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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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ROT

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RO U

* ROTATOIRE, adj. En mécan. Qui est en forme de ro-tation. Mouvement rotatoire. (| En phys. Pouvoir rota-toire, la propriété dont est doué un corps do modifierle plan primitif de polarisation de la lumière polariséequi le traverse. || S. m. pl. Famille d’infusoires.

ROTE (ital. rota, roue; dit ainsi à cause de la succes-sion des jugements), s. /'.Juridiction delà cour de Rome,composée de douze docteurs nommés auditeurs de rote,et pris dans les quatre nations d’Italie, de France, d’Es-pagne et d’Allemagne.

ROTER, v. n. Terme bas et dont on évite de se servir.Faire un rot, des rots.

* ROTEUR, s. m. Celui qui rote.

RÔTI (voy. rôtir), s. m. Viande rôtie. || Fig. La fuméedu rôti, voy. fumée, j) Fig. On a accommodé cet hommetout de rôti, on l’a fort maltraité. || Fig. et famii. S’en-dormir sur le rôti, négliger ce qu’on a à faire. || Servicedu rôt. On est au rôti.

RÔTI, IE, p. p. de rôtir.

RÔTIE, s. f. Tranche de pain qu’on fait rôtir devantle feu. || Par extens. Tranche de pain sur laquelle on aétendu des confitures, du beurre, etc.

* ROTIFÈRE (lat. rota et ferre), adj. En zool. Quiporte un organe de rotation semblable à une roue. || -S.in. pl. En zool. Genre de rotateurs.

ROTIN ou ROTANG (ro-tangh’. Malai ralan), s. m.Genre de la famille des palmiers. || Partie de la tige durotang qui sert le plus ordinairement de canne.

RÔTIR janc. h. ali. rostjan), v. a. Faire cuire de laviande à la broche. || Fig. Il n’est bon ni à rôtir, ni àbouillir, il n’est propre à rien. || Un feu à rôtir unbœuf, un très-grand feu. [| Fig. Rôtir le balai, voy. balai.|| Rôtir au four, faire cuire de la viande dans le four,ij Griller, faire cuire sur le gril ou autrement. || Il se ditaussi de certaines choses qu’on fait cuire dans la braiseou dans les cendres. Rôtir des marrons. |[Par exagération,chauffer trop fortement. Se rôtir les jambes. j| Causerun effet comparé à la brûlure, en parlant de la chaleurdu soleil. Souvent le soleil rôtit les jeunes bourgeons.|| Il se dit, avec un sens d’ironie, du supplice du feu. || V.n. Être cuit à la broche, ou sur le gril, ou dans labraise. || Recevoir une trop vive chaleur. || Se rôtir, v. r.Être rôti. || Famii. Se chauffer de trop près. || Éprouverl’action d’un soleil ardent. Il se rôtit au soleil.

* RÔTISSAGE, s. m. Action de faire rôtir ou de rôtirquelque chose.

RÔTISSERIE, s. f. Le lieu où les rôtisseurs vendentleurs viandes.

RÔTISSEUR, EUSE, s. m. et f. Celui, celle qui venddes viandes rôties.

RÔTISSOIRE, s. f. Ustensile de cuisine qui sert à rô-tir 1a. viande.

ROTONDE (ital. rotonda, du lat. rotundus), s. f. Euarchit. Édifice de forme ronde par dedans et par de-hors, et surmonté d’une coupole. || Abri formé d’unepetite coupole, porté par des colonnes et ordinairementplacé dans un jardin. || Partie d’un manteau. || Caissesituée sur le derrière de certaines diligences.

ROTONDITÉ (lat. rotunditas), s. f. Famii. La ron-deur d’une personne fort grosse.

ROTULE (lat. rotula), s. f. En anat. Petit os plat,court, épais, triangulaire, à angles arrondis, situé à lapartie antérieure du genou. IJ Pièce du corselet des in-sectes. || Genre d’oursins. || Genre de champignons.

. ROTURE(lat. ruptura, action de briser la terre), s.f.État d’une personne ou d’un héritage qui n’est pas no-ble. Terre en roture. || Collectivement, les roturiers.

ROTURIER, 1ÈRE, adj. Qui n’est pas noble. Hommeroturier. Biens roturiers. || Fig. Qu’on ne méprise plusla pauvreté et qu’on ne la traite plus de roturière,Ross. || Qui appartient à la roture. Les vrais gentils-hommes ce sont les honnêtes gens, il n’y a que le vicede roturier, Boissy. || Qui est grossier (emploi vieilli).Cet homme a l’air roturier. Des façons roturières. |j S.m. et f. Un roturier, une roturière.

ROTURIÈREMENT, ado. A la manière des roturiers,selon les lois qui concernent la roture. Posséder unetarre roturièrement. || D’une manière basse et ignoble(sens vieilli). Cet homme-là pense roturièrement.

ROUAGE (roue), s. ni. Rois de rouage, celui qu’onemploie à faire des roues. || La réunion, l’ensemble desroues d’une machine. || Les roues mêmes. || Fig. Moyens,ressorts. Les rouages d’une administration.

ROUAN, ANNE (ital. rouano), adj. Se dit d’un chevaldont le poil est mêlé de blanc, de gris et de liai. Chevalrouan. Jument rouanne. || Robe rouanne, mélange, enproportions diverses, de poils noirs, rouges et blancs.Il Subst. Rouan vineux, cheval rouan sur la robe duquelle bai domine. || Rouan cap de more, voy. cap.

ROUANNE [roue), s. f. Instrument dont les employésdes contributions indirectes se servent pour marquer lespièces de vin. || Instrument pour marquer les bois decharpente. |J Compas du fermier.

ROUANNE, ÉE, p. p. de rouanner.

RO U AN N E R [rouanne], v . a. Marquer avec la rouanne.

ROUAN NETTE (dim. de rouanne), s. f. Petite rouanne.

ROUBLE (mot russe), s. m. Monnaie d’argent deRussie, qui vaut environ quatre francs de France.

ROUC, s. m. Voyez rock.

ROUCHE [ruche), s. f. T. de mar. Carcasse d’un na-vire sur le chantier.

ROUCOU, ROUCOUER, voy. rocou, rocoüer.«ROUCOULANT, ANTE, adj. Qui roucoule.

ROUCOULÉ, ÉE, p. p. de roucouler.

ROUCOULEMENT, s. m. Bruit que font les pigeonset les tourterelles en roucoulan!.

ROUCOULER (onomatopéel, v. n. Il se dit du mur-mure doux et tendre que font entendre les pigeons etles tourterelles. || Fig. et famii. Tenir des propos ten-dres et langoureux. || V. a. Roucouler une romance.

ROUCOUYER, s. m. Voy. rocouïer.

ROUDOU ou REDOUL (prov. rodor), s. m. Arbrisseaudu midi de l’Europe, dont les feuilles réduites en poudreservent à la teinture des étoffes et au tannage des cuirs.

ROUE (lat. rota), s. f. Machine de forme circulairequi, en tournant sur son essieu, sert à mouvoir quel-que chose. || Pousser à la roue, pousser une roue pouraider les chevaux à tirer la voiture, et fig. aider quel-qu’un à réussir dans une affaire. |] Fig. Mettre des bâ-tons dans les roues, voy. bâton. || Cela sert comme unecinquième roue à un carrosse, cela est tout à fait inutile.

|| T. de mar. Roue de gouvernail, roue que les timo-niers font tourner pour agir sur la barre du gouvernail.

|| Faire la roue, se dit des sauteurs qui font le moulinetavec leur corps, posant les mains en terre et levant lesjambes en l’air, puis retombant sur les jambes et levantles mains en l’air, et ainsi de suite. || En parlant dupaon, du dindon, déployer sa queue en rond. || Fig. etfamii. Cet homme fait la roue, il se pavane. || Èn méc.Pièce en forme de roue qui entre dans la compositiond’une machine et qui sert à la mouvoir. Les roues d’unehorloge, d’une montre, etc. || Roue à eau ou hydraulique,roue mue par l’eau. || Roue à sabots, roue destinée àl’irrigation. || La maîtresse roue, la roue principale d’unemachine. || T. de mar. Roue de cordage, cordage pliéplusieurs fois sur lui-même en rond. || T. de loterie.Roue de fortune, tambour en forme de roue, où l’onenferme les numéros pour les tirer au sort. || Fig. Laroue de la fortune ou simplement la roue, les vicissi-tudes dans les événements humains. (| Être au haut, auplus haut de la roue, être dans une grande, dans laplus grande élévation. || Être au bas, au plus bas de laroue, être dans un grand, dans le plus grand abaisse-ment. || Anciennement, genre de supplice dans lequel,après avoir rompu un condamné, on l’attachait sur uneroue. || Fig. Être sur la roue, souffrir de grandes dou-leurs physiques ou morales. || T. de couture. Roue, fauxourlet en étoffe rapporté au bas d’une jupe.

ROUÉ, ÉE, p. p. de rouer. j| Qui est en forme deroue. || Qui a subi le supplice de la roue. || Subst. Lespendus et les roués. || Nom donné, sous la régence duduc d’Orléans, à des hommes sans mœurs, ainsi ditsparce qu’ils étaient dignes de figurer sur la roue. || Engénéral, un homme sans principes et sans mœurs.

ROUELLE (lat. rotella ), s. f. Tranche de certaineschoses coupées en rond. Des rouelles de pommes.

|1 Rouelle de veau, partie de la cuisse du veau, au-dessusdu jarret jusqu’un peu avant le dessous de la queue.