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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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RES

rons. || Par extens. Respirant la fraîcheur et de l’ombreet des eaux, Delille. || Fig. Arrachez-vous d’un lieufuneste et profané Où la vertu respire un air empoi-sonné, Rac. j| Aller respirer l’air natal, retourner dansle pays où l’on est né. || Poétiq. Respirer le jour, avoirla vie. || Avoir la vive apparence de, annoncer. Tout res-pire la joie. Tout respire enEsther l’innocence et la paix,Rac. || Souhaiter avec ardeur. Respirer la vengeance, laguerre, etc. || Se respirer, ». r. Être respiré. Le bonheurse respire autour de vous, Staël.

RESPLENDIR (lat. resplendere), ». n. Briller d’unvif éclat. || Fig. Le visage d’Antoine, à ce discours, pa-rut resplendir d’une joie douce et sereine, Volt.

RESPLENDISSANT, ANTE, adj. Qui resplendit. Unefemme resplendissante de jeunesse et de beauté, Staël.

RESPLENDISSEMENT, s. m. Grand éclat formé parl'expansion, par la réflexion delà lumière. Le resplen-dissement d’un phare dans l'obscurité.

RESPONSABILITÉ, s. /'. Obligation de répondre decertains actes, d’être garant. La responsabilité des mi-nistres. Le prisonnier est sous ma responsabilité.

RESPONSABLE (lat. responsum, supin de respon-dere), adj. Qui répond, qui est garant de quelque chosemi de quelqu’un. Être responsable envers quelqu'un.Vous deviendrez responsable de vos égarements, Roukd.

RESPONSIF, IVE £liit. responsivus), adj. T. de palais.Qui contient, une réponse. Écritures responsives. || Engramm. Se dit de ce qui répond à une interrogation. Leresponsif doitêtreau mèmecasquel’interrogatif, Dumabs.

RESSAC (re-sak. Subst. de Tant. v. resacher, reti-rer),s. wi. Retour tumultueux des vagues sur elles-mêmes,quand, s’avançant de la grande mer dans un ordre régu-lier, elles viennent à rencontrer une chaîne de rochers.

RESSAIGNÉ, ÉE, p. p. de ressaigner.

RESSAIGNER (re... et saigner), ». a. Pratiquer unenouvelle saignée. || V. n. Se dit du sang qui recommenceà couler. La plaie ressaigna.

RESSAISI, IE, p. p. de ressaisir.

RESSAISIR [re... et saisir), v. a. Saisir de nouveau,reprendre. Ressaisir sa proie. || Fig. La crainte de mou-rir et le désir de vivre Ressaisissent une âme avec tantde pouvoir! Corn. || Rentrer en possession d’une chose.Ressaisir une place, la vie, des provinces perdues, etc.j| Être ressaisi de, être remis en possession de. I| Seressaisir, ». r. Se saisir de nouveau, reprendre, j Serendre de nouveau maître. Se ressaisir d'un droit.

RESSASSÉ, ÉE, p.p. de ressasser.

RESSASSER (re... et sasser), v. a. Sasser de nou-veau. Ressasser de la farine. j| Mêler de nouveau. || Fig.et famil. Examiner à plusieurs reprises. Ressasser uncompte. ]l Ressasser un ouvrage, l’examiner avec soinpour en découvrir jusqu’aux moindres défauts. || Res-sasser quelqu’un, ressasser la conduite de quelqu’un,examiner sa conduite avec soin, pour voir si l’on n’a rienà lui reprocher. || Famil. Répéter sans cesse.

• * RESSASSEUR, s. m. Celui qui revient sans cesse surles mêmes idées. Des ressasseurs d’anecdotes, Volt.

RESSAUT (re-sô. Re... et saut), s. m. En archit.Saillie formée par quelque partie en dehors d’une ligneou d’une surface. || Par analogie. Les ressauts d’un ro-cher. || Passage brusque d’un plan horizontal à un autre.|| Fig Décousu des propos. Je profitais du peu de suiteet des ressauts ordinaires de sa conversation, St-Simov,

RESSAUTÉ, ÉE, p. p. de ressauter.

RESSAUTER ( re... et sauter), v. a. Sauter de nou-veau. Ressauter un fossé. \ \V. n. Il sautait et ressau-tait par-dessus la corde. || En archit. Faire des ressauts.» RESSAYER, ». a. Essayer de nouveau.

RESSEMBLANCE ( ressemblant ), s. f. Degré plus oumoins parfait de conformité entre les personnes ou leschoses. Dieu a fait l’homme à sa ressemblance, Ross.Une ressemblance de goût. || On dit ressemblance avecon ressemblance à. Quelque ressemblance que la naturecréée ait avec son créateur, Paso. Les pétales de l’aspho-dèle ont quelque ressemblance à des fers de piques, J. J.Rouss. || Ce fils est la vraie ressemblance de son père, ily a beaucoup de ressemblance entre eux. I| Se tromperà la ressemblance, prendre pour la même chose ou pourla même personne deux choses, deux personnes qui se

ressemblent. || En peint, et sculpt. Conformité entre l’i-mitation de l’objet et l’objet imite. || Apparence. L’hommede Dieu était à pied, portant dans la simplicité de sonmaintien la ressemblance d’un prophète, Mass.

RESSEMBLANT, ANTE, adj. Qui ressemble. Je ne puiscomprendre qu’un infini réel hors de moi ait pu impri-mer en moi, qui suis borné, une image ressemblante àla nature inlinie, Féx. || Voilà deux hommes bien ressem-blants, ils se ressemblent beaucoup. || Portrait ressem-blant, portrait représentant exactement le modèle.

RESSEMBLER [re... et sembler), v. n. Avoir de laressemblance avec quelqu’un ou quelque chose. Les in-discrets ressemblent, dit le Sage, à une ville sans mu-railles, qui est ouverte de toutes parts, Boss. || II se ditde la ressemblance morale ou intellectuelle. Quand surune personne on prétend se régler, C’est par les beauxcôtés qu’il lui faut ressembler, Mol. || Cela ne vous res-semble pas, cela n’est pas conforme à tout ce que l’onconnaît de vous. || Eu un sens opposé, cela lui ressemble.

|| Famil. Cela ne ressemble à rien, se dit en mauvaisepart de quelque chose de mauvais goût ; et rarement enbonne part, de quelque chose d’un goût original. || Celaressemble à tout, se dit d’une chose commune, banale,sans caractère. || En termes d’art, offrir l’imitationexacte d’un objet. Ce portrait vous ressemble beaucoup.

|| L’usage ne veut pas qu’on dise: Ce portrait ressem-ble; mais : Ce portrait est ressemblant. || Se ressembler,avoir de la ressemblance l’un avec l’autre. Ces deuxsœurs se sont ressemblé dans leur enfance. || Ces deuxpersonnes se ressemblent comme deux gouttes d’eau,leur ressemblance est parfaite. || 11 se dit de la res-semblance morale ou intellectuelle. Tous les hommesse ressemblent si fort, qu’il n’y a point de peuple dontles sottises ne nous doivent faire trembler, Foxten.|j Cela ne se ressemble pas, se dit de deux choses fortdifférentes. || Ressembler à soi-même, conserver lesmêmes qualités ou défauts. |] Ce peintre, ce musicien seressemble, il se répète, ses ouvrages manquent de va-riété. || Cela se dit aussi des ouvrages eux-mêmes. ||Prov.Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, le bonheurni le malheur ne durent pas toujours. |] Ordinairementen mauvaise part, qui se ressemble s’assemble, les per-sonnes de même caractère se recherchent mutuellement.|| Ressembler quelqu’un, qui est resté populaire, estaujourd'hui complètement hors d’usage. On le trouvedans Malherbe, dans Régnier, dans Bossuet.

RESSEMELAGE, s. m. Action de ressemeler ; résultatde cette action.

RESSEMELÉ, ÉE, p. p. de ressemeler.

RÉSSEMELER (re... etsemelle), v. a. Mettre de nou-velles semelles à une vieille chaussure. || Se ressemeler,v. r. Être ressemelé. Ces bottes sont ressemelées.

RESSEMÉ, ÉE, y), p. de ressemer.

RESSEMER ( re... et semer), v. a. Semer de nou-veau. Ressemer un champ, des orges, etc. || Se resse-mer, ». r. Être ressemé.

RESSENTI, IE, p. p. de ressentir. || T. d’art. Il sedit des formes, des traits que l’artiste a rendus avecforce et caractère. Des formes très-ressenties.

RESSENTIMENT (voy. ressentir ), s. m. Action deressentir. Les hommes ont un instinct secret qui lesporte à chercher le divertissement et l’occupation audehors, qui vient du ressentiment de leurs misères con-tinuelles, Pasc. || Faible renouvellement d’un mal, d’unedouleur. Un ressentiment de néphrétique. || Il se dit,dans un sens analogue, de souffrances morales. Solon futtouché d’un ressentiment si vif et si cuisant qu’il com-mença à déchirer ses habits, Frâ. || Sentiment de re-connaissance, souvenir reconnaissant (ce sens a vieilli).Je viens vous témoigner le ressentiment où je suis desbontés surprenantes... Mol. || Souvenir d'une injure avecdésir de s’en venger. Montrer du ressentiment.

RESSENTIR ( rc... et sentir), v. a. Sentir, éprouver.Ressentir des douleurs, du bien-être, du malaise, etc.|| Fig. Avec un nom de chose pour sujet. Tout ressent deses yeux les charmes innocents, Rac. || Il s'emploied’une manière analogHe au sens moral. Je ressens tous lesmaux queje puis ressentir, R vc. |j II se dit de l’âme saisiepar un sentiment. Ressentir de l’amitié pour quel-