NUE
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richesses, d’honneurs. |j En langage mystique, parfaitenudité, état de l’âme qui se dépouille de tout sentiment.
NUE (lat. nubes), s. f. Toute masse de vapeur d’eaurépandue dans l’atmosphère. || Le haut des airs, lalace où sont les nues. Nous avons percé la nue du crie vive le roi ! Sév. | [ Fig. Porter, élever une personne,une chose aux nues, la louer jusqu’aux nues, la louer avecexcès. 11 Fig. Cette pièce a été aux nues, elle a obtenu untrès-grandsuccès. || Par-dessuslesnues, avec exagération.Vous me loueriez par-dessus les nues, Sév. || il est au-dessus des nues, sur les nues, il a surmonté quelque grandobstacle, il est dans une grande fortune. || Fig. Monter,sauter aux nues, bondir dans les nues, être dans un violenttransport. || Fig. Tomber des nues, arriver à l’improviste,n’être connu ni avoué de personne. || En parlant d’unepièce de théâtre, ce dénoùment tombe des nues, il n’estpoint amené, point préparé. || Tomber des nues, être toutétonné.|| Fig. Se perdre dans les nues,s’égarer dans l’em-phase et dans l’obscurité.
NUÉ, ÉE, p.p. de nuer. En arc-en-ciel nué de centsortes de soies, la Font. || Or nué, or employé avec de lasoie dans un ouvrage de broderie, de sorte que l’orserve comme de fond. || Se dit de certaines fleurs quiont plusieurs nuances. Une fleur nuée d’incarnat.
NUÉE (nue), s. f. Grosse nue. [J Par extens. Nuageformé d’une vapeur quelconque. || Fig. Multitude de per-sonnes, d’oiseaux, d’animaux venus en troupe. Des nuéesde sauterelles. || One nuée de traits obscurcit l’air, Fén.|| Par exagération, un grand nombre. Une nuée de té-moins, d’écrits, etc. |] Fig. Menace,orage qui se prépare.La nuée a crevé sur ce pays. || Parties sombres qui setrouvent quelquefois dans les pierres précieuses.
NUEMENT, adv. Voy. sèment.
NUER (nue), v. a. Assortir des nuances. || Nuer undessin, marquer sur les fleurs les couleurs que l’ouvrierdoit employer. [| Absol. Savoir bien nuer.
NUIRE (lat. nocere), v. n. Causer un tort, un dom-mage. Ceux qui nuisent à la réputation ou à la fortunedes autres, plutôt que de perdre un bon mot, méritentune peine infamante, la Brou. || Absol. Il eût voulupouvoir attaquer sans nuire, se défendre sans offenser,Fléch. || Se nuire, faire du mal à soi, ou s’en faire l’unà l’autre. Ils se sont nui l’un à l’autre. || Ne pas nuire,aider, servir, être utile. Cela n’a pas nui à mon succès.11 Prov. Abondance de bien ou de biens ne nuit pas.
NUISIBLE (ht. nocibilis),adj.Qui peut ou doit nuire.Les animaux nuisibles. Cela est nuisible à la santé.
* NUISIBLEMENT, adv. D’une manière nuisible.
NUIT (lat. nox), s. f. L’espace de temps qui suit lecrépuscule du soir, jusqu’au crépuscule du matin. Il faitnuit. À nuit tombante. (| La nuit, pendant la nuit. || Nuitclose, nuit fermée, le moment où la nuit est devenuecomplète. || Oiseaux de nuit, les oiseaux de proie que lejour incommode et qui chassent à la tombée de la nuit.|| Bonne nuit, se dit en prenant congé, le soir, des per-sonnes avec qui l’on vit en familiarité. || Nuit blanche,nuit passée dans l’insomnie. || Une bonne nuit, une nuitpendant laquelle on dort bien dans son lit. Une mau-vaise nuit, une nuit pendant laquelle on ne dort pas, enraison de souffrances physiques ou morales. || Passer lanuit à étudier, à jouer, à danser, à boire, etc. étudier,jouer, etc. pendant toute la nuit. || Absol. Passer lanuit, veiller hors de son lit. |j Poétiq. Les feux de lanuit, les étoiles. L’astre des nuits, la reine des nuits, lalune. Les voiles de la nuit, l'obscurité de la nuit. || Bon-net de nuit, coiffure de nuit, bonnet, linge dont on secouvre la tête pour dormir. || Famil. Triste comme unbonnet de nuit, très-triste. || Chemise de nuit, chemiseque l’on met le soir en se couchant, et que l’on quitte lejour. || Table de nuit, pot de nuit, table, vase que l’onplace à côté de son lit pour divers besoins. || Sac denuit, sac dans lequel on emporte ce qui est nécessairedans un voyage. [[ En peint. Effet de nuit, scène où l’onne voit point d'autres clairs ni d’autres reflets que ceuxqui paraissent venir de la lueur de la lune, d’une bou-gie, d’une lampe ou d’une lanterne. || Une Nuit, untableau qui représente un effet de nuit. Une Nuit duCorrége. |,| Dans la mythologie, déesse qui préside à lanuit, et qui était figurée avec un voile semé d’étoiles,
portée sur un char et traînée par des chevaux noirs (onmet une majuscule en ce sens). || Une obscurité quel-conque. Mais jusque dans la nuit de mes sacrés déserts,Boil. Nous fûmes enveloppés dans une nuit profonde, Fén.
11 Fig. Lanuit des temps, les temps reculés dont les tradi-tions sont effacées. 11 La nuit du tombeau ou des tombeaux,la nuit éternelle, la nuit infernale, la mort, le séjour dela mort. |] L’éternelle nuit, la damnation éternelle.|| Fig.Obscurité qui, par une cause interne, physique ou mo-rale, se répand sur la vue. || Fig. Ténèbres de l’esprit oudu cœur. || La nuit de l’ignorance, se dit des époques oudes pays privés de connaissances, de lumières. || Fig. Cequi cache, enveloppe comme ferait la nuit. De la nuitdu silence un secret peut sortir, Volt. || De nuit, loc. adv.Pendant la nuit. 11 Nuit et jour ou jour et xuit, toc. adv.Sans cesse. 11 Prov. La nuit tous les chats sont gris, il estaisé de se méprendre, de ne pas reconnaître ceux à quil’on parle ; et aussi on ne connaît pas, pendant lanuit, siune personne est belle ou laide. || La nuit porte conseil, ilest prudent de se donner le temps de réfléchir.
NUITAMMENT, adv. De nuit. Il arriva nuitamment.
NUITÉE (nuit), s. f. L’espace d’une nuit.
NUL, NULLE (lat. nullus), adj. Aucun, avec néga-tion. Nulle autre religion que la chrétienne n’a connuque l’homme est la plus excellente créature et en mêmetemps la plus misérable, Pasc. \\ Il se dit aussi au plu-riel. Nulles gens. Nuis frais. || Il se met avec sans. Sansnulle vanité. || Nul... que, c’est-à-dire nul... si ce n’est.Nulle parure que la simplicité, nul ornement que la mo-destie, Boss. || Au masc. et au sing. Absol. Nul homme.Nul n’est content de sa fortune.|| Qui est sans valeur, sanseffet, qui se réduit à rien, en parlant des choses. Une dé-claration,une valeur nulle. || Lettre nulle, lettre qui ne seprononce pas. |J Son crédit, son talent estnul, il n’a pointdecrédit, de talent. || En parlant des personnes, qui, pourainsi dire, n’a pas d’existence. J’avais la mortificationd’être nul pour elle, J. J. Kocss. || Un homme nul, unhomme sans valeur, sans mérite. || Enjurispr. Se dit desactes qui, étant contraires aux lois pour le fond ou pourla forme, sont comme s’ils n’étaient pas. Donation nulle.
NULLE, s. f. Syllabes ou phrases insignifiantes entre-mêlées aux caractères significatifs dans une dépêche se-crète, pour en rendre le déchiffrement plus difficile.
NULLEMENT, adv. De nulle manière.
NULLITÉ (lat. nullitas), s. f. Enjurispr. Défaut quirend un acte nul. Moyens de nullité. Nullité au fond,dans la forme. || Fig. Défaut absolu de talent, de valeur.Un ton sentencieux Cache leur nullité sous un air dédai-gneux, Gresset. || Néolog. Une nullité, un homme nul.
NÛMENT ou NUEMENT (nu), adv. En état de nudité.Les animaux demeurent nûment exposés à l’action del’air et à toutes les intempéries du climat, Buff. ||Fig.D’une façon nue, sans rien d’ajouté. Écrire les faits nue-ment et sèchement, Fontes. || Fig. Sans déguisement.Raconter nûment et simplement les faits.
NUMÉRAIRE (lat. numerarius), adj. Qui sert à comp-ter. Placer des pierres numéraires sur la route éternelledu temps, Buff. 11 Ayant valeur légale, en parlant desespèces qui ont cours. Valeur numéraire de la pièce d’or.On donnait cinq sous numéraires au fantassin, du tempsde Henri IV, Volt. || S- m. Argent monnayé. Payer ennuméraire. || Numéraire fictif, les billets, le papier.
NUMÉRAL, ALE (lat. numeralis), adj. Qui désigneun nombre. Les adjectifs numéraux. || Lettres numéra-les, lettres qui désignent un nombre, comme dans leschiffres romains. || Vers numéraux ou chronologiques,vers dont les lettres numérales marquent le millésimede quelque événement (voy. chronogramme) .
NUMÉRATEUR (lat. numerator), s. m. Le nombre quiindique, dans une fraction, combien elle contient de par-ties de l’unité. Dans 7/1 U, 7 est le numérateur.
NUMÉRATION (lat. numeratio), s. f. Action dénom-brer. || En style de notaire, action de compter. Numéra-tion de deniers. | [ En arithm. Génération de tous les nom-bres au moyen de certains nombres que l’on considèrecomme simples. || Numération écrite, manière d'écrire enchiffres un nombre énoncé. Numération parlée, manièred’énoncer verbalement un nombre écrit en chiffres. || Nu-mération décimale, celle qui emploie dix caractères.