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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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RGN

ROS

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RONDELLE (rond), s. f. Syn. de rondache. || Cer-taines pièces rondes de métal ou de cuir, etc. percéesdans le milieu, et qui entrent dans la construction deplusieurs machines. || Ciseau arrondi de sculpteur.

RONDEMENT, adv. Uniment, également. Travaillerrondement. || Promptement, vivement. Marcher ron-dement. || Mener rondement une affaire, la conduireavec suite et activité. || Fig. Sans façon, sans ambiguïté.J’ai dit assez rondement la vérité, Volt.

RONDEUR, s. f. Qualité de ce qui est rond, sphéri-ue, circulaire, cylindrique. La rondeur de la terre,'une assiette, d’un bras, etc. || Circonférence. Si l’uni-vers dans sa rondeur N’a rien digne de vos mérites,IUcan. || Fig. En parlant du style, nombre, harmonie.|| Fig. Franchise, sans-façon, naturel. || Ce comédien a dela rondeur, il joue avec franchise et naturel.

RONDIN (rond), s. m. Morceau de bois de chauffageui est rond, c’est-à-dire qui n’est pas fendu. Des rondinse hêtre. || Gros bâton. 11 a reçu des coups de rondin.RONDINÉ, ÉE, p. V. de rondiner.

RONDINER, v. a. Popul. Battre à coups de rondin.RONDO {ital. rondo), s. m. Voy. roudeüü, en musique.RONDON (anc. fr. randon, mouvement impétueux),s. m. T. de fauconnerie. Il n’est usité que dans cette lo-cution: Fondre en rondon, s’élancer avec impétuosité.

ROND-POINT, s. m. En archit. Partie demi-circu-laire qui fait l’extrémité opposée au grand portail.([Grande place circulaire, à laquelle aboutissent plu-sieurs avenues ou allées. || Au pl. Des ronds-points.

RONFLANT, ANTE, adj. Qui fait un bruit comparépour la force au ronflement. Un instrument ronflant.Une voix ronflante. || En méd. Râle ronflant, râle bron-chique, caractérisé par un bruit musical grave, ressem-blant au ronflement d’un homme endormi. 11 Par extens.Qui emplit l’oreille, en parlant de mots, de phrases.|| Fig. Promesses ronflantes, grandes et vaines promesses.

RONFLEMENT {ronfler), s. m. Bruitqueproduitquel-quefois pendant le sommeil la vibration du voile du pa-lais lorsque l'air traverse l'arrière-bouche, particuliè-rement pendant l’inspiration. j| Fig. Tout bruit qui aune sorte de rapport avec celui d’un homme qui ronfle.Le ronflement d’une toupie, de l’orgue, etc.

RONFLER (onomatopée), ». n. Faire le bruit nomméronflement. || Il se dit d’un cheval à qui la peur, lacolère, etc. fait faire un certain bruit des narines. ||Fig.et famii. Faire un bruit prolongé, en parlant de certaineschoses bruyantes. Le canon ronflait de ce côté. Une tou-pie qui ronfle. Il faut entendre aussi ronfler les vio-lons, Regxàhb. || Fig. Faire ronfler des vers, les décla-mer avec emphase. Il II se dit de ce qui est ronflant. Cevers ronfle bien dans la bouche d’un acteur.

RONFLEUR, EUSE, s. m. et f. et adj. Celui, celle quironfle, qui a l’habitude de ronfler.

RONGE (ronger), s. m. T. de vénerie. Il n’est usitéque dans cette locution : Le cerf fait le ronge, il rumine.RONGÉ, it,p.p. de ronger.

* RONGEANT, ANTE, adj. Susceptible de ronger, deminer. Chancre, ulcère rongeant. || Fig. Les soucis ron-geants, J. J. Rodss. || S. m. Un rongeant, syn. de rongeur.

* RONGEMENT, s. m. Action de ronger; état de cequi est rongé. || Fig. Un rangement d’esprit.

RONGER (lat. ruminare), ». a. Couper avec les dentsou avec le bec à plusieurs reprises. Un chien qui rongeun os. Les vers rongent le bois. || Ronger ses ongles, sedit du geste que l’on fait, pendant que l'on médite, queTon réfléchit.||Fig. Se ronger les poings de quelque chose,en concevoir une vive irritation, un vif regret. || Fig.Donner un osa ronger à quelqu’un, voy. os. || Rongerson frein, voy. fbeix. || Par extens. Consumer, corroder,entamer. L’eau-forte ronge les métaux. Un ulcère lui arongé le nez. L’océan ronge les terres. || Fig. Consumerle bien d’autrui. Cet avoué ronge ses clients. || Fig. Exer-cer sur lame une action comparée à un rangement. Lesnoirs soucis rongeaient son cœur, Fén. j) Se rangerle cœur, se laisser aller à des inquiétudes, à des chagrins•qui tourmentent. || V. n. Détruire les couleurs. ||T. devénerie. On dit que le cerf ronge, quand il rumine. || Seronger, ». r. Exercer sur soi un rangement. Une âme mé-lancolique se ronge dans la solitude, Volt. || Être rongé.

RONGEUR, EUSE, adj. Qui ronge. Les vers rongeurs.|| Fig. Qui inquiète, tourmente. Les soucis rongeurs.Il Le ver rongeur, le remords du coupable, et aussi unepeine qui assiège constamment 1 esprit. || S. m. pl. Lesrongeurs, ordre de la classe des mammifères renlermantceux dont les incisives, au nombre de deux à chaquemâchoire, sont longues et fortes. || S. m. Corps qui ala propriété de détruire les couleurs organiques.

* RONRON (onomatopée), s. m. Sorte de petit grogne-ment continu produit par le chat, et qui marque le con-tentement. Minette fait son ronron. ||Par extens. Bruitmonotone comparé au ronron du chai.

* RONRONNER, ». n. Faire le ronron.

ROQUEFORT, s. m. Fromage très-estimé, qui tire

son nom de Roquefort, village du département de l’A-veyron, où il se fabrique ; il est fait de lait de brebis.

ROQUENTIN (Roc, dans le sens forteresse sur un roc),s. m. Nom donné à de vieux militaires en retraite quijouissaient d’une demi-paye dans les châteaux, lescitadelles.|| Chanteur de chansons nommées aussi ro-quentins et qui étaient des espèces de vaudevilles sa-tiriques, la plupart du temps en quatre vers. || Famii.Vieillard ridicule et qui veut faire le jeune homme,

ROQUER (roc), v. n. Au jeu des échecs, mettre le rocou la tour auprès du roi, et faire passer le roi de l’autrecôté de la tour, lorsqu’il n’y a aucune pièce entre eux.

ROQUET (le chien de saint Roc h), s. m. Sorte de petitchien à oreilles droites. || Fig. et famii. Homme comparéà un petit chien. 11 C’est un roquet qui aboie, se dit d’unhomme sans valeur qui profère des paroles insultantes.

ROQUETTE (ital. rucchetta, du lat. eruca), s. f. Nomd’un genre de crucifère.

ROQUILLE (Il mouillées. Orig. inc.), s. f. Anciennemesure de vin, valant le quart du selier.

* RORIFÈRE (lat. ros et ferre), adj. En hist. nat. Quienvoie, qui apporte, qui retient la rosée.

ROSACE (lat. rosaceus), s. f. Figure symétrique ter-minée aune circonférence et présentant plus ou moins d’a-nalogie avec une rose. || Ornement d’ar chitecture qu’onplace dans le renfoncement des caissons d’une voûte oud’un plafond. 11 Vitraux disposés en rosace dans les églises.

ROSACÉ, ÉE (lat. rosaceus), adj. En bot. Qui estdisposé à la manière des pétales d’une rose. ||S. f. pl.Les rosacées, famille de plantes dont la rose est le type.

ROSAGE (rose), s. m. Un des noms du rhododendron.

ROSAIRE (lat. rosarius),s. m.Grand chapelet que Tondit à l’honneur de la Vierge. || Coquille du genre volute.

ROSAT (ro-za. Lat. rosatum), adj. des deux genres.11 se dit de quelques compositions où il entre des rosesrouges. Onguent rosat. Huile rasât.

ROSBIF (anglais roast-beef), s. m. Morceau de bœufrôti, qui est en général le ftmx filet. || Les cuisiniersdonnent aussi ce nom à la partie de derrière d’un mou-ton, d’un agneau, d’un chevreuil, etc.

. ROSE (lat. rosa), s. f. Fleur odoriférante, ordinaire-ment d’un rouge un peu pâle, et qui croît sur un arbusteépineux. Rose simple ou rose sauvage, rose du Bengale,rose pompon, etc. || Fig. C’est la plus belle rose de souchapeau, c'est le plus grand honneur, le plus grand avan-tage qu’il ait obtenu. || Le pot aux roses, le pot danslequel on met l’essence de rose. || Fig. Découvrir le po:aux roses, découvrir le fin, le mystère de quelque af-faire secrète. || La rose est dite la reine des fleurs ; delà l’expression ; Mériter la rose, en parlant de celuiqui, entre plusieurs rivaux, l’emporte sur les autres.

11 Eau de rose ou plus communément eau rose, eau qu’ontire des roses par la distillation. || Fig. Voilà ma façon depenser ; vous ne me trouverez pas à l’eau de rose, Volt.|| Lit de roses, couche de feuilles de roses qu’on étendpour en tirer de l’essence. || Roses pâles, nom donné enpharmacie aux feuilles de diverses espèces qu’on em-ploie, particulièrement celle de la rose des quatre sai-sons. || Fig. Il se dit de ce qui est aussi agréable queTest la rose. Les plus cruels tourments n’auront étéque roses, Rotroc. Tout chemin qui conduit à un pré-cipice est effroyable, fût-il couvert de roses, Fés. || Êtresur des roses, être couché sur des roses, sur un lit deroses, vivre dans la mollesse, jouir d’une félicité par-faite. || Fig. Il se dit d’un mélange de blanc et d’incar-