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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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tiens. || Feu sacré, voy. feu. || T. d'antiq. Bataillon sacré,bataillon thébain, dans lequel les guerriers, liés d’amitiéles uns aux autres, ne s’abandonnaient jamais et mou-raient ensemble s’il le fallait. || Année sacrée, annéependant laquelle on célébrait des jeux périodiques.[| Langue sacrée, langue dans laquelle sont écrits les ou-vrages qui traitent d’une religion. || Il se dit des chosesqui méritent d’être vénérées inviolablement. Consultonsdes grands dieux la majesté sacrée, Cors. Sacrés monts,fertiles vallées, Rac. |J Sacré à,digne d’être respecté par.Les intérêts des Juifs déjà me sont sacrés, Rac. || Àquoi on ne touche pas. Cette portion de son bien luiétait sacrée, Fléch. || C’est un homme pour lequel iln’y a rien de sacré, il n’est retenu par aucune considé-ration de religion ni de morale. || il se dit des person-nes que leur qualité rend inviolables. La personne sa-crée du roi. || Sacrée Majesté, titre qu’on donne à l’em-pereur d’Autriche quand on lui parie. || S. m. Ce quiest sacré. Le mélange du sacré et du profane.

SACREMENT (lat. sacramentum) , s. m. Acte reli-ieux institué de Dieu pour la sanctification des âmes,es sacrements de l’ancienne loi, de la nouvelle loi.|l Chez les chrétiens, cérémonie destinée à la consécra-tion religieuse des diverses phases de la vie privée desfidèles ; les sacrements sont au nombre de sept. || Pri-ver des sacrements, refuser les sacrements. || S’approcherdes sacrements, se confesser et communier. || Fréquen-ter les sacrements, se confesser et communier souvent.|| Il a eu, il a reçu tous les sacrements, on lui a donnéles derniers sacrements, se dit d’un mourant qui a reçule sacrement de la pénitence, l’eucharistie et l’extrême-onction. || Le saint sacrement de l’autel ou absol. le saintsacrement, l’eucharistie. || L’ostensoir, le soleil d’or oud’argent destiné à renfermer l’hostie.

SACRER (lat. sacrare ), v. a. Conférer au moyen decertaines cérémonies religieuses un caractère de sain-teté. Sacrer un roi, un évêque. j| Fig. De quel pur dia-dème La gloire aurait sacré ton front! Lamartine.

SACRER (lat. sacrare), v. 11 . Famil. Jurer, blasphémer.

SACRE! (sacre), s. m. Tiercelet, le mâle du sacre.

SACRIFICATEUR (lat. sacrificator), s. m. Chez lesHébreux et chez les polythéistes, ministre préposé auxsacrifices. || Chez les Hébreux, grand sacrificateur, titredu souverain pontife. 11 Sacrificatrice, celle qui sacrifie ;prêtresse qui offre les sacrifices.

SACRIFICATURE, s. f. Chez les Hébreux et les poly-théistes, la dignité, la fonction de sacrificateur.

SACRIFICE ïlat. sacrificium), s. m. Chezles Hébreux,offrande faite a Dieu avec certaines cérémonies et con-sistant en des victimes ou des dons. Ce mot est tan-tôt passif: le sacrifice d'Abraham, le sacrifice fait parAbraham ; tantôt actif : le sacrifice dTsaac par Abraham.|| Offrir un sacrifice de louanges, célébrer les louangesde Dieu. || En un sens analogue, un sacrifice de larmes,de prières. || Chez les chrétiens, le sacrifice de Jésus-Christ, la mort de Jésus-Christ sur la croix pour la ré-demption du genre humain. Son sacrifice continuel,sa présence perpétuelle dans l’hostie consacrée. || Le saintsacrifice de la messe ou simplement le saint sacrifice, lesacrifice de la messe. || Absol. Le sacrifice, le saintsacrement. || Il se dit de ce qui était offert aux dieux,dans le polythéisme. On fit des sacrifices à Jupiter, Fén.jj Fig. Faire sacrifice, sacrifier. || Sacrifices humains,sacrifices dans lesquels la victime est un être humain.

( | Sacrifices sanglants, sacrifices dans lesquels on immoledes victimes. || Il se dit de la consécration à la vie re-ligieuse. Allez à l’autel, victime de la pénitence, allezachever votre sacrifice, Boss. |j Fig. Abandon, privation,perte à laquelle on se résigne. Faire un sacrifice d’ar-gent, de grands sacrifices pour l’éducation de son fils,le sacrifice de sa vie, de son honneur, etc.|| En peint. Ar-tifice qui consiste à négliger certains accessoires d[un ta-bleau, pour mieux faire ressortir les parties principales.

SACRIFIÉ, ÉE, p.p. de sacrifier.

SACRIFIER (lat. sacrificare), v. a. Offrir quelquechose à Dieu avec certaines cérémonies. Sacrifier desvictimes. |) Absol. Sacrifiera Dieu. || Chez les chrétiens,sacrifier le corps et le sang de Jésus-Christ, faire lesacrifice de la messe. || Absol. Sacrifier. [| li se dit des

sacrifices offerts aux dieux, dans le polythéisme. Sa-crifiez Iphigénie, Rac. || Absol. Et pour sacrifier on n’at-tend plus que vous, Corn. || Fig. Sacrifier aux Grâces,voy, grâce. || Fig. Sacrifier à, écouter, obéir. Vous avezsacrifié à l’amitié et à la vérité, Volt. || Sacrifier auxpréjugés, à la mode, au goût de son siècle, s’y confor-mer par faiblesse avec excès.|| Sacrifiera ou pour..., re-noncer à..., pour l’amour de Dieu ou d’une personne.Sacrifier à Dieu son ressentiment. J’ai tout sacrifié pourvous. || Absol. Elle a toujours sacrifié ses ressentiments,Fléch. || Perdre ou délaisser quelqu’un ou quelque choseen vue de quelque chose. Sacrifier sa fortune à souhonneur, un ami à un bon mot, etc. || Sacrifier toutson temps, tout son loisir à une chose, l’y consacrertout entier. || Sacrifier son repos, son bonheur, etc. à celuid’un autre, renoncer au repos, au bonheur, etc. pourles assurer à un autre. || Sacrifier tout à ses intérêts,faire céder toutes choses à ses intérêts.! | On dit de même :Sacrifier tout à sa passion, à son ambition, à la ven-geance, etc. || Sacrifier quelqu’un, le faire périr; et aussile rendre victime de quelque vue, de quelque passion,de quelque intérêt. Sacrifier quelqu’un à son ambition,à son ressentiment. || Absol. On a sacrifié les meilleurestroupes pour une attaque inutile. || Subordonner, met-tre dans un rang inférieur. L’auteur a entièrement sa-crifié ce rôle de Maxime, Volt. ||Se sacrifier, v. r. S’offriren sacrifice. || Fig. Se rendre victime de quelque inté-rêt, de quelque dévouement. Ah! quelle grande vic-time se sacrifie au bien public! Ross. || Se consacrer en-tièrement. Se sacrifier entièrement aux sciences. || Sesacrifier pour quelqu’un, se dévouer à lui sans réserve.

SACRILÈGE (lat. sacrilegium), s. m. Action impiepar laquelle on profane les choses sacrée!. || Toute actioncontre une personne sacrée, digne de vénération, d’é-gards. La personne des rois est sacrée, et attenter sureux est un sacrilège, Boss. jj Fig. et famil. C’est un sa-crilège, c’est une action qui déparerait une chose à la-quelle on attache un grand prix.

SACRILEGE (lat. sacrilegus), adj. Qui commet unsacrilège. Des mains sacrilèges. Un prêtre sacrilège.|| Subst. Celui, celle qui commet un sacrilège. || Qui a lecaractère du sacrilège, en parlant des choses. Les excèssacrilèges dont nous abhorrons la mémoire, Boss.

SACR1LÉGEMENT, adv. D’une manière sacrilège,avec sacrilège.

SACRIPANT(ital.Sncrî;jfl«fe,personnagederArioste),s.m. Rodomont, faux brave, tapageur. [| Un querelleur,mauvais sujet, homme capable a un mauvais coup.

SACRISTAIN (voy. sacristie ), s. m. Celui qui a soinde la sacristie d’une église.

SACRISTIE (b. lat. sacristia, du lat. sacer), s. f. Lieuoù sont déposés les vases sacrés, les ornements de l’é-glise, et où les prêtres et les desservants vont se revêtirdes habits en usage pou r les offices. 11 Ce qui est contenudans la sacristie. La sacristie de cette paroisse est fortriche. || Le profit qu’on tire de ce qui est donné pourfaire dire des messes, des services et des prières.

SACRISTINE (sacristain), s. f . Celle qui dans un mo-nastère de filles a soin de la sacristie.

* SACRO-SAINT, AINTE (lat. sacrosanctus ), adj. Saintet sacré. La sacro-sainte Eglise romaine.

SACRUM (sa-krom’. Lat. os sacrum), s. m. Enanat.Os symétrique et triangulaire placé à la partie posté-rieure du bassin et faisant suite à la colonne vertébrale.|| On dit aussi l’os sacrum.

SADUCÉEN (hébreu zadukim, les fils de Zadok), a,m . Membre d’un secte de Juifs qui niaient l’immortalité'de l’âme et la résurrection des corps. || Adj. Saducéen,saducéenne, qui appartient à la secte des saducéens.

SAOUCÉ1SME, s. m . Doctrine des saducéens.

SAETTE, s. f. Voy. sagette.

SAFRAN (itai. zafferano, de l’arabe âz-za'ferân), s,m. Plante bulbeuse, qui porte une fleur bleue mêlée derouge et de purpurin. [{ Stigmates de la fleur qui, ré-duits en poudre, donnent une couleur jaune à la liqueuroù on les met. || Être jaune comme du safran, commesafran, être très-jaune, avoir la jaunisse. || Jaune safran,jaune comme le safran. || Subst. Le jaune safran. || Poé-l.i*v- Le safran, la couleur jaune et pourprée du jour qui