l’image, la ressemblance d’une chose.