Buch 
Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
Entstehung
Seite
797
JPEG-Download
 

PAI

— 797

PAI

son sac, se dit d’un avare ou d’un homme qui vit retiré.

|| Il ne vaut pas le pain qu’il mange, se dit d’un fainéant,de quelqu’un d’inutile. || Il mange son pain blanc lepremier, se dit de quelqu’un qu’on prévoit ne devoirpas être toujours dans une condition aussi heureuse quecelle où il est présentement. Il Fig. Ne manger que d’unpain, n’avoir aucune variété, jj Fig. Pain dérobe, plaisiru’on obtient en cachette et par une sorte de vol. || C'estu pain bien dur, c’est une condition fâcheuse où lebesoin force à rester. 11 II est bon comme le bon pain,comme du bon pain, se dit d’un homme bon et doux.|| Pour un morceau de pain, à très-bon marché. |] Painsec, punition qu’on inflige aux enfants et qui consiste àne leur donner que du pain pour repas. || Mettre au painet à l’eau, se ait d’une punition dans laquelle on nedonne au délinquant que du pain et de l’eau pour toutenourriture. || Popul. Faire passer, faire perdre le goûtdu pain, tuer. || Par extens. La nourriture de chaquejour, Chaque jour amène son pain, la Font. | [ Pain quo-tidien, la nourriture de chaque jour, les besoins journa-liers, et fig. ce que l’on fait habituellement. || Pain desprisonniers, le pain que l’on distribue journellement auxprisonniers. || Pain du roi, le pain que le roi donnait pourla nourriture des prisonniers, j | Il a mangé du pain duroi, il a été en prison ; et aussi il a été militaire. J| Lemorceau de pâte, avant qu’il soit cuit. Mettre le pam aufour. || Du pain cuit, du pain qui a subi la cuisson aufour, et fig. ouvrage fait d’avance, épargne faite pourl’avenir. || Avoir son pain cuit, avoir sa subsistance assu-rée. || Avoir du pain cuit sur la planche ou simplementavoir du pain sur la planche, avoir de quoi vivre en re-pos, sans travailler. || Pain sans levain, le pain azyme.|| Les pains de proposition, les douze pains qui étaientofferts à Dieu dans l’ancienne loi, les jours de sabbat.|| Pain d’affliction, pain que les Juifs mangeaient en sou-venir de leur sortie d’Egypte. || En style mystique, painde douleur, le temps qu on passe dans l’affliction. 11 Paind’amertume, chose qui afflige. || Pain bénit, pain que leprêtre bénit, et qu’on coupe par morceaux pour le distri-buer aux fidèles durant une messe solennelle. || Rendrele pain bénit, donner à l’église le pain qui doit être bénit.|| Fig. C’est pain bénit, se dit d’une disgrâce qui arrive àquelqu’un qui l’a bien méritée. || L’hostie. || Pain céleste,pain des anges, pain de l’âme, 1 eucharistie. || Fig. Paindu ciel, pain de vie, Jésus-Christ et sa doctrine. || Painde la parole de Dieu ou simplement pain de la parole, en-seignement des vérités morales et religieuses, il Le paindes forts, les vérités de la religion chrétienne. || Fig. Sub-sistance. Gagner son pain. [| Manger le pain de quelqu'un,recevoir de lui de quoi vivre, et aussi être a son ser-vice comme domestique. |[ Oter à quelqu’un le pain dela main, ôter le pain, lui faire perdre les moyens de sub-sister. | S’ôter le pain de la bouche pour quelqu’un, sepriver du nécessaire, afin de lui fournir de quoi vivre.|| Mettre le pain à la main de quelqu’un, lui fournir lepain qui fait vivre, et fig. être la première cause de safortune. || Fig. Tremper son pain de ses larmes, vivredans une componction continuelle. || Pain de chien, paingrossier destiné à la nourriture des chiens. || Pain d’épice,voy. épice. || Pain à cacheter, petit rond de pain sanslevain, dont on se sert pour cacheter les lettres. || Paind’autel, pain à chanter, hostie. || Certaines substancesmises en masse, et dont la forme est comparée à celled’un pain. Pain de sucre, de bougie, de savon. || En painde sucre, en forme de cône. || Pain de noix, pain d’oli-ves, masse formée du résidu des noix, des olives, quandon en a extrait l’huile. || Arbre à pain, le jaquier. |J Painde coucou, alléluia. || Pain-de-hanneton, les .fruits del’orme. 11 Pain-de-pourceau, cyclame. |j Prov. A mal en-fourner on fait les pains cornus, le principal d’une affaire,c’est de la bien commencer. || Pain coupé n’a point demaître, se dit lorsque à table on prend le pain d’un autre.

PAIR, AIRE (lat. par), ailj. Egal, semblable, pareil ;ne se dit plus en ce sens que dans : Sans pair. C’est unhomme sans pair. Mérite sans pair, la Font. [| En aritlim.Nombre pair, nombre divisible par deux. || Qui est d’unrang pair, en arithmétique. Des années paires. 11 Pairou non, jeu où l’on donne à deviner si le nombre desobjets qu'on tient dans la main est pair ou impair.

I] Pair et impair, sorte de jeu qui se joue avec troisdés. || En hist. natur. Qui est divisible en deux partiesayant entre elles des rapports marqués de dispositionet placées des deux côtés d’un plan. || S. m. pl. Dansle régime féodal, les pairs, ceux qui étaient demême condition. ]| Aujourd’hui, les pairs, les égaux.Vivre avec ses pairs. || Au sing. Ne se dit que dans cettelocution : Pair et compagnon. || De pair à compagnon,sur le pied de légalité. || Le mâle ou la femelle de cer-tains oiseaux, et particulièrement de la tourterelle. 11 Dansle régime féodal, les principaux vassaux d’un seigneur.

|| Chacun des grands vassaux du roi. || Les douze pairsde France ou de Charlemagne, les douze paladins quel’on suppose avoir été attachés à la personne de Charle-magne. 11 Plus tard, ceux qui possédaient des terres éri-gées en pairies et qui avaient droit de séance au parle-ment de Paris. 11 Due et pair, seigneur qui avait le titrede duc et celui de pair. || Membre de la chambre hauteen Angleterre. 11 Membre de la chambre haute en Francesous la Restauration, pendant les Cent-Jours et sous lerègne de Louis-Philippe. || T. de commerce. Le pair, Lé-galité de change des espèces de différents pays. Le chan geest au pair. 11 T. de bourse. Le pair, parité entre le capitald’une action, ou d’une obligation, ou d’une rente, et leprix vénal à un moment donné. || La rente est au pair,elle se vend et s’achète au prix indiqué par son nom.|| Être au pair, au courant de sa besogne. || Df, pair, loc,adv. Sur le même rang. Aller de pair avec quelqu’un. Lamollesse et le plaisir ont trouvé le secret d’aller de pairavec la valeur et le courage, Mass. 1 1 Dans la premièremoitié du xvn' siècle, on préférait du pair à de pair.|| lions de pair, hobs du pair, loc. adv. Au-dessus de seségaux, au-dessus des choses semblables. j| Tirer du pairou de pair, distinguer. j| Il s’est tiré du pair, il esthors du pair, il s’est élevé au-dessus des autres.

PAIRE, s. f. Couple d’animaux de la même espèce,mâle et femelle. || Il se dit aussi, sans distinction demâle et de femelle, de deux animaux. Une paire depoulets. || Une paire de bœufs, de chevaux, deux bœufsdestinés à être attachés au même joug, deux chevauxdestinés à être attelés à la même voiture. || Famil. Use dit des personnes. Une paire d’amis. || Deux chosesde même espèce qui vont ensemble. Une paire de pisto-lets, de gants. [| Famil. Une paire de joues, d’oreilles.|| Une chose composée de deux pièces essentielles. Unepaire de lunettes, de pincettes. |f Prov. Les deux font lapaire, se dit, en mauvaise part, de deux personnes quiont même caractère, qui sont bien appariées ensemble.

PAIREMENT, adv. En arith. Nombre pairement pair,nombre dont la moitié est un nombre pair, et qui peutse diviser en quatre parties égales. || Nombre paire-ment impair ou impaireinent pair, nombre pair dontla moitié est un nombre impair.

PA1RESSE, s. f. Femme qui, en Angleterre, possèdeune pairie femelle. || Femme d’un pair.

PAIRIE, s. f. Dans la féodalité, dignité attachée à ungrand fief qui relevait immédiatement de la couronne.f| Fief, domaine auquel cette dignité était attachée. 11 Du-ché-pairie, comté-pairie, duché, comté auquel était jointle titre de pair. || Pairie femelle, celle qui passait auxfemmes. 11 En Angleterre, dignité de membre de la cham-bre des pairs. || En France, dignité de pair sous la Res-tauration, dans les Cent-Jours et sous Louis-Philippe.

* PAI RLE (pèr-1’. Orig. inc.), s. m. En blas. Pal mouvantde la pointe de l’écu, et divisé en deux parties égales,qui vont aboutir en forme d’Y aux deux angles du chef.

PAISIBLE (paix), adj. Qui demeure en paix, qui netrouble pas la paix. Un homme, un caractère paisible.|| Il se dit aussi des animaux. Un agneau, un chevalpaisible. || Qui ne trouble pas la paix, en parlant deschoses. Tous les moyens de réclamer contre l’injusticesont permis quand ils sont paisibles, J. J. Rouss. || Quin’est point inquiété dans la possession d’un bien. Pai-sible possesseur. J | Il se dit aussi des choses dont la pos-session n’est pas inquiétée. La Macédoine demeura pai-sible à sa famille, Boss. || Où l’on est en paix, où il n’ya point de bruit. Une paisible solitude. || Qui n’est pastroublé, agité, en parlant des personnes. Une âme pai-sible est peu propre à juger des passions, J. J. Rouss-