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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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i OMBREUX, EUSE (lat. umbrosus), adj. Qui fait de ’t’ombre. Sous les hêtres ombreux, Millevoye. |j Couvertd’ombre. Une vallée ombreuse, Delille.

OMÉGA s. m. Dernière lettre de l’alphabet

£rec. 11 Fig. L’alpha et l’oméga, le commencement et la fin.

OMELETTE (orig. inc.), s. f. Œufs battus et cuitsdans la poêleayec du beurre. 11 D’omelette, couleur d’uneomelette. || Faire une omelette, casser des œufs et lesbattre pour faire l’omelette. || Prov. On ne saurait faireune omelette sans casser des œufs, il faut se résigner à despertes, à des sacrifices, pour faire ce qui doit être fait.

OMETTRE (lat. omüleré), v. a. Manquera faire, à direune chose. || Se construit avec à ou de. 11 a omis de faireou à faire cela. || Omettre quelqu’un, ne pas le.compren-dre dans une énumération. || S'omettre, v. r. Être omis.

OMIS, ISE, p. p. d’omettre.

OMISSION (lat. omissio), s. f. Action d’omettre. L’o-mission d’un principe mène à l’erreur, Pasc. || La choseomise. Une omission importante. || En jurispr. Man-quement à une chose exigée par la loi, et qui dans cer-tains cas entraîne la nullité. || En théol. I,es péchésd’omission, les péchés qui consistent à ne pas faire lesbonnes œuvres auxquelles on est obligé, par oppositionaux péchés de commission.

OMNIBUS (o-mni-bus’. Lat. omnibus , pour tous), s.m. Voiture qui parcourt une ville ou sa banlieue, et oùchacun peut monter pour une somme modique. || Adj.Voiture omnibus.

OMNIPOTENCE (lat. omnipolentia) , s. f. Toute-puis-sance. L’omnipotence divine. | ] Faculté de décider souve-rainement en certaines matières. L’omnipotence du jury.

* OMNIPOTENT, ENTE [lat. omnipotens), adj. Qui peuttout. Le jury est omnipotent.

OMNISCIENCE (lat. omnis et scientia),s. f. En théol.La science infinie de Dieu. [| Dans le langage ordinaireet par exagération, la science de toute chose.

* OMNISCIENT, ENTE (lat. omnis et sciens), adj. Quia l’omniscience. Dieu est omniscient, Volt.

OMNIVORE (lat. omnivorus ), adj. En hist. nat. Quise nourrit d’aliments de toute espèce. Le rat est car-nassier et même omnivore, Bdff. || Subst. Les omni-vores, nom d’un ordre nombreux d’oiseaux.

OMOPLATE (iytoTÀânj), f■ Os large, mince ettriangulaire, situe à la face dorsale du thorax, et for-mant la partie postérieure des épaules. Il Famil. Le platde l’épaule.

ON (lat. homo), subst. abstrait. Il indique d'une ma-nière générale ou vague les gens, les personnes; il n’estemployé que comme sujet du verbe, et se met toujoursau singulier. On ne surmonte le vice qu’en le fuyant,Féx. | ] On remplaçant un sujet détermine. On n’a pas plusd'esprit, de grâce, Collin d’Harlev. || On se dit pour je,tu, il, nous, vous, ils. Et vous, à m’obéir, prince, qu’onse prépare, Rac. || On admet devant lui l’article V, par-ticulièrement dans les cas où l’euphonie l’exige. Ce quel’on conçoit bien s’énonce clairement, Boil. || Quand onsuit le verbe dont il est le sujet, il s’y joint par un traitd’union. Dit-on. || Si le verbe se termine par un e muetou par un a, on le joint à on par un trait d’union et parun f euphonique. Prie-t-on? Ira-t-on à Lyon? || On dit,locution jouant le rôle de substantif, et signifiant ; ce quise dit. Un on dit. Les on dit. || Le qu’en dira-t-on, sortede substantif composé. Se moquer du qu’en dira-t-on,se moquer de ce que les autres peuvent dire.

ONAGRE (lat onager, de ôvsr/po;), s. m. Ane sauvage.j| Ancienne machine de guerre pour lancer des pierres.«ONAGRE [ovâ.ypx], s. f. Genre de plantes dont uneespèce a des pousses et des racines alimentaires.

ONC ou ONQUES (lat. unguam), adv. Jamais. Vîtes- 1vous onc un plus hardi hâbleur? || Avec la négation,il a le sens négatif. || Cet adverbe a vieilli.

ONCE (lat. uncia),s. f. Ancien poids qui était d’abordla douzième partie de la livre romaine; il était resté ladouzième partie de la livre de Lyon et du midi de laFrance ; il était la seizième partie de la livre de Paris.

Il Famil. Petite quantité. Un homme pâle et livide, quin a pas sur soi dix onces de chair, la Bruy. || Fig. Il n’apas une once de sens commun, d’esprit, etc. il en estcomplétementdénué. || Ne pas peser une once, être très-

léger, et fi", avoir un grand contentement qui fait qu’onsemble lé"er. || Nom de plusieurs valeurs monétaires.|| Once d’or, monnaie courante en plusieurs pays.

ONCE (persan youz), s. f. Nom vulgaire et spécifiquedu chat once, dit aussi jaguar. .

ONCIAL, ALE (lat. uncialis), adj. T. d anliq. Lettresonciales, sortes de grands caractères qui s’employaientaux titres des livres, aux inscriptions, etc._ l| Au fém.l’onciale ou au masc. l’oncial, l’écriture onciale.

ONCLE (lat. avunculus ), s. m. Frère du père ou de lamère. Oncle paternel, maternel. |[Faire 1 oncle, gronder.|[Oncle à la mode de Bretagne, voy. mode. || Oncle d’Amé-rique, personne qui, parent ou non, vient de loin et àl’improviste apporter à quelqu’un une grande fortune.|| Grand-oncle, le frère du grand-père oudelagrand’mère.

ONCTION (lat. unctio ), s. f. Action de frotter avecune substance grasse. || Fig. Ce qui facilite comme faitun corps gras. Cela n’avait pas mis d’onction entre eux.|| Action d’oindre, en usage dans certaines cérémoniesjudaïques. Je ne suis roi que par l’onction, Saci. || Actiond’oindre, dans certaines cérémonies de l’Église chré-tienne. L’onction du baptême, delà confirmation. L’onc-tion des évêques. Pépin regarda l’onction qu’il reçut dupape Étienne comme une chose qui le confirmait danstous ses droits, Montesq . 11 Extrême-onction, voy. extrême-onction. 11 Fig. Mouvement de la grâce, consolation duSaint-Esprit. L’onction du Saint-Esprit. L’humilité naîtde l’onction de la grâce, Fén. || Fig. Ce qui, dans unécrit, un discours, une action, touche le cœur, le porte àla piété. L’onction de Fénelon. Prêcher avec onction.

ONCTUEUSEMENT, adv. Avec onction.

ONCTUEUX, EUSE (lat. unctum), adj. Qui est d’unesubstance grasse et huileuse. Qui produit au toucherl’impression d’un corps gras. Une terre onctueuse. Desminéraux onctueux. || Fig. Rempli d’onction. Un sermononctueux. L’onctueux auteur du Télémaque.

ONCTUOSITÉ, s. f. Qualité de ce qui est onctueux.|| Qualité de ce qui est ou paraît gras au toucher.

ONDE (lat. unda),s. f. Eau qui se soulève. Le ventfait des ondes sur la rivière. L’onde approche, se brise,Rac. || Fig. Il se dit des passions, des sentiments qui sesoulèvent comme une onde. Les ondes de la colère s’élè-vent plus fort, Boss. || Dans le style élevé, l’eau en gé-néral. Sur le bord d’une onde pure, Rac. || La mer. Cetempire absolu sur la terre et sur l’onde, Coux. || L’ondenoire, le Styx. || Passer Fonde noire, mourir. |j Tout cequi a un mouvement de soulèvement semblable à celuide la mer. Car le feu dont la flamme en onde se déploieFait de notre quartier une seconde Troie, Boil. || S. f. pi.Dans les beaux-arts, lignes composées d’une successionde courbes alternativement concaves et convexes. Les on-des d’une colonne torse, les courbes du profil de cettecolonne.|| Teintes, nuances qui imitent une onde.Les on-des de la moire, d’un bois veiné. |] Lignes de différentescouleurs qui vont en serpentant sur la robe d’un coquil-lage . 11 Soulèvement dans une matière solide. Il se forme,à la surface de ces masses, des trous, des ondes, des as-pérités, Buff. || Défaut dans le verre. || Traces circulairesqui se propagent à la surface d’un liquide qui a étéébranlé dans un de ses points. || En pnys. Ondes sono-res, ondulations de l’air, que l’on admet pour expliquerles phénomènes du son. Il Ondes lumineuses, ondulationsqu’on suppose dans un fluide hypothétique, l’éther.

ON DÉ, EE, adj. Qui présente des lignes coloréqs irré-gulières en forme d’ondes. La queue est ondée de blanc,Buff. 11 Qui présente des élévations et des enfoncements.Il a les bords du bec supérieur non pas droits, mais ondes,Buff. 11 Cheveux ondés, cheveux en bandeaux plats, il estvrai, mais qui sont rangés en lignes ondulées, non droites.

ONDÉE, s. f. Ondée de pluie, grosse pluie subite etpassagère. || Absol. Une forte ondée. |j Fig. Nous allonsfaire pleuvoir sur toi une ondée de coups de bâton, Mol.

ONDIN, INE [onde], s. m. et f. Génie élémentairedes eaux, suivant les cabalistes.

ONDOIEMENT, s. m. Action d’ondoyer, de flotter pafondes. L’ondoiement des vagues, des blés. 11 Raptême faiten cas de nécessite et où sont omises les cérémonies de l’É-glise; il se fait souvent aussi par précaution,quand on veutretarder le bapterne pour une circonstance quelconque.