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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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REINE (lat. regina), s. f. Femme de roi. || La reinemère, la reine qui est mère du roi. || Famil. Cette femmea un port de reine, elle a une taille, un maintien noble.

|| Comme une reine, d’une façon éclatante. || Princessequi gouverne un royaume. La reine Élisabeth. I| La reinedu ciel, la reine des anges, la sainte Vierge. |j Reine sedit de différentes personnifications. La reine des flots.Reine des longs procès [la Chicane], Bon.. || Fig. Cellequi domine par quelques qualités éminentes. Reine detous les cœurs, Rac. || Autrefois, la reine du bal, cellequi commençait le bal; aujourd’hui, celle pour quionle donne, et aussi la plus élégante. || On dit de même :La reine de la fête. || La reine de la fève, celle qui, lejour des Rois, a eu une part de gâteau où se trouve lafève, ou celle que le roi de la fève choisit pour reine.|| Famil. C’est la reine des femmes, se dit d’une femmepleine de vertus et de qualités. || Famil. et fig. Cellequi règle, gouverne quelque chose. || Fig. I! se ait de cequi exerce un empire comparé à l’empire des rei-nes. Cette grande ville [Tyr] semble nager au-dessus deseaux, et être la reine de la mer, Fés. L’opinion est lareine du monde, Volt. || La plus excellente en son genre,en parlant de choses. La rose est la reine des fleurs. Lajustice est la reine des vertus morales, Boss. || Au jeud’échecs, la principale pièce après le roi. j | La femelle, ordi-nairement unique, qui se trouve dans les ruches des abeil-les. || Reine des prés, nom vulgaire du spirœa ulmaria.

REINE-CLAUDE (reine Claude), s. f. Espèce de prunetrès-estimée. || Au pi. Des reines-Claude, selon l’Acadé-mie. Il serait plus rationnel d’écrire des reines-Claudes.

REINE-MARGUERITE (Heine et marguerite, nomd’une fleur), s. f. Plante du genre des asters, que laculture a rendue très-double, très-grande et de couleursdiversifiées. \\Aupl. Des reines-marguerites.

REINETTE ou RAINETTE (dim. de reine, ou rainette,grenouille, à causedes taches de la peau), s. /. Nom géné-rique d’un grand nombre de variétés de pommes à cou-teau, caractérisées en général par la peau tachetée, plusou moins grise ou jaune au fond, et par l’absence descôtes saillantes ; les principales reinettes sont la rei-nette franche, de Canada, blanche, grise, etc.

RÉINSTALLATION, s. f. Action de réinstaller.

RÉINSTALLÉ, ÊE.p.p. de réinstaller.

RÉINSTALLER, v. a. Installer de nouveau.

REINTÉ, ÉE (rein), adj. Il se dit d’un chien dont lesreins sont élevés en arc et larges ; signe de force.

RÉINTÉGRANDE (lat. reintegrandus), s. f. En ju-rispr. Action possessoire par laquelle une personne estremise en jouissance d’une chose dont elle avait perdula possession.

RÉINTÉGRATION (lat. reintegratio), s. f. Action derendre de nouveau entier. || En jurispr. Action de réin-tégrer; résultat de cette action.

RÉINTÉGRÉ, ÉE, p. p. de réintégrer.

RÉINTÉGRER (lat. reintegrare), v. a. Rendre en-tier de nouveau. Je vais tâcher de réintégrer les chosesdans la plus exacte vérité, Bufk. || En jurispr. Rétablirquelqu’un dans la possession d’une chose dont on l’avaitdépouillé. Réintégrer quelqu’un dans ses droits. |j Faireréintégrer des meubles, les faire remettre dans le lieud’où ils avaient été enlevés. || On dit qu’un homme a étéréintégré en prison, pour dire qu’il a été remis en pri-son, après en être sorti à caution par un arrêt surpris.|| Dans le langage général, rendre un emploi à quelqu’unqui en avait été privé. || En mathém. Intégrer de nou-veau. || Se réintégrer, v. r. Être réintégré, réparé.

«RÉINVITER, v. a. Inviter de nouveau.

REIS (rè-is’. Arabe raïs, chef), s. m. Titre de plu-sieurs officiers ou dignitaires de l’empire turc. 11 Reis-effendi, leministredes affaires étrangères.|| Patron d’unebarque turque.

RÉITÉRATION (lat. reiteratio), s. f. Action de réi-térer. La réitération d’une promesse. ]| Action d’admi-nistrer plusieurs fois le même sacrement.

RÉITÉRÉ, ÊE.p.p. de réitérer.

RÉITÉRER (lat. reiterare), v. a. Faire de nouveauune chose qui a déjà été faite. Réitérer une médecine,un ordre, une promesse, etc. || Absol. Il faut réitérer.Il Se réitérer, v. r. Être réitéré.

REJ

REÎTRE ou RÊTRE (rê-tr’. AU. Reiter ), s. m. An-ciennement, cavalier allemand. || Fig. et famil. en mau-vaise part ou par plaisanterie, un homme que l’on com-pare à un soudard. |1 Un vieux reître, un homme qui a vubeaucoup de pays, qui a de l’expérience, de l’astuce.

REJAILLIR (Il mouillées. Re... et jaillir), v. n. Jail-lir en sens inverse, rebondir. j| Il se dit do'la lumière.

Il En parlant des liquides, il ne signifie souvent rien deplus que jaillir. Leur sang a rejailli sur ma robe, Saci.Il Fig. Il se dit du bien, du mal, de l’honneur, du dés-honneur qui s’étend de quelque chose à quelqu’un ou àquelque chose. Le siècle fut plus grand que Louis XIV ;mais la gloire en rejaillit sur lui, Volt. Nos fautes re-jailliront sur nos lils, Chateacbk. || Fig. Résulter. Consi-dérez l’honneur qui doit en rejaillir, Rac.

* REJAILLISSANT, ANTE, adj. Qui rejaillit.

REJAILLISSEMENT (Mmouillées), s. m. Action, mou-vement de ce qui rejaillit. Le rejaillissement de l’eau.|| Fig. L’excellence de la beauté appartient à l’homme, etc’est comme un admirable rejaillissement de l’imagede Dieu sur sa face, Boss.

REJET (re-jè. Re... et jet), s. m. Action de rejeter ;état de ce qui est rejeté. 11 La terre rejetée de côté quandon creuse un fossé. |j Essaim d’abeilles. || T. de métri-que. Mots que l’on rejette au vers suivant. Un rejet heu-reux. || T. de finance. Renvoi d’une partie d’un comptesur un autre chapitre. || Fig. Action de rebuter, de nepas admettre. Le rejet de propositions, d’une loi, d’unpourvoi, etc. || Nouvelle pousse d’une plante, d’un arbre.j| Rejeton. Les rejets d’un arbre.

REJETABLE, atlj. Qui doit être rejeté.

REJETÉ, ÉE, p.p. de rejeter.

REJETER ( re... et jeter), v. a. Jeter de nouveau.|| Rejeter les yeux sur, porter de nouveau les regardssur. || Repousser, renvoyer. Rejeter une balle. || Jeterun objet dans l’endroit d’où on l’avait tiré. Rejeter lepoisson dans l’eau. 11 Jeter dehors, faire sortir hors de soi.La mer rejette sur les rivages une infinité de choses qu’elleapporte de loin, Buff. || Rejeter du pus ou absol. reje-ter, se dit d’une plaie qui suppure de nouveau. || Il sedit aussi de ce que la bouche, l’estomac jette hors desoi. Ce malade rejette tout ce qu’il prend. || Fig. Toutce qu’on dit de trop est fade et rebutant ; L’esprit ras-sasié le rejette à l’instant, Boil. || En parlant des ar-bres, produire des pousses, repousser. || Absol. Cet ar-bre rejette par le pied. |{ Reporter ailleurs une chosequ’on a ôlée d’un endroit. Les ouvriers rejetèrent laterre du fossé dans le champ voisin. Rejeter un motd’un vers sur l’autre. || Fig. Faire que ce qu’on éprou-vait soit éprouvé par d’autres. La victoire.... Surnos fiers ennemis rejeta nos alarmes, Corx. || Rendreresponsable de, attribuer. || Rejeter une faute, un crimesur quelqu’un, l’en accuser pour se disculper. || Ne pasadmettre, rebuter, repousser. Rejeter une proposition,une prière, un fait, un présent, etc. j| Il se dit aussi despersonnes qu’on repousse et condamne. Le Seigneur vousa rejeté, Saci. |j Écarter, éloigner. Cela nous rejettebien foin de notre sujet. || Remettre à un temps éloigné.|| Se rejeter, v. r. Se porter en arrière. Se rejeter aufond d’une loge. || Fig l)’où vient que l’homme épouvantéÀ l’aspect du néant se rejette en arrière ? Delille. 11 Fig.Parler de nouveau d’une chose déjà traitée; s’éloignerdusujet principal de la discussion, pour s’étendre sur desaccessoires. || S’excuser. Se rejeter surles circonstances.

REJETON (dérivé de rejet), s. m. Nouveau jet quepousse une plante. j| Jeune pousse reproduite par uneracine loin de la tige. || Fig. Enfant, descendant. Prin-ces et princesses, nobles rejetons de tant de rois, Boss.

REJOINDRE (re... et joindre), v. a. Joindre de nou-veau, réunir les parties qui avaient été séparées. Re-joindre des chairs, des fragments de porcelaine. j| Allerretrouver des gens dont on est séparé. 11 Absol. En termesmilitaires, se rendre à son corps. 11 Mettre de nouveau despersonnes ensemble. La mort a rejoint ce qu’elle avaitséparé; l’époux et l’épouse ne sont plus qu’une mêmecendre, Fléch. || Fig. Joindre de nouveau par des liensmoraux. La plus tendre amitié va me rejoindre à vous,Volt. || Se rejoindre, v. r. Être joint de nouveau. Leschairs se rejoignirent. |] Se retrouver l’uu l’autre.