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PLI
line profonde affliction, être baigné, trempé de pleurs,être en pleurs, être noyé de pleurs, noyé dans les pleurs.|| Pleurs pris au sens distributif, par opposition au senscollectif. Voilà les premiers pleurs qui coulent de mesyeux, Volt. || Au sing. et dans le style élevé, plaintes,gémissements, lamentations. Là commencera ce pleuréternel, là ce grincement de dents qui n’aura jamais defin, Boss. || Il se dit aussi au pluriel en ce sens. Le cieldans tous leurs pleurs ne m’entend point nommer, Rac.|| Les pleurs de la vigne, la sève qui s’échappe des jeunesbourgeons. || Poétiq. Les pleurs de l’aurore, la rosée.PLEURANT, ANTE, adj. Qui pleure.
PLEURARD, s. m. Celui qui pleure, se plaint, gémitsouvent et sans sujet.
PLEURE, s. f. Voy. plèvre, qui est seul usité.PLEURÉ, ÉE, p.p. de pleurer.
* PLEURE-MISÈRE, x. m. Avare qui se plaint toujours,|| Au pl. Des pleure-misère.
PLEURER (lat. plorare), v. n. Répandre des larmes.On n’a pas dans le cœur de quoi toujours pleurer, laBruy. || Pleurer de, avec un substantif. Pleurer de joie,de douleur. || Pleurer de, avec un verbe à l’infinitif.Alexandre pleura de n’avoir point d’Homère, Delille.|| Pleurer sur, déplorer. Pleurer sur la folie de ses sem-blables, Dider. || Pleurer commeun enfant, pleurer abon-damment et facilement. || Pleurer comme une Made-leine, pleurer avec effusion. || Famil. Pleurercommeunveau, pleurer excessivement. || On dirait qu’il a pleurépour avoir un liabit, un chapeau, etc. se dit d’un hommequi a un habit écourté, un chapeau trop petit. || 11 nelui reste, on ne lui a laissé que les yeux pour pleurer,il a tout perdu, on lui a tout pris. || Il pleure d’un œilet rit de l'autre, se dit d’un homme incertain entredeux sentiments opposés. j| S. m. Le pleurer. || Pleurerse dit des larmes provoquées par quelque chose d'âcre.Les veux pleurent quand on pèle de l’oignon. 11 Les yeuxlui pleurent, ses yeux pleurent, se dit de quelqu’un quia une incommodité qui fait que les larmes coulent sanscesse de l’œil. || La vigne pleure, il dégoutte de l’eau deson hois. || V.a. Pleurer quelqu’un, s’affliger de la perte,de la mort, du malheur dequelqu’un. || Famil. On ne l’apleuré que d’un œil, il n’a été regretté qu’en apparence.i| 11 se dit des choses regrettées. Sous avons pleuré nosplaisirs injustes, Mass. || Pleurer ses péchés, ses fautes,s’affliger profondément de les avoir commis. || Famil.Il pleure le pain qu’il mange, se dit d’un avare qui re-grette la nourriture qu’il prend. || Pleurer une larme,verserquelqueslarines. Vous auriez peut-être pleuré unepetite larme, puisque j’en ai pleuré plus de vingt, Sév.|| Se pleurer, v, r. Verser des pleurs sur soi-même.
PLEURÉSIE(b. lat. pleuresia, de , s. f. En
inéd. Inflammation de la plèvre. || Fausse pleurésie,nom donné vulgairement à une pleurodynie avec fièvre.
* PLEURÉTIQUE (ttàsujsîtixoç), adj. En méd. Qui estaffecté de pleurésie. || Qui est causé par la pleurésie.On point pleurétique.
PLEUREUR, EUSE (lat. ploralor), s. m. et f. Celui,celle qui pleure, qui a l’habitude de pleurer. \\Adj. Unton pleureur. || Roche pleureuse, roche qui laisse filtrerl’eau. || Pleureur se dit des arbres dont les branchespendent naturellement vers la terre. Saule, frêne pleu-reur. || Celui, celle qui regrette. || Pleureuse, femme quechez les anciens on louait pour pleurer à des funérailles.
PLEUREUSES, s. f.pl. Bandes de toile blanche qui seportaient retroussées de la largeur de trois ou quatre pou-ces sur le bord des manchesde l’habit dans le grand deuil.
PLEUREUX, EUSE, adj. Qui annonce qu’on va pleurerou qu’on vient de pleurer. Air pleureux. Mine pleureuse.
! Subst. Qu’on me chasse ce grand pleureux, Boil.
* PLEURNICHEMENT, s. m. Action de pleurnicher.PLEURNICHER, v. n. Famil. Faire semblant de pleu-
er, comme les enfants qui veulent qu’on leur cède.
* PLEURNICHERIE, s. f. Action de pleurnicher.PLEURNICHEUR, EUSE, s. m. et f. Famil. Celui,
celle qui pleurniche.
* PLEURODYNIE (irl.su pâv et oS uvp), s. f. En med.Douleur rhumatismale qui a son siège dans les mus-cles intercostaux.
* PLEURODYNIQUE, adj. Qui tient à la pleurodynie.
PLEURONECTE (rrlsupdv et v>jzT<is),s. m. Genre depoissons plats qui nagent sur un côté du corps et ont lesyeux du même côté de la tête, comme la sole, le turbot.
PLEUROPNEUMONIE (ir>su/ 59 v et pneumonie), s. f.Inflammation simultanée de la plèvre et du poumon.
PLEURS, s. m. pl. Voy. pleur.
PLEUTRE (orig. inc.), s. m. T. de mépris. Hommesans courage et sans capacité.
PLEUVOIR (lat. pluere), v. n. Il se dit de l’eau quitombe du ciel ; sens auquel il est impersonnel. Il a plu.|| Comme s’il en pleuvait, beaucoup. Il dépense l’argentcomme s’il en pleuvait. || Fig. 11 pleut dans son escar-celle, tout lui arrive en abondance. || Fig. Il a bien pludans son écuelle, il lui est venu quelque bonne succes-sion, quelque grand profit. || Il se dit de ce qui tombeou semble tomber du ciel comme la pluie. Il plut dusang, des pierres. 11 Fig. Le Seigneur fera pleuvoir survous sa fureur et sa guerre, Mass. || Quand il jileuvraitdes hallebardes, quelque mauvais temps qu il fasse.|| Par extens. Il se dit de tout ce qui tombe d'en haut engrande quantité, et alors il cesse a’être impersonnel. Etdes couvreurs grimpés au toit d’une maison En fontpleuvoir l’ardoise et la tuile à foison, Boil. Les bombespleuvaient sur les maisons, Volt. || Impers. Il pleuvaitdes balles. || Avec un nom de personne pour sujet, il si-gnifie quelquefois faire pleuvoir. Dieu qui fait luire sonsoleil sur les bons et sur les mauvais, et qui pleut sur lesjustes et sur les injustes, Boss. || Fig. Affluer, arriveren abondance. Les avis vous pleuvent. L’argent, lesbiens, les honneurs pleuvent chez lui. Les calomniespleuvent sur quiconque réussit, Volt. || Il se dit aussiimpers, en ce sens. Il pleut des chansons contre un tel.|| Pleuvoir se conjugue avec l’auxiliaire avoir quand ils’apit de la pluie; mais quand il s’agit d’autre chose etqu on veut marquer l’étal, non l’action, il se conjugueavec l’auxiliaire être. Il nous est plu des fâcheux.
PLÈVRE (izXsvpi), s. f. En anat. Nom de deux mem-branes séreuses qui tapissent chacune un des côtés dela poitrine et se réfléchissent ensuite sur le poumon.
PLEXUS (plè-ksus’. Lat, plexus), s. m. En anat. En-trelacement formé par plusieurs branches de nerfs, oupar des vaisseaux quelconques qui s’anastomosent.
PLEYON [plier), s. m. Osier menu avec lequel onatta-che les vignes et les branches d’arbres. || Perche pliante.
PLI (voy. plier), s. m. Ce qu’on fait à une étoffe, à dulinge, etc. lorsqu’on les met en un ou plusieurs doubles.|| Remettre une étoffe dans ses plis, la replier de lamême manière qu’elle avait été pliée par le fabricant.|| Cet habit ne fait pas un pli, il est juste à la taille.|| Fig. et famil. Cela nefaitpasunpli, cela est sans diffi-culté. || Fig. Donner un bon pli à une affaire, la tournerde sorte qu’elle ait une issue favorable. || Diminution del’ampleur ou de lalargeurd’uneéloffe, d’un ruban, d’unepapier, en mettant l’étoffe én deux ou en trois. |J La mar-que qui reste à une étoffe, etc. pour avoir été pliée.|| Cette étoffe a pris son pli, les plis qui y sont demeu-reront toujours. || Donner le pli a un vêtement, le porterquelque temps pour que les plis s’accommodent aux for-mes au corps. || Manière de plier une lettre pour la fer-mer ; enveloppe de lettre, de paquet, etc. Je vous envoiesous ce pli, etc. || Pli cacheté, lettre secrète, qui ne doitêtre ouverte, à la mer, qu’en certain lieu indiqué d’a-vance, ou dans certaines circonstances prévues. || Il sedit de la manière dont un vêtement s’accommode auxformes du corps. Arranger les plis de sa robe. 11 En peint,et sculpt. Sinuosités des draperies. || Ce qui ressembleaux plis d’une étoffe. Les plis de la peau. || L’endroit oùune chose solide fait comme un pli. || Le pli du bras, dujarret, l’endroit où le bras, le jarret se plient. || Un plide terrain, un enfoncement où une troupe peut se mas-quer. || Fig. Habitude contractée et comparée à la mar-que que le pli laisse dans une étoffe. Dans les âges sui-vants, on commence à prendre un pli, Boss. || Fig. Cethomme a pris son pli, les habitudes qu’il a contractées nesont plus susceptibles d’être changées. || On dit de même:Le pli est pris. 11 Ce jeune homme a pris un bon pli, unmauvais pli, il est déjà formé aux habitudes du bien, àcellesdu mal. || Fig. Les plis du cœur, et aussi les plis etreplis du cœur, ce qu’il y a de plus secret dans le cœur.