Buch 
Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
Entstehung
Seite
976
JPEG-Download
 

RAT

RAV

— 976 —

* RATTELER (re...olrt«e/er), v.a. Atteler de nouveau.

RATTRAPÉ, ÉE, p. p. de rattraper.

RATTRAPER (re... et attraper), v. a. Attraper une

seconde fois. || Famil. et fig. On ne m’y rattrapera plus,on ne me trompera plus en pareil cas, et aussi on ne mereverra plus dans cet endroit, dans cette société. ||Parestons. Ressaisir, reprendre. Rattraper un prisonnier.

|| Fig. et par menace. Si je le rattrape ! c’est-à-dire s’iltombe sous ma main, je le punirai. || 11 se dit aussi deschoses qu’on ressaisit. Nous étions contraints de dispu-ter contre les flots, pour rattraper le dessus de ce mât,Fén. || Recouvrer ce qu’on avait perdu. Il ne s’agit plusque de rattraper mon repos, Volt. Ah ! si je puis rat-traper ce que j’ai perdu, je jure bien que j’abandon-nerai le jeu à jamais, Genlis. || Famil. Rejoindre quel-qu’un qui a pris les devants. || Se rattraper, v. r. Sesoutenir, se retenir. En tombant, il s’est rattrapé à unebranche d’arbre. || Fig. Cet homme se rattrape aux bran-ches, se rattrape toujours, il se tire toujours d’affaire.|| Regagner. Il avait perdu, mais il s’est rattrapé.

RATURE (anc. fr. rater, effacer), s. f. Syn. de ra-clure. || Ce qu’on enlève des peaux en les raturant. 11 Pe-tite bande qu’on enlève en tournant l’étain sur la roue.[| Par extens. Trait de plume passé sur ce qu’on a écrit.

RATURÉ, ÉE, p. p. de raturer.

RATURER, v. a. Racler le dessus des peaux dont onveut faire du parchemin. || Par extens. Effacer au moyende quelques traits de plume ce qui est écrit. || Absol.Voila mon jeune homme qui se_ met à raturer, Volt.

RAUCITÉ (lat. raucitas ), s. f. Étatde la voix rauque.

RAUQUE (lat. raucus), ad). Se dit de la voix deve-nue rude et comme enrouée. Une voix, un cri rauque.|| Fig. À mon âge, on a la voix un peu rauque, Volt.

RAVAGE (ravir), s. m. Dégât fait avec violence et rapi-dité. Le ravage des champs, le pillage des villes, Corn.|| Famil. Faire ravage dans une maison, y faire beau-coup de désordre, beaucoup de fracas. || Dégât violentcausé par les tempêtes, les orages, les pluies, les vents,etc. || 11 se dit de l’action funeste des épidémies, des épi-zooties. || Fig. Désordre causé par les choses morales.L’intérêt est un monstre qui fait bien du ravage, Patru.

RAVAGÉ, ÉE, p. p. de ravager.

* RAVAGEANT, ANTE, adj. Qui ravage. Ces armes ra-vageantes et détruisantes, Boss.

RAVAGER, v. a. Porter le ravage. Ravager un paysennemi. || 11 se dit des fléaux atmosphériques. Il aura

jassé comme un torrent pour ravager la terre, Mass .

| Il se dit aussi des maladies. La peste ravageait l’Italie.

| En général, faire beaucoup de mal. On traitait rigou-reusement les rois qui, au lieu d’être bons et vigilantspasteurs des peuples, n’avaient songé qu’à ravager letroupeau comme des loups dévorants, Fén.

RAVAGEUR, s. m. Celui qui ravage. Ces ravageurs deprovinces que nous appelons conquérants, Boss. || Rava-

eurs, ceux qui lavent le sable et la vase des bords de la

eine pour en séparer la vieille ferraille.

RAVALÉ, ÉE, p. p. de ravaler. || Des bas ravalés, desbas tombant sur les talons. || Fig. Bas, abject. Va, portecette crainte à des cœurs ravalés, Corn. || Il se dit dusort, de la condition. Dans mon sort ravalé je sais vivreen princesse, Corn. || Des termes ravalés, des termes bas.

RAVALEMENT, s, m. Action de ravaler, d’abaisser.Le ravalement d’un capuchon sur les yeux (vieux en cesens). || T. de forestier. Opération qui se pratique en re-cepant le vieux bois d’un arbre, ou des souches qui ontété coupées trop haut. || Travail qu’on fait à un mur, àune façade, quand, apres les avoir élevés, on les crépitde haut en bas ; l’ouvrage qui résulte de ce travail. j | Enarchit. Petit enfoncement simple ou bordé d’une ba-guette dans un pilastre, dans un corps de maçonnerieou de menuiserie. || Fig. Action de déprimer, de ravalerquelqu’un. Le ravalement du mérite d’autrui. || Abais-sement dans lequel une personne est tombée. |j Actionde s’humilier chrétiennement. || Au pl. Les actions parlesquelles on s’humilie, on se ravale chrétiennement.

RAVALER (re... et avaler), v. a. Faire descendre denouveau ; sens vieilli. Ravaler un capuchon sur ses épau-les. || Avaler de nouveau. Ravaler sa salive. || Fig. etfamil. Retenir ce qu’on allait dire. || Ravaler ses paroles,

s’arrêter sur le point de les dire, et aussi se dédire desdiscours injurieux que l’on a tenus contre quelqu’un.

|| T. de jardinage. Couper les branches d’un arbre jusquesur leur empâtement ou talon, en ménageant les yeuxadventifs de ce même talon. || Aplanir la terre après lelabourage. || Crépir une construction de haut en bas.

|| Fig. Déprimer, rabaisser. La dignité de la matière estsi haute, que l’impuissance de l’artisan ne la peut ra-valer, Corn. Vouloir ravaler la dignité de médecin à desemplois de cette nature! Mol. j| Absol. Plus dans leurfolle estime il se trouve compris, Plus il ravale de sonprix, Corn. || V.n. Le blé ravale, il diminue de prix.

|| Se ravaler, v. r. S’abaisser, s’avilir. Qu’à des penserssi bas mon âme se ravale ! Corn.

RA VAU DAGE, s. m. Raccommodage de méchantes har-des, de bas. 11 Fig. Besogne faite grossièrement. 11 II se ditdes ouvrages d’esprit qu’on trouve de peu de valeur.

RAVAUDÉ, ÉE, p. p. de ravauder.

RAVAUDER {lat. re...., ad et validare), v. a. Rac-commoder à l’aiguille. Ravauder un caleçon, des bas, etc.

Absol. Elle gagne sa vie à ravauder. || Fig. Maltraitere paroles. || Tenir des discours impertinents et hors depropos. Il lui a ravaudé mille impertinences. || V. n.Tracasser dans une maison, ranger, nettoyer. Nous ra-vaudions l’autre jour dans des paperasses, Sév. || Dire,écrire des bavardages.

RAVAUDERIE, s. f. Famil. Discours, ouvrage futile,considérés surtout comme faits ou ravaudés de morceauxde toute sorte. Ce sont des gens qui recueillent toutesces ravauderies pour me les mander, Sév.

RAVAUDEUR, EUSE, e. m. et f. Celui, celle qui rac-commode des bas, de vieux habits. || Fig. et famil. Celui,celle quine dit que des balivernes.

RAVE (lat. rapa), s. f. Racine violette et allongéeprovenant d’une variété du raphanus sativus, dontune autre variété a une racine arrondie appelée radis.

|| Petites raves, se dit quelquefois pour radis.

RAVELIN (ital. rivellino), s. m. Syn. de demi-lune.

RAVI, 1E, p. p. de ravir. |j Ravi au ciel, enlevé,transporté jusque dans le ciel. || Dans le langage mys-tique, être ravi en extase, être transporté hors de soipar l’effet d’une forte contemplation et d’une grâce par-ticulière ; dans le langage général, être transporté d’ad-miration. || Ravi hors de soi-même, saisi d’un transportqui absorbe toutes les facultés de l’âme. || Enchanté,charmé, transporté. Ravi de joie, d’étonnement, etc.|| Famil. Etre ravi de quelque chose, en éprouver un vifplaisir. || Être ravi que, avec le subjonctif.

* RAVIER (rave), s. m. Petit vase en forme de bateaudans lequel on sert des radis et autres hors-d’œuvre.

* RAVIERE (rave), s. f. Terrain semé de raves.

RAVIGOTE (voy. ravigoter), s. f. Sauce piquante.

|| A la ravigote, sauce avec un roux blanc mouillé debouillon et de vinaigre, dans lequel on jette, quand le li-quide bout, du cerfeuil, de la civette, de la pimprenelle,de l’estragon, le tout haché, et un peu de beurre fin.

RAVIGOTÉ, ÉE, p. p. de ravigoter.

RAVIGOTER (altération de l anc. fr. ravigorer, d ere...à et vigueur), v. a. Famil. Remettre en vigueur celuiqui est faible. Le bon vin nous ravigote. || Se ravigoter,v. r. Se remettre en vigueur.

RAVILI, IE, p. p. de ravilir.

RAVILIR (re... et avilir), v. a. Rendre vil et mé-prisable. || Se ravilir, v. r. Devenir vil et méprisable.Celui qui se ravilit par ses vices au-dessous des derniersesclaves, Boss.

RAVIN (voy. ravine), s. m. Passage creusé par uneravine. || Tout chemin creux.

RAVINE (lat. rapina), s. f. Espèce de torrent d’eaupluviale qui se précipite d’un lieu élevé. || Lieu creusépar un torrent.

* RAVINEMENT, s. m. Action de raviner; résultat decette action.

* RAVINER, v. a. Ravager par une ravine. Des champsravinés par un orage. || Creuser des ravins.

RAVIR (lat. rapere), v. a. Enlever de force, par vio-lence. Ravir le bien d’autrui. || Fig. Et ces ailes de feuqui ravissent une âme Au céleste séjour, J. B. Rocs»|j I’ig. Oter, priver de. || Se ravir, ravir à soi-même. 0