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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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PAY

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PÉG

trée, ville où l’on est né, patrie. Avant que d'être à vousje suis àmon pays, Cors. || Absol. Lepays,lapatrie.||Fig.et famil. 11 est bien de son pays, il est bien simple, bienmalavisé. |j Le canton, la localité où l’on est né; en cetemploi, il se dit d’ordinaire sans adjectif possessif. Quit-ter le pays. Tant qu’au pays le cousin restera, Picard.

|| Vin de pays, vin recueilli dans le canton, lorsque lecanton n’a pas un cru renommé. || Mal du pays, désirviolent et qui rend malade, de revoir le canton où l’onest né (voy. nostalgie). || Popul. et par catachrèse, celuiqui est du même pays, du même canton. Mon cher pays,secourez-moi, lui dis-je, Volt. || Au fém. Payse. C’estma payse. || Les habitants mêmes du pays. Chaque pays ases usages, ses mœurs. || Pays légal, voy. légal. || lig.Un pays perdu, une localité éloignée, un lieu où il y apeu de ressources, un quartier éloigné du centre des af-faires ou de la société. || Fig. 11 se dit de tout ce quel’on compare à un pays. Quelque découverte que 1 onait faite dans le pays de l’amour-propre, il y reste encorebien des terres inconnues, la IIochef. Le pays de l’éru-dition et des faits est inépuisable, d’Aleme. HLepaysd'oùl’on ne revient pas, la mort. || Prov. Nul n’est pro-phète en son pays, un homme de mérite est ordinai-rement moins considéré en,son pays qu’ailleurs.

PAYSAGE (pays), s. m. Étendue de pays que l’on voitd’un seul aspect- H Cenve. de peinture qui a pour objetla représentation des sites champêtres. || Tableau quireprésente un paysage. Un paysage du Poussin.

* PAYSAGER, ail], m. Jardin paysager, jardin à dispo-sitions irrégulières, comme les jardins anglais. || On ditaussi en ce sens paysagiste.

PAYSAGISTE, s. m. Peintre qui fait des paysages.|| Adj. Jardin paysagiste, voy. paysager.

PAYSAN, ANNE (pays), s. m. et f. Homme, femmede campagne. || C’est un paysan, c’est un homme rustre,

impoli. |j À LA PAYSANNE, for. Utlî\ A lu UlüAr du la C.'UIJj,'.':-

gne. Un bonnet à la paysanne. 11 S. f. Paysanne, espèce dedanse. || Adj. Qui appartient aux paysans. C’est une assezmauvaise engeance que la race paysanne, Dancoürt.

PAYSANNERIE, s. f. Condition des paysans. J’auraismieux fait de m’allier en bonne et franche paysannerie,Mol. || Petite pièce dont les personnages sont des paysans.

PAYSE, s. f. Voy. pays.

PÉAGE (b. lat pedaticum, du lat. pcdes), s.m. Droitseigneurial qui se prenait sur le bétail ou sur la mar-chandise qui passe, || Droit de passage, qui se lève pourl’entretien dun pont, d’une chaussée, d’un port, etc.|| Lieu où l’on paye ce droit.

PÉAGER, GÈRE, s. m. et f. Celui, celle qui reçoit lepéage. || Adj. Qui a le caractère du péage. Taxe péagère.

PEAU (lat. pellis),s. f. Membrane dense, épaisse, quienveloppe et couvre extérieurement toutes les partiesdu corps de l’homme, des animaux vertébrés et d’unassez grand nombre d’animaux sans vertèbres. Porterà la peau, se dit d’une boisson, d’une préparation quifait suer. || Maladies de peau ou de la peau, celles quialtèrent la peau. 11 N’avoir que les os et la peau, être très-maigre. || Il est gras à pleine peau, il est très-gras. || Fig.et famil. Ne pas tenir dans sa peau, être plein de joie,d’orgueil; ne pouvoir résister, être tourmenté par undésir; être impatient. || Enrager dans sa peau, être enproie à une colère, à une impatience intérieure. || Ilcrève dans sa peau, il est très-gras, et fig. il a quel-ue grand dépit qu’il s’efforce de renfermer. || Il mourraans sa peau, il ne changera pas de peau, se dit d’une per-sonne incorrigible. Il mourra dans la peau d’un insolent,d’un fat, etc. |{ Popul. Être dans la peau de, être à laplace de. Je ne voudrais pas être dans sa peau. || La peaului démange, se dit d’une personne qui chercne.les oc-casions de se faire battre. || L’épiderme, la premièrepeau. || Fig. et famil. 11 désigne la personne dont onparle. Trembler pour sa peau. (| Famil. Les parties dela peau qui sont flasques et pendantes. Il a lie grandespeaux qui pendent au menton. || Parties tendineuseset coriaces qui se trouvent dans la viande. || La dépouillede l’animal, sa peau séparée de son corps. Apprêter unepeau. || Fig. Coudre la peau du renard à celle du lion,Joindre la finesse et la ruse à la force. || Peaux d’Espa-gne, peaux de senteur, peaux bien passées et bien parfu-

mées. || Peau de chien, peau de chien de mer dontles menuisiers et les ébénistes se servent pour polirle bois. || Peau de vélin, peau de veau préparée pourla reliure ou 1 impression. || Peau d’âne, peau de l’ânepréparée. || Peau de tambour, peau d’âne tendue sur untambour. || Au masc. Peau d’âne, le conte de Peau d’âne.

|| Contes de Peau d’âne, petits contes pour amuser lesenfants. || Enveloppe qui couvre les plantes, les fruits,les légumes. || Croûte qui se forme sur les substancesliquides ou onctueuses. || Prov. Il ne faut pas vendre lapeau de l’ours avant de l’avoir mis par terre, voy. ours.

* PEAUCIER, adj. Le muscle peaucier. L’Académiel’écrit par deux s s (voy. peaussier).

PEAUSSERIE, s. f. Commerce, marchandise de peaux.

|| Art de travailler les peaux.

PEAUSSIER, s. m. Artisan qui façonne les peaux, etqui les met en couleur. || Celui qui vend les peaux pré-parées. || Adj. masc. En anat. Le muscle peaussier ousubst. le peaussier, muscle qui adhère à la peau et quisert à la remuer. || Les anatomistes écrivent peaucier.

PEAUTRE (anc. h. ail. pohtar), s. m. Lit, mauvaislit, grabat ; inusité, sauf dans cette locution populaire,qui tombe elle-même en désuétude : Envoyer quelqu’unau peautre,le brusquer pour le congédier,pour le chasser.

PEC (pèk. Hollandais pekel, sale), adj.m. Harengpec,hareng fraîchement salé. || S. m. Un des noms vu!gaires de Tépinoche.

* PÉCARI, s. m. Cochon de l'Amérique méridionale.

PECCABLE (lat. peccabilis), adj. Qui est capable de

pécher. Tout homme est peccable.

PECCADILLE (Il mouillées. Ital. peccadiglïo), s. f.Faute légère.

PECCANT, ANTE (lat. peccans), adj. En méd. Épi-thète donnée par les humoristes aux humeurs, quandelles pèchent, par rapport à la qualité surtout.

PECCATA (lat. peccata), s. m. Dopul. Nom qui dési-gne un âne dans les combats publics d’animaux. || Fig.Un homme stupide, un sot.

PECCAV1 (lat. peccavi), s. m. L’aveu qu’un pécheurfaitde sa faute. || Famil. Tout aveu qui coûte. Là, je dishautement mon peccavi, m’avouant l’auteur de la pièce,J. J. Rooss. || Au pl. Des peccavi.

PÊCHE (lat. persicum), s. f. Fruit du pêcher.

PÊCHE (voy. pêcher), s. f. Art, action de pêcher.Pêche à la ligne, au filet. || Droit de pêcher. Avoir lapêche d’une rivière. || Poisson qu’on a pêché. || Pêchemiraculeuse, celle que firent les disciples sur l’indicationde Jésus. || Pêche se dit des perles, du corail. || Fig. Ac-tion de retirer de l’eau des débris d’un navire naufragé.

PÉCHÉ (lat. peccatum), s. m. Transgression volon-taire de la loi religieuse. || Vieux péchés, les péchésqu’on a commis anciennement, dans la jeunesse. || Re-chercher les vieux péchés de quelqu’un, fouiller dans savie passée à dessein de lui nuire. || Famil. Laid comme lepéché, très-laid. [| Fig. Ce n’est pas un grand péché, sedit des fautes légères dans le commerce de la vie qu’onveut atténuer. || Famil. Pour mes péchés, pour la peineque je mérite, pourmepunir. IJ Péché mortel, péché vé-niel, voy. nortel, véniel. || Fig. Dire les sept péchésmortels de quelqu’un, en dire tout le mal qu’on peut ima-giner. || Péché de commission, péché d’omission, voy.commission.II Péché mignon, voy. mignon. || Péché origi-nel, voy. originel. || Absol. Le péché originel. || Fig. Pé-ché se dit en plaisantant d’actes que l’on compare à despéchés. || Prov. Péché caché est à demi pardonné, voy.pardonné. || À tout péché miséricorde, vov miséricorde,

PÊCH É, ÉE, p. p. de pêcher. Carpe pêchée à la ligne.

PÉCHER (lat. peccare), v. n. Transgresser la loi re-ligieuse. || Par extens. Faillir contre quelque règle demorale. Pécher contre l’honneur, contre la vérité, etc.|| Faillir contre quelque autre règle que ce soit. Je

E èche contre le sens commun, Paso. Pécher contrei langue, Volt. || lise dit aussi des choses. Sa comé-die pèche contre toutes les règles de l’art, Mol. || Cevin pèche en couleur, par la couleur, il n’a pas sa cou-leur naturelle. || Pécher, joint à un nom qui exprimequelque chose de favorable, prend le sens de portertrop loin une bonne intention, une bonne qualité. Cetécrivain, cet ouvrage pèche par trop d’esprit.