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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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I'RO

PROJET (lat. projectus), s. m. Ce que l’on a l’inten-tion de faire dans un avenir plus ou moins éloigné. Onn’exécute pas tout ce qui se propose ; Et le chemin estlong du projet à la chose, Mol. || Homme à projets,homme qui s’occupe incessamment d’inventions, d'en-treprises. || Projet sur, projet d’obtenir la main d’unefemme. Avoir des projets sur une femme. || La premièrepensée, la première rédaction de quelque acte, de quel-que écrit. || Projet d’acte, la rédaction préparatoire d’unacte sur papier libre. |j On dit de même : Projet de loi.|| Ébauche du plan d’un édifice à construire, avec sescoupes et ses élévations ; études qu’on fait pour la con-struction d’un chemin de fer, d’un canal.

* PROJETANT, ANTE, adj. Famil. Qui forme des pro-jets. Un homme toujours projetant et toujours agissant.

PROJETÉ, ÉE, p.p. de projeter.

PROJETER, v. a. Jeter, diriger en avant. On voitquelquefois les satellites passer sur le disque de Jupiteret y projeter leur ombre, Laplace. || Lancer, jeter. Cevolcan a projeté des cendres. || Tracer, figurer sur unplan, sur une surface, un corps quelconque suivant cer-taines règles géométriques. 11 En géom. Projeter un point,une ligne sur un plan, en déterminer la projection surce plan. || Entretenir l’intention de faire quelque chosedans un avenir plus ou moins prochain. Sous projetonsde nous revoir. || Absol. On projette. || Se projeter, v. r.Paraître en avant. Cette figure se projette dans le ta-bleau. L’ombre des arbres se projetait au loin.

* PROJETEUR, s. m. et f. Celui, celle qui fait desprojets.

PROLÉGOMÈNES (71 polsyopvia), s. in.pl. Longue etample préface, avant-propos.

PROLEPSE (npoXrtftç), s. f. Figure de rhétorique,dite aussi anticipation, qui consiste à prévenir les ob-jections en se les faisant et les détruisant d’avance.

PROLEPTIQUE ("VS';./ e - 9 .' , adj. En méd. Se dit

des fièvres dont chaque accès anticipe sur le précédent.

PROLÉTAIRE (lat. proletarius) , s. m. Chez les an-ciens Romains, citoyen pauvre, appartenant à la sixièmeet dernière classe du peuple, et ne pouvant être utile àl’État que par sa famille. || Chez les modernes, membrede la classe la plus indigente. || Adj. La classe prolétaire.

* PROLÉTARIAT, s. m. Classe des prolétaires ; état deprolétaire.

PROLIFÈRE (lat. prolifer), adj. En bot. Se dit detout organe qui donne naissance à un autre organe qu’iln’a pas coutume de porter, ou qui en produit un sem-blable à lui-même.

PROLIFIQUE (lat. prolificus), adj. Qui a la facultéd’engendrer. || En bot. Poussière prolifique, le pollen.

PROLIXE (lat. prolixus ), adj. Trop long, en parlantou|en écrivant. Un auteur prolixe. || Subsl. Le prolixe.|| Il se dit aussi des choses. Discours prolixe.

PROLIXEMENT, adv. D’une maniéré prolixe.

PROLIXITÉ (lat. prolixitas ), s. f. Défaut de celuiqui est prolixe.

PROLOGUE (lat. prologus, de itpéloyoi), s. m. Dansle théâtre grec, la première partie de l’action, avant leremier chant du chœur. || Chez les modernes, partie'ouvrage qui sert de prélude à une pièce dramatique.|| Avant-propos. Léprologue de la loi salique.

PROLONGATION (voy. prolonger), s. f. Action deprolonger, d’accorder un surcroît de temps, de durée ;le résultat de cette action. Une prolongation de trêve,de congé, etc. Tout le royaume faisait des vœux pourla prolongation de ses jours, Boss. || En mus. Positiond’une note qui, faisant partie d’un accord, se continuesur un ou plusieurs des accords suivants.

PROLONGE ( prolonger), s. f. Cordage à l’aide du-quel on peut dans le tir réunir une bouche à feu à sonavant-train. Tir à la prolonge. || Chariot à munitions.

PROLONGÉ, ÉE ,p.p. de prolonger.

PROLONGEMENT, s. m. Continuation d’une portiond’étendue. Le prolongement d’un mur, d’une rue. || Enbot. Prolongements médullaires, les rayons médullaires.j| Enanat. Prolongement rachidien, la moelle épinière.

PROLONGER (lat. prolongare), v. a. Faire durer pluslongtemps. C’est prolonger la vie des grands hommes,que de poursuivre dignement leurs entreprises, Foxtks.

|| Différer, ajourner. || Rendre plus long en étendue.Prolonger un mur, une galerie, etc. || T. de mar. Pro-longer une côte, aller le long d’une côte. Prolonger unnavire, se ranger le long d’un navire pour l’aborder.|| Se prolonger, v.r. Recevoir plus de durée. Plus lesaffaires se prolongent, et plus elles donnent le tempsau public de revenir à la raison, Volt. || Avec ellipse dese. C’est à regret que je vois prolonger le temps qui doitnous rapprocher, J. J. Rocss. || Recevoir plus d’espace,plus d’étendue. Le chemin des Thermopyles se prolongeentre des marais et des rochers presque inaccessibles,Barthél. Il T, milit. Se prolonger, étendre ses troupes.

PROMENADE [promener), s. f. Action de se prome-ner. Faire une promenade. || Famil. Ce n’est qu’unepromenade, il n’y a pas loin. || Promenade militaire,marche de quelques heures qu’on fait faire à un régi-ment, autour du lieu de sa résidence, afin d’exercerles soldats. || Lieu où Ton se promène.

PROMENÉ, ÉE, p. p. de promener.

PROMENER (hl.prominare),v. a. Mener, faire alleren différents lieux. Ne promenez point l’enfant dans lescercles, dans les brillantes assemblées, J. J. Rodss.|| Faire aller quelqu’un d’un endroit à un autre, commeamusement ou comme exercice. Promener un enfant.|! Promener des étrangers par la ville, dans la ville, laleur faire parcourir pour la satisfaction de leur curiosité.j| Promener un cheval, le faire marcher doucement, soiten le tenant par la bride, soit en le montant. |[ On dit demême: Promener un chien. || Fig. Faire aller çà et là.Promener ses pas, son regard, sa pensée, etc. | J Faire al-ler çà et là l’idée d’un autre. Ce romancier promène seslecteurs dans toutes les parties du monde. || Être caused’une promenade, en parlant d’une chose. Cela vouspromènera. || Il se dit des choses qui font aller çà et làd’autres choses. L’Eurotas promenait son cours tor-tueux dans cette riante solitude, Chateabbr. || Fig.Chacun suit dans le monde une route incertaine,Selon que son erreur le joue et le promène, Boil.|j Famil. et fig. Promener quelqu’un, l’abuser, le lasserpar des promesses vaines. j| Se promener, v. r. Mar-cher, aller à pied ou à cheval, etc. pour faire de l’exer-cice ou pour se distraire. Dans ce sens, promener est unverbe réfléchi, et Ton doit dire : Allons nous promeneret non pas : Allons promener. || Avec le verbe laisser etellipse du pronom personnel. Qu’on me laisse ici prome-ner toute seule, Mol. 11 Allez vous promener, se dit à unepersonne dont on est mécontent, dont on veut se débar-rasser. || Envoyer promener, phrase peu polie par la-quelle on dit qu’on s’est débarrassé de quelqu’un. Si j’a-vais été à votre place, je l’aurais envoyé promener, Mol.Il ?ig. Il se dit des choses qui errent, cheminent. Unruisseau qui... lentement se promène, Boil. Notre raisonse promène par tous les ouvrages de Dieu, Boss.

PROMENEUR, EUSE, s. m. et f. Celui, celle qui pro-mène quelqu’un. || Celui, celle qui se promène, qui aimeà se promener. |{ Fig. et famil. Celui, celle qui abuse, quilasse quelqu’un par des délais, par des promesses vaines.

PROMENOIR, s. m. Partie d’un édifice libre et cou-verte ou d’un jardin, destinée à la promenade.

PROMESSE (lat. promissa), s. f. Action de promet-tre. Tenir ses promesses. || Avoir promesse, se dit decelui à qui une promesse a été faite. || Donner promesseque, promettre que. || Promesses du baptême, cellesque l’Église exige des catéchumènes avant de leur con-férer le baptême, et que font les parrains et les marrai-nes. || Fig. Se ruiner en promesses, promettre beaucoupet ne rien tenir. || Promesse de mariage, écrit par le-quel on s’engage à épouser une personne. 11 Billet sousseing privé par lequel on s’engage à payer une sommed’argent. || Les enfants de la promesse, les élus.

PROMETTEUR, EUSE, s. m. et f. Personne qui pro-met légèrement, ou sans intention de tenir.

PROMETTRE (lat. promittere), v. a. S’engager ver-balement ou par écrit à quelque chose. Une homme quipromet tout et qui ne tient rien. Promettre sa fille enmariage. || Absol. Le plus lent à promettre est toujoursle plus fidèle à tenir, J. J. Rouss. || Promettre monts etmerveilles, faire toutes sortes de promesses avanta-geuses. || Promettre plus de beurre que de pain, voy.