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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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ser au travers d'une troupe, en s'y ouvrant un passage.|| Fig. Quelle foule de concurrents faut-il percer pouren venir là ! Mass. || Passer à travers un pays, un es-pace. | [Percer les buissons, les halliers, passer au traversdes buissons, des halliers, etc. || Percer l’air, le ciel decris, pousser des cris qui se font entendre au loin. 11 Sescris percent l’air, la nue, se font entendre au loin. 11 Crierà percer les oreilles, pousser des cris aigus. 11 Fig. Faireéprouver une vive atlliction. Vous me percez l’âme. Cesparoles percèrent Télémaque jusqu’au fond du cœur,Fén. ||Fig. Découvrir,apercevoir par lesyeuxde l’esprit.Percer les causes de la nature, un mystère, etc. j| Percerles motifs, les pénétrer. || Percer l’avenir, le prévoir.

Percer, v. n. Se conjugue avec être ou avoir, suivantle sens. Se faire ouverture. L’abcès apercé. || Pénétrer.Le coup perça dans les chairs. || Se laisser traverser parl’eau, par un liquide. Cette étoffe ne perce point. || Cettemaison perce dans deux rues, d’une rue à l’autre, ellea issue dans deux rues différentes. || Se faire un cheminau travers de. Percer jusqu’aux Indes, Fén. Percer audelà des cieux, s'élever plus haut que les cieux. || Il sedit de la lumière, de rayons qui pénètrent, de nuancesqui se font voir à travers d’autres. || En vénerie, le cerfperce, il tire de Ion». || Fig. Percer dans, percer jusqu’à,apercevoir au loin des yeux de l’esprit. Il perçait danstous les secrets, Boss. Perçant jusqu au fond de vos con-sciences, Fléch. || Fig. Se déceler, se manifester. Cepen-dant le vrai avait percé à la longue, Fontes. Va, va, lecaractère enfin perce toujours, Collin d’Harleville.|| Arriver jusqu’à, se faire jour. || Fig. Sortir de la foule,se faire connaître. On a bien de la peine à percer.

Se percer, v. réfl. Être percé. ]| Se traverser le corpsavec une arme. |[ Fig. lls’est percé de ses propres traits,en voulant nuire à autrui, il s’est nui à lui-même. || Sepercer l’un l’autre, se dit de personnes qui se blessentou se tuent réciproquement avec des armes tranchantes.|| Fig. Être touché, ému. [Plût à Dieu que] Ce cœurtrop endurci se pût enfin percer! Corn. || Ne dites pas :Cet enfant a percé ses premières dents, mais : Les pre-mières dents ont percé à cet enfant.

» PERCEVABLE, adj. Qui peut être perçu,recouvré. Im-pôt percevable. || Fig. Qui peut être perçu par l'esprit.

PERCEVOIR (lat. percipere),v. a. Recueillir un pro-duit, des revenus. IjFig. Percevoir un avantage. ||Rece-voir, recueillir les impôts. || En philos. Recevoir l’im-pression des objets, éprouver une sensation, concevoirl’idée qu’elle éveille. Percevoir la vérité,des rapports,etc.

PERCHE (lat. perça, de -Kipxri), s. f. Poisson d’eaudouce à nageoires épineuses. || Perche goujonnièreou per-che gardonnée ou gremille, espèce de perche de rivière.

PERCHE (lat. pertica), s. f. Brin de bois de trois àquatre mètres de longueur et de moyenne grosseur.

|| Fig. et famil. C’est une grande perche, se dit d’unefemme grande et d’une taille mal gracieuse.|| Long bâtondont on se sert pour faire aller un bateau. Conduire unbateau à la perche. || Ancienne mesure agraire de dix-huit, vingt ou vingt-deux pieds, suivant les pays, centperches faisant toujours un arpent. || L’étendue d’uneperche carrée. 11 Baguette dont on se sert pour pêcher,et à laquelle on attache une ligne, j] Les deux grossestiges du bois ou de la tète du cerf, du daim et du che-vreuil, auxquelles les andouillers sont attachés.

PERCHÉ, ÉE ,p.p. de percher. || On est perché Surcette chaise, on y est mal assis. || Fig. Être toujoursperché sur sa grandeur, sur ses aïeux, en être entiché.

|| S. m. En termes de chasse, tirer les faisans au perché,les tirer quand ils sont perchés.

* PERCHÉE, s. f. Réunion, groupe d’oiseaux perchés.

|| Piège à prendre les petits oiseaux.

PERCHER [perche), v. n. En parlant des oiseaux, seposer sur une perche, sur une branche d’arbre. || Parextens. Se dit de tout lieu élevé sur lequel les oiseauxse posent. Cet oiseau a perché longtemps sur le clocher.

|l Se percher, v. r. Même sens. || Famil. Se mettre surquelque chose d’élevé. Où est-il allé se percher?

* PERCHERON, adj. Cheval percheron ou subst. per-cheron, cheval produit dans le Perche (départements de1 Orne, Eure-et-Loir, Sarthe, Loir-et-Cher) ; il est classéparmi les races communes propres au trait rapide.

« PERCHEUR, EUSÊ, adj. Oiseau percheur, oiseauqui a l’habitude de se percher.

* PERCHLORATE (pèr-klo-ra-t’), s. m. En chim. Nomgénérique des sels d'acide perchlorique.

* PERCHLORIQUE, adj. En chim. Acide perchlorique,acide contenant la plus grande proportion d'oxvgène.

* PERCHLORURE, s. tu. En chim. Nom générique deschlorures qui, pour chaque métal, offrent le nombre leplus élevé d’équivalents de chlore par rapport à un équi-valent de l’autre corps simple. Le perchlorure de fer.

PERCHOIR, s. m. Bâton sur lequel on fait percher unoiseau. || Lieu où perchent les volailles. || Petit meublesurmonté d’une mangeoire et destiné aux perroquets.

PERCLUS, USE (lat. perclusus), adj. Qui ne peutexécuter aucun mouvement soit d’un membre, soit detout le corps. Perclus de tous ses membres. || Fig. Per-clus d’esprit. Avoir le cerveau perclus.

PERÇOIR, s. m. Instrument avec lequel on perce.|| Foret pour percer les tonneaux.

PERÇU, UE, p. ». de percevoir.

PERCUSSION (lat. percussio), s. f. Coup par lequelun corps en frappe un autre. La percussion du marteau.|| Arme à percussion, arme portative dans laquelle le feuest communiqué à la charge à l’aide d’une platine àpercussion. || En mus. Instrument de percussion, instru-ment dont on joue en le frappant. || En méd. Méthoded’exploration à l’aide de laquelle, en frappant sur les pa-rois d’une cavité du corps, on peut reconnaître les lé-sions des parties contenues dans cette cavité.

* PERCUTER (lat. percutere), v. a. Donner un coup.|| En méd. Percuter la poitrine, en tirer un son en lafrappant pour juger l’état intérieur.

PEROABLE, adj. Qui peut être perdu. Ce procès, cepari n’est pas perdable.

PERDANT, ANTE, s. m. et f. Celui, celle qui perd aujeu. Les gagnants et les perdants. || Adj. Numéros,billets perdants.

PERDITION (lat. perditio), s. f. Action de perdre, deruiner. Que ceux qui tyrannisent votre peuple, tombentdans la perdition ! Saci. || La perdition du Rhône, voy.perte. (I T. de mar. Être en perdition, être en dangerde se jeter à la côte, en danger de naufrage. || Action deperdre, de dissiper. Tout son bien s’en va en perdition.|| État d'une personne qui est hors de la croyance de l’É-glise et de la voie du salut. Le chemin qui mène à la per-dition, Bourd. [| Enfant de perdition, homme qui se perdet perd les autres. || Fig. et famil. Lieu de perdition, lieuoù l’on ne peut vivre, où tout va mal -

PERDRE (lat. perdere), v. a. Être privé de quelquechose dont on était en possession. On perd tout quandon perd un ami si fidèle, Corn. || Perdre Dieu, ne plusavoir sa grâce, ne plus croire en lui. || 11 se dit aussides personnes en ce même sens. On le négligea commeun serviteur qu’on ne pouvait perdre, Fléch. [| Êtreprivé d'un avantage, d’un profit qu’on aurait pu obte-nir. Perdre sa réputation, son honneur, ses emplois,les bonnes grâces de quelqu’un, etc. 11 Être séparé, par lamort ou autrement, de personnes qu’on aime, qu’on re-grette. Perdre son mari. Perdre un bon domestique.|| Être privé de quelque partie de soi. Perdre un bras. 11perdait son sang et ses forces, Fén. ||Perdre la vie, mou-rir. || Perdre la tête, avoir la tête coupée, et fig. devenirfou, et aussi ne savoir plus où l’on en est. [ | Subir la perteou la diminution de quelque faculté physique ou morale.Perdre le repos, la patienae, etc. || Perdre la parole, l’u-sage de la parole, perdre la voix, ne plus pouvoir parler.|| Perdre haleine, manquer de respiration. [| Perdre l’es-prit, devenir fou, et aussi ne pas savoir comment se tirerde quelque embarras. || Famil. 11 en perd le boire et lemanger, il est tellement préoccupé de quelque chose qu’ilsemble ne songer à rien autre. || Ne pas entendre. lia l’o-reille dure, il perd une partie de ce qui se dit dans laconversation. j[ Ne pas comprendre. Il sait l’anglais im-parfaitement, et il perd une partie de ce qui se dit. || Nepas voir. Il était mal placé, et perdait une partie du spec-tacle. || Etre privéd une chose qui estsortie hors de notrepossession par quelque accident. Perdre son chapeau,il Priver quelqu’un d’une chose qu’on met par accidenthors de sa possession. On lui perd tout, ou lui égare tout,