Buch 
Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
Entstehung
Seite
1045
JPEG-Download
 

RIG

1045 —

RIR

vinitéqui punit. ||En parlant des choses, qui demandeou qui prouve une exactitude sévère. Maxime rigou-reuse. lin rigoureux devoir. || Diète rigoureuse, une abs-tinence presque complète. || Incontestable, évident.Démonstration rigoureuse.

RIGUEUR (lat. rigor ), s. f. Dureté qui agit avec unesévérité inflexible. La rigueur des lois. On se met enétat d'être craint, sans user souvent de rigueur, Fén,

|| Tenir rigueur, ne pas accéder, ne pas accorder, nepas pardonner. || Ce qui est rude, âpre, difficile à sup-porter. La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles,Malh. || Dureté, âpreté de la température. La rigueurde l’hiver. || Grande exactitude, grande sévérité dansl’application des règles. 11 ne faut pas prendre cela dansun sens de rigueur, Boss. Contemplez mon devoir danstoute sa rigueur, Rac. || On dit en littérature, dans unsens analogue : La rigueur des règles, de la rime. || Ju-ges de rigueur, les juges qui doivent prononcer selonla rigueur de la loi, et non d’après l'équité naturelle. || Laloi de rigueur, la loi de Moïse, par opposition à la loinouvelle ou loi de grâce. || Cette clause, cette règle estde rigueur, elle est indispensable. |{ Jouer de rigueur,jouer suivant la règle. || Insensibilité, indifférence dela part d’une femme. || Caractère d’un raisonnement au-quel l’esprit ne peut résister. La rigueur d’une démon-stration. || A la rigueur, dans la dernière rigueur, à ladernière rigueur, à toute rigueur, en toute rigueur,dans la dernière exactitude, dans la dernière sévérité.Nous jugeons les autres à la rigueur, et souvent plusqu’à la rigueur, Bourd. || A la rigueur, à la lettre, sansmodification ni adoucissement. Vous avez bien fait dene point prendre cette mode à la rigueur, Sév.

* RILLETTES (Il mouillées. Voy. rillons), s. f. pl.Viande de porc hachée très-menu et mêlée de graisse.

* RILLONS (II mouillées. Dim. de l’anc. fr. ritle, mor-ceau de porc), s. m. pl. Menus résidus de porc ou d’oiequ’on a fait fondre pour en avoir la graisse.

* RIMAILLE (Il mouillées. Rime], s. f. T. de dénigre-ment. Poésie, vers de peu de valeur. Voilà de la rimaillequi m’a échappé ; venons à la raison, Voi.t.

RIMAILLER (Il mouillées), v. n, Famil. Faire démoti-vais vers.

RIMAILLEUR (Il mouillées), s. m. Celui qui rimaille,qui fait de mauvais vers.

* RIMANT, ANTE, adj. Propre à rimer. Syllabes ri-mantes.

RIME (anc. h. ail. ni», nombre ou, selon d’autres,lat. rhytàmus), s. f. Uniformité de son dans la ter-minaison de deux ou de plusieurs mots. || Famil. Met-tre en rimes ou en rime, mettre en vers. || Rimepleine ou plus ordinairement rime riche, celle oùnon-seulement le son, mais l’articulation est la même,comme étude et solitude. || Rime pauvre, celle quin’est que dans le son, et non dans l’articulation, commevertu et vaincu. || Rime féminine, rime qui se ter-mine par un e muet. || Rime masculine, celle qui nese termine pas par un e muet. || Rimes croisées, rimesmasculines et féminines qui se succèdent alternative-ment. || Rimes plates, rimes qui se suivent deux à deux,comme dans le Lutrin de Boileau. || Rimes mêlées,celles qui se succèdent sans aucun ordre, en observantseulement de faire alterner les masculines et les fémi-nines. || Fig. Il n’y a ni rime ni raison dans..., il n’y apas de bon sens dans. |) On dit de même : Cet homme,cette chose n’a ni rime, ni raison. || Au pl. Vers. Lesrimes légères et spirituelles de Voltaire.

RIMÉ, ÉE, p. p. de rimer. || C’est de la prose rimée,se dit de vers plats.

RIMER, v.n. Avoir le même son, en parlant des finalesdes mots. j| Rimera l’oreille, aux oreilles, se dit de deuxfinales dont le son est le même. Rimer aux yeux, se ditde deux finales qui ont même orthographe et non mêmeson, comme monsieur et seigneur. || Fig. et famil. Cesdeux choses ne riment pas ensemble, elles n’ont aucunrapport. || Cela ne rime à rien, cela est dépourvu de sens.I| Rimer se dit en parlant du poète occupé à faire rimerles mots. Ce poète rime bien. || Faire des vers. || V. a.Faire rimer. Un esprit de travers, Qui, pour rimer desmots, pense faire des vers, Boil. j| Mettre en vers.

RIMEUR, s. m. Poète et le plus souvent mauvaispoète. || Adj. Le peuple rimeur. || Celui qui n’emploieque des rimes riches dans ses vers. Un excellent rimeur.

* RINÇAGE, s. m. Action de rincer. || Lavage à l’eaupure des objets qu’on vient de savonner.

RINCÉ, ÉE, p.p. de rincer.

RINCEAU (lat. ramicellus ), s. m. En archit. Orne-ment composé de branches et de fruits, ou de feuillesd’acanthe disposées par enroulement. || En blas. Bran-ches chargées de feuilles.

* RINCE-BOUCHE, s. m. Sorte de verre ou de bol, danslequel on offre aux convives de l’eau chaude pour serincer la bouche. || Aupl. Des rince-bouches.

RINCER ^lat. resincerare ou, selon d’autres, l’ancienScandinave hreinsa, nettoyer), v. a. Nettoyer en lavantet en frottant. Rincer les verres. || Se rincer la bouche,se laver la bouche. || Rincer du linge, le passer dansune eau claire pour en ôter le savon qui a servi à le net-toyer. || Se rincer les mains, passer de l’eau claire sucses mains, après se les être savonnées. || Fig. et popul.Réprimander, battre. || 11 a été bien rincé, il a été fortmouillé, et fig. il a été fortement réprimandé ou battu.

* RINCÉE, s. Pop. Volée de coups, correction manuelle.

* RINCEMENT, s. m. Action de rincer.

* RINCEUR, EUSE, s. m. et f. Celui, celle qui rince.RINÇURE, s. f. Eau qui a servi à rincer un verre, une

bouteille, etc. || Par exagération. De la rinçure de verreou absol. de la rinçure, du vin dans lequel on a mis tropd’eau. || Boisson faite avec l’eau qui a servi à rincer lestonneaux, quand on soutire le vin.

* RINGARD (orig. inc.), s. m. Barreau que l’on soudeà un morceau de fer pour le manier plus commodément.

RINGRAVE, s. f. Voy. bhingravë.

RIOTER (dim. de rire), v. n. Popul. Rire un peu, riredédaigneusement.

RIOTEUR, EUSE, s. m. et f. Popul. Celui ou celle quine fait que rioter.

* RIOTTE orig inc.), s. f. T. vieilli. Querelle, dispute.RIPAILLE (Il mouillées. Orig. inc.), s. f. Grande

chère, débauche de table. Faire ripaille.

* RIPAILLEUR , S. m. Celui qui fait ripaille.

RIPE (voy. riper), s. f. Outil de maçon ou de sculp-teur pour gratter un enduit, de la pierre, etc.

RIPÉ, tE,p.p. de riper.

RIPER (ail. rippen), v. a. Ratisser avec la ripe. ]) F.n. T. de mar. Glisser, se déplacer. La cargaison ripa.

RIPOPÉE (orig. inc.), s. f. Mélange que les cabarc-tiers font des différents restes de vin. || Mélange de dif-férentes sauces ou liqueurs. || Fig. et famil. Ouvrage,écrit composé d’idées communes, incohérentes, etc.

RIPOSTE (ital. riposta), s. f. Réponse vive et promptepour repousser quelque raillerie ou quelque attaque. Uest homme qui a toujours la riposte en main, Mol. || Cequi se fait sur-le-champ pour repousser quelque injure.Coups de fouet de son cocher et riposte de celui de monpère, St-Simon. |) T. d’escrime. Botte portée en parant.

RIPOSTER, v. n. Répondre vivement pour repousserune raillerie, une attaque. || En ce sens, il s’emploie quel-quefois activement. Si vous le fâchez, il vous riposteraquelque chose de désagréable. || Répondre par quelquechose de pareil. Ripostons par deux révérences, Marivaux.||Repousser vigoureusement une attaque,rendre un coup,etc. || Parer et porter la botte du même mouvement.

RIPUAIRE (b. lat. ripuarii), adj. Anciens peuplesgermaniques fixés sur les bords du Rhin et de la Meuse.Les Francs ripuaires ou subst. les Ripuaires. || La loiripuaire, la loi qui régissait ces peuples.

RIRE (lat. ridere), v. n. Faire un certain mouvementde la bouche causé par l’impression qu’excite en nousquelque chose de gai, de plaisant. L’homme est leseul animal qui pleure et qui rie, Volt. || Rire de,avec un infinitif. Je riais de le voir avec sa mineétique... Boil. || Rire aux larmes, rire si fort que leslarmes coulent des yeux. || Rire à gorge déployée,rire comme un fou, rire extrêmement. || Avoir le motpour rire, dire habituellement des choses plaisantes.I] Il n’y a pas le mot pour rire dans cet ouvrage, se ditd’un ouvrage qui a été fait pour amuser, et où il n’y arien d’amusant. || Mourir de rire, être saisi d’un rire tel