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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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]| Rendre une science populaire, la répandre en touslieux, la rendre accessible à tous les esprits. || Maladiespopulaires, certaines maladies épidémiques ou conta-gieuses qui courent parmi le peuple. ]| Vulgaire, bonpour le peuple, qui ne s’élève pas au-dessus de la por-tée du peuple. Une dévotion populaire. 11 Qui recherche,qui se concilie l’affection du peuple. Un prince populaire.

N Se dit aussi des manières, du langage. La véritable gran-deur est libre, douce, familière, populaire, là Brut. j| S.m. Le commun des hommes,,1e vulgaire, la foule.

POPULAIREMENT, adv. Àla manière du peuple. Enparlant ainsi, il s’exprimait populairement. f| Parmi lepeuple. Aucune secte établie populairement ne peutavoir de corps de doctrine qu’à la longue, Volt.

* POPULARISATION, s. Action de populariser. Lapopularisation des sciences, d’une idée.

POPULARISÉ, ÉE, p. p. de populariser.

POPULARISER ( populaire), v. a. Propager parmi lepeuple, rendre populaire ou vulgaire. Populariser une•opinion, une science. || Concilier la faveur publique.Rien ne popularise plus un roi que d’être d’un accèsfacile, Dict. de VAcad. || Se populariser, v. r. Devenir■commun, se répandre parmi le peuple, || Se concilierl’affection, la faveur du peuple.

POPULARITÉ (lat. populciritas), s. f. Caractère d’unepersonne qui se fait aimer du peuple par des manièresdouces et insinuantes, ou par des promesses excessives ;•conduite propre à gagner la faveur du peuple. || Faveurpublique, crédit parmi le peuple. Jouir de la popularité.

POPULATION (lat. populatio), s. f. Ensemble desindividus habitant un territoire. La population a presquetriplé depuis Charlemagne, Volt. || Population de chaque■ âge, nombre des individus vivants à chaque âge. || Réu-nion d’hommes de même pays, de même condition. Lespopulations agricoles. Soulever les populations. || Parex-tens. Toute espèce animale ou même végétale habitant unpays. La population de la mer. Population animale.

POPULÉUM (po-pu-lé-om’. Lat. populus), adj. m.Onguent populéum, onguent composé de bourgeons depeuplier, d’axonge de porc, de feuilles récentes de pavotnoir, de belladone, de jusquiame et de morelle noire.

POPULEUX, EUSE (lat. populosus ), adj. Très-peu-plé. Pays populeux. Région populeuse.

POPULO (lat. populus), s. m. Famil. Un petit enfant:gras et potelé. Une bande de petits populos.

* POQUE (orig. inc.), s. m. Sorte de jeu de cartes qui■a de l’analogie avec le hoc.

* POQUETTE (autre forme àepochette), s. f. Jeu d’en-fants, qui consiste à jeter un nombre pair de billes dansun trou en forme de poche. Le joueur gagne quand il y a•un nombre pair de billes dedans et dehors, il perd siles nombres sont impairs.

PORACÊ, ÉE, adj. Voy. porracé.

PORC (por. Lat. porcus), s. m. Cochon, mammifère-qu’on engraisse pour l’alimentation. I| Soie de porc, legrand poil qui vient aux porcs sur le haut du cou etsur le dos. || Fig. C’est un vrai porc, se dit d’un hommesale et gourmand ou grossier. || La chair de porc. Man-ger du porc. || Porc frais, chair de cochon qui n’est passalée. || Porc sauvage ou simplement porc, le sanglier.

PORCELAINE (ital . porcellana, du lat. porca ), s. f.Espèce de coquillage uni valve, très-poli. 11 Dans le moyenâge, nacre qu’on tirait de la coquille de la porcelaine.

11 Nom donne à la poterie que l’on commença à apporterde l’Orient vers le \vi- siècle. || Porcelaine dure, poteriedont la pâte fine, compacte, très-dure et un peu translu-cide, se ramollit en cuisant. || Porcelaine tendre ou vi-treuse, porcelaine composée d’une frite vitreuse, rendueopaque et moins fusible par l'addition d’une argile mar-neuse très-calcaire, || Vase fait avec cette poterie. Casserquelque porcelaine. || Demi-porcelaine, sorte de faïence.

11 Adj. Cheval porcelaine, celui dont la robe est grise,luisante et marquée de poils couleur d’ardoise.

* PORCELAINIER, *. m. Celui qui fabrique la porce-laine. 11 Adj. Porcelainier, porcelainière, qui est relatif àla porcelaine. L’industrie porcelainière de Limoges.

PORC-ÉPIC (por-ké-pik. Porc et lat. spicus), s. m.Genre de mammifères de l’ordre des rongeurs, dont lecorps est armé de piquants. || Aupl. Des porc-épics.

PORCHAISON (j porc), s. f. Saison où lesanglier est bonà chasser. Sanglier en porchaison.

PORCHE (lat. porticus) ,s. m. Petit vestibule soutenuou non de colonnes devant les palais et les temples.

PORCHER, ÈRE (lat. porcarius), s. m. et f. Celui,celle qui garde les pourceaux. || Fig. C’est un porcher,se dit d’un homme grossier et malpropre.

» PORCHERIE, s. f. Lieu où l’on tient des porcs. || Fig.et famil. Endroit extrêmement sale.

* PORCINE (lat. porcinus), adj. f. Bêtes porcines, lesporcs. Races porcines, les diverses races de porcs,

PORE (lat. porus, de nopoi), s. m. Nom donné à desorifices existant sur toutes les parties du corps vivant.Il Petits orifices dont les végétaux sont criblés. || Petitsin-terstices qui séparent les molécules intégrantes des corps.

POREUX, EUSE [pore), adj. Qui a des pores. Lescorps poreux. || Dont la surface est percée de trous. Dubois poreux. || Dont les parties sont assez peu liées pourlaisser entre elles de notables distances. Terrain poreux.

POROSITÉ, s. f. Qualité d’un corps poreux.

PORPHYRE (lat . porphyrUes, de nopf\iptrc;), s. m.Chez les anciens, roche d’un rouge foncé, parsemé detaches blanches, j j Par extens. Toute espèce de pierre dureet polissable, présentant, au milieu d’une pâte d’une cer-taine couleur, des cristaux dont la teinte blanche tranchenettement sur celle du fond. Du porphyre vert. | j En mi-néralogie, nom d’une pierre basaltique très-dure, rougeou noire, composée de feldspath, de quartz et de mica,

* PORPHYRÉ, ÉE, adj. En minéralogie, qui est lâché derouge, comme le porphyre.

* PORPHYRIQUE, adj. Qui contient du porphyre, quien a l’apparence.

PORPHYRISATION, s. f. Action de porphyriser ; étatde ce qui est porphyrisé.

PORPHYRISÉ, ÉE, p. p. de porphyriser.

PORPHYRISER [porphyre), v. a. Réduire une sub-stance quelconque en poudre très-fine,v PORPHYRITIQUE, adj. Synonyme de porphyrique.

PORPHYROGÉNÈTE (noptfopoyé-wtoç), adj'. T. d’an-tiq. Nom qu’on donnait aux enfants des empereurs d’O-rient, nés pendant le règne de leur père.

* PORPHYROÏDE [porphyre et iiSoî), adj. En miné-ralogie, qui a l’apparence du porphyre.

PORRACÉ, ÉE (lat. porraceus), adj. En hist. natur.Qui a la couleur yert pâle du porreau. |] Se dit des hu-meurs dont la couleur verdâtre tire sur celle du porreau.

PORREAU ou POIREAU (dim. du lat. porrus ), s. m.Plante potagère. 11 Excroissance verruqueuse qui se dé-veloppe spécialement aux mains.

PORRECTION ijst.ÿorrectio), s. f. Dans le rituel ca-tholique, action de présenter en étendant le bras ; se diten parlant des ordres mineurs, qui se confèrent en pré-sentant les objets qui en désignent les fonctions.

PORT (lat. portus), s. m. Lieu sur une côte où la mers’enfonce dans les terres et offre un abri aux bâtiments.|| On dit souvent port de mer pour le distinguer desports sur des rivières. J| Port militaire, celui où station-nent d’ordinaire les bâtiments de guerre d’un État, j | Portmarchand, celui qui reçoit les bâtiments marchands.l| Port fermé, port garanti de la violence du vent et deslames, par opposition à port ouvert. 11 Port franc, voy.franc. || Prendre port, entrer dans un port, et fig. at-teindre son but, réussir dans ce qu’on a entrepris.|| Faire naufrage au port, périr en arrivant au port, etfig. manquer de réussir ou périr, au moment où 1 on tou-chait au succès ou au salut. 11 Arriver à bon port, attein-dre heureusement le terme d’une navigation, et fig. ar-river heureusement et en bonne santé au lieu où l’onvoulait aller; et aussi achever, terminer, réussir. || En-droit dans une rivière où l’on embarque et débarque lesmarchandises. || Ville bâtie autour d’un port. Brest estun beau port. |j Fig. Lieu de refuge, le repos. Aprèsun long orage il faut trouver un port ; Et je n’en vois quedeux, le repos ou la mort, Corn. || Il est arrivé au port,il est dans le port, se dit d’un homme de bien qui estmort et que l'on croit jouir du bonheur éternel. ||Fig.Port de salut, lieu où l’on se retire à l’abri d’unë tem-pête ; et aussi tout lieu où l’on se retire loin des embarrasdu monde, où 1 on se met à l’abri de quelque danger.