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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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PRIVATIF, IVE (lat. privativus), adj. Qui indiqueprivation. Une expression privative. || En gramm. Sedit des particules qui marquent privation. lu est uneparticule privative au commencement de certains motsfrançais, comme infidèle, incorrigible, g te.|| S. ni. Parti-cule privative. Un traité des privatifs. || T. de législation.Qui exclut entièrement, qui accorde une cliose exclusi-vement à telle personne. Disposition privative.

PRIVATION (lat. privatio), s. f. Action de priverd’un avantage, d’un bien qu’on avait ou qu’on devaitavoir. La privation de la vue, des droits civils, etc. || Ac-tion de se priver volontairement de quelque chose donton pourrait jouir. || Au pl. Il se dit de la privation soitvolontaire, soit infligée par les circonstances. Les petitesprivations s’endurent sans peine, quand le cœur estmieux traité que le corps, J. J. Rouss. || Vivre de priva-tions, manquer des choses nécessaires. || Absence dequelque chose qui manque. La privation des peines vautbien l’usage des plaisirs, Bcff.

PRIVATIVENIENT, adv. Exclusivement, préférable-ment. Privativement à tout autre.

PRIVAUTÉ (b. lat. privalitas, du lat. privus), s. f.Urande familiarité. Être dans la privauté de quelqu’un,.leannot et Colin avaient ensemble de petites privautésdont on se ressouvient avec agrément, Volt. || Prendre,se permettre des privautés, prendre de grandes libertésdans ses manières.

PRIVÉ (lat. privatus], s. m. Lieux d’aisances.

PRIVÉ, ÉE (lat. privatus), adj. Qui vit sans rang etsans emploi qui l'engage dans les affaires publiques.Ceux qui gouvernent font plus de fautes que les hommesprivés, Yauven. || 11 se dit des choses, par opposition àpublic. Rien n’est privé dans la vie des grands, tout ap-partient au public, Mass. || La vie privée doit être mu-rée, il n’est pas permis de chercher et de faire con-naître ce qui se passe dans la maison d’un particulier.|| Vie privée, titre de certains ouvrages où l’on raconteles actions privées d’un personnage public. || En sonpropre et privé nom, pour soi-même, de son chef. Par-ler, agir en son propre et privé nom. || Autorité privée,se dit par opposition à autorité publique ou à autoritélégitime. j| Conseil d’Etat privé ou conseil privé, le con-seil où présidait le chancelier, et où se jugeaient les af-faires des particuliers dans lesquelles le roi n’avait pointd’intérêt. || Sous l’Empire, conseil privé, conseil particu-lier qui ne s’assemblait que d’après une convocation ex-presse du souverain. || Acte sous seing privé, acte faitsans l’intervention de l’officier public. || S. m. Intimité.En mon privé.

PRIVÉ, ÉE, p. p. de priver. A qui on a ôté, qui nepossède pas. Privé de la connaissance de Dieu.

PRIVÉ, ÉE, p. p- de priver et adj. Qui est appri-voisé. Un oiseau privé. || Familier (sens vieilli). Ce do-mestique se rend un peu trop privé avec ses maîtres.

» PRIVÉMENT [privé], adv. En personne privée. Vivreprivément.

PRIVÉMENT ( privé], adv. En familiarité. Ils onttou jours vécu fort privément ensemble. || Il a vieilli.

PRIVER (lat. pnvare), v. a. Oter à quelqu’un ce qu’ila, l’empêcher de jouir de quelque chose. Je te prive,pendard, de ma succession, Mol. D’un spectacle si douxne privez point mes yeux, Rac. || Se priver, v. r. S’ôterà soi-même un avantage, un bien. 11 y a des hommesqui se privent eux-mêmes de la société des hommes, laBrui. || Renoncer à l’usage de quelque jouissance. Sepriver de vin, du nécessaire, etc.

PRIVER [privé], v. a. Rendre privé, en parlant d’unanimal. || Se priver, v. r. Devenir privé. Le loup prisjeune se prive, mais ne s’attache point, Buff.

PRIVILÈGE [lat.privilégiant), 8. m. Avantage accordéà un seul ou à plusieurs, et dont on jouit à l’exclusiondes autres, contre le droit commun. || Privilège du roi,autorisation d’imprimer que le gouvernement donnait,après que l’ouvrage avait passé à la censure, et qui étaitaccompagnée de la défense à tous autres d’imprimer le-dit ouvrage. || Acte qui contient la concession d’un pri-vilège. || Droit, avantage attaché à certaines conditionsou emplois. Les privilèges de la naissance, des maîtrises,etc. || En jurispr. Droit d’un créancier, établi par la loi,

de se faire payer sur certains objets préférablement àtous autres créanciers. || Fig. Droit, prérogative, distinc-tion quelconque. La vertu a le privilège de diminuer nosdouleurs, Mass. Je sais mieux que personne quels privi-lèges d’attention méritent les infortunés, J. J. Rouss.

Il En mauvaisepart.il a le privilège de me déplaire. || Sedit aussi des dons naturels soit du corps, soit de l’esprit.La beauté est un heureux privilège. || Certaine libertédans les relations. La vieillesse donne des privilèges.

PRIVILÉGIÉ, ÉE,;i. p. de privilégier et adj. Des mar-chands privilégiés. |l Subst. Celui, celle qui jouit d’unprivilège. La classe des privilégiés. J| En jurispr. Créan-cier privilégié, celui qui a droit d’être payé préféra-blement aux autres. || On dit de même : Créance pri-vilégiée. || Cas privilégiés ou cas royaux, crimes dontles juges royaux pouvaient seuls connaître, quelle quefût la condition de l'accusé. || Autel privilégié, voy. au-tel. || Lieu privilégié, lieu qui n’était pas soumis à lapolice générale. || Jour privilégié, celui où l'on ne peutarrêter pour dette. Le dimanche est un jour privilé-gié. || Fig. Qui a reçu de la nature quelque don particu-lier. L’homme est une créature privilégiée. |] Famil.Qui s’attribue ou à qui l’on accorde certains privilègesdans la société. 11 peut tout dire, il est privilégié.

* PRIVILÉGIER { privilège ), v. a. Accorder un privi-lège. Ainsi a-t-il plu au beigneur, qui d’ailleurs, dansl’ordre de la grâce, avait assez privilégié le pauvre au-dessus du riche, Bouud. De nouvelles manufacturesméritent d’être privilégiées, Condillac.

PRIX (lat. pretium), s. m. Estimation, valeur d’unechose ; ce qu’on la vend, ce qu’on l’achète. || À prix d’oc,très-cher. || Juste prix, prix modéré, prix convenable,j| Bas prix, vil prix, prix au-dessous de la valeur. || Ahaut prix, à grand prix, très-cher. || Fig. Vous mettezà trop haut prix les petits services que je vous airendus, SÉv. || Une chose hors de prix, une choseexcessivement chère. || Une chose qui n’a point deprix, qui est sans prix, une chose de très-grande va-leur et dontle prix n’est point réglé. || Fig. Cet hommeest sans prix, il est d’un rare mérite. || De prix, qui vautbeaucoup. Un meuble de prix. || Mettre un prix à quel-que chose, en donner un certain prix. || Mettre la têted’un homme à prix, promettre une certaine somme àqui le tuera. 11 Mettre à prix, vendre pour un certainprix, et par extens. accorder quelque chose moyennantune certaine concession. || Être à prix, être l’objet d’untrafic. La louange est à prix, Régnier. || Cela vaut tou-jours sou prix, se dit d’une chose qui conserve sa va-leur, dont le prix ne baisse pas. I) Prix fixe, prix fixé d’a-vance par le marchand et duquel il n’y a rien à rabattre.Vendre à prix fixe. Magasin, boutique à prix fixe. || Unprix-fixe |avec un trait d’union), une maison de com-merce où l’on vend les marchandises à un prix déter-miné et écrit sur les objets à vendre. Les prix-fixes.|| Prix fait, le prix commun ou le prix convenu d’unechose. || Marché à prix fait ou simplement prix fait, mar-ché à forfait. Un édifice construit à prix fait. || Prix cou-rant, le prix qui a cours sur le marché à un momentdonné. j| Prix-courant, feuille publique qui donne lesprix courants. || Fig. Valeur morale d’une personne oud’une chose. Que l’homme s’estime son prix ! Paso. Jetrouve que le prix de la plupart des choses dépend del’état où nous sommes quand nous les recevons, Sév.|| Chacun vaut son prix, il ne faut pas déprécier celui-cipour exalter celui-là, et aussi il n est personne qui n’aitquelque bonne qualité. || Valoir son prix, avoir son prix,en parlant des choses, n’être pas sans importance, sans in-térêt. 11 Fig. Ce qu’il en coûte pour obtenir quelque avan-tage. Dieu met la vie éternelle à ce prix, Boss. || Fig. Mé-rite d’une personne. Décider du mérite et du prix desauteurs, Boil. || L’excellence d’une chose. La chose perdla moitié de son prix. Dieu aime qu’on sente tout lerix des grâces qu’il nous fait, Mass. || Fig. Récompense,es prix de la victoire. 11 Pour prix de, en récompensede. || Salaire. Ceux qui tuent sans en recevoir aucunprix, Pasc. || Par antiphrase, punition, expiation. Photina reçu le prix de son audace, Corn. || Récompense pro-mise à celui qui réussira le mieux dans quelque exer-cice de corps ou d’esprit. Le prix de la course. Un prix