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Dictionnaire de la langue française / abrégé du dictionnaire de É. Littré ; avec un supplement d'histoire et de géographie par A. Beaujean
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SCE

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S Cil

le chancelier ou ministre de la justice. || Les sceaux,fonction de chancelier. || Le sceau, l’action de sceller, letemps et le lieu où l’on scelle. Il y aura sceau tel jour.

|| Ces lettres de grâce ont passé au sceau, on les a scel-lées. || S’opposer au sceau, s’opposer à ce que des let-tres soient scellées. |) Les sept sceaux, les sceaux quiscellaient le livre décrit dans l’Apocalypse. || Fig. Ce quiferme, scelle. 11 Fig. Ce qui donne une marque éminente,une perfection. Sur le front des mortels il [Dieu] mit sonsceau divin, Volt. || Le sceau de, le caractère éminentde. La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge,Volt. || Mettre le sceau à une chose, la consommer, larendre entière. || Le sceau du génie, de la perfection,se dit des ouvrages que le génie seul a pu produire, oùla perfection est portée à un très-haut degré. 11 Sceau deréprobation, sorte de note d’infamie qui fait qu’un hommeest repoussé ou évité par les autres. || On dit dans lestyle soutenu : Marquer du sceau de sa colère, du sceaude sa vengeance. || Sous le sceau du secret, à conditionque le secret en sera inviolablement gardé. Sous le sceaude la confession. || Anciennement, marque de fabrique.Les draps du sceau de Rouen. || En bot. Sceau de Salo-mon, polygonatum vulgare.

SCEL (sêl’l, s. ni. T. d’ancienne chancellerie. Sceau.Sous le scel du Châtelet de Paris. Le scel secret du roi.

SCÉLÉRAT, ATE (lat . sceleralus), aclj. Coupable oucapable de grands crimes. || En parlant des choses, qui a lecaractère des grands crimes. Une action scélérate. || S.m. et /'. Un scélérat. Une scélérate. [| Par plaisanterie.Adieu, l'aimable scélérat ; écrivez-moi donc de temps entemps, Sév. || Scélérate, s. f. Espèce de renoncule.

SCÉLÉRATESSE, s. f. Méchanceté du seélérat. Desmaximes de scélératesse. || Acte de scélérat.

SCÉLITE (sé-li-t’. SzsJo;), s. f. Pierre figurée imitantla forme d’une jambe humaine.

SCELLÉ, s. m. Sceau apposé à des serrures, à un ca-binet, etc. par autorité de justice, pour empêcher deles ouvrir. Apposer, briser les scellés. i|Bris de scellé,délit que l’on commet en brisant un scellé.|| Acte scellé.

SCELLÉ, ÉE, p. p. de sceller.

SCELLEMENT, s. m. T. de maçonnerie. Action desceller. || L’ouvrage qui en résulte. Un bon scellement.

11 Extrémité d’une pièce de bois ou de métal, qui, engagéedans un trou, y est retenue par du plâtre, du mortier, etc.

SCELLER (scel), v. a. Appliquer le sceau aune let-tre de chancellerie. Sceller un édit. || Absol. Scelleren cire rouge. || Appliquer les scellés. || T. de maçon-nerie. Fixer l’extremité d’une pièce de bois ou demétal dans un mur, dans la pierre ou dans le marbre,avec du plomb, du plâtre, du mortier, etc. Sceller unbalcon. || Sceller un vase, une bouteille, les boucher avecune espèce de mastic. || En chim. Sceller hermétique-ment un vaisseau de verre, en fermer le col en en fai-sant fondre les bords à la lampe d’émailleur. || Fig. Con-firmer, affermir. Ils ont scellé de leur sang les véritésqu’ils ont annoncées, Boss. || Se sceller, v. r. Être scellé..

SCELLEUR, s.m. Celui qui scelle, qui appose le sceau.

SCÈNE (lat .scena, de •rxvpïj), s. f. Partie du théâtreoù jouent les acteur#. || Avant-scène, voy. ce mot à sonrang. || Mettre un ouvrage en scène, régler la manièredont les acteurs doivent le représenter. || On dit en cemême sens : La mise en scène d’une pièce. || Mettre unpersonnage sur la scène, le représenter dans un ouvragedramatique.|| On dit de même : Mettre, transporter unévénement, une action sur la scène. || Par extens. Mettresur la scène, mettre en scène quelqu’un, lui faire jouerun rôle, lui donner une place dans une composition litté-raire ou artistique. ||En scène, sous les yeux du publicen une représentation quelconque. || Être en scène, sedit d’un acteur qui n’oublie pas un seul moment le rôlequ’il joue. || Fig. Il est toujours en scène, se dit d’unhomme qui a toujours un maintien apprêté, comme si ungrand nombre de personnes avaient les yeux sur lui.|| Fig. Paraître sur la scène, être nommé à un emploi quiattire les yeux ; commencer à prendre une part aux affairespubliques. || On dit dans le même sens : Occuper lascène, paraître, figurer, briller sur la scène du monde.I| Décoration du théâtre. La scène représente un palais.La scène change à vue. || Fig. La scène change, un chan-

gement considérable survient dans une affaire, dans lesaffaires. || L’action même qui fait le sujet de la piècequ’on représente. La scène est à Paris. || Fig. L’artdramatique. Racine a illustré la scène. || l.a scène tragi-que, la tragédie. La scène comique, la comédie. Lascène lyrique, l’opéra. || La scène française, la littéra-ture dramatique en France. || Partie “d’un acte d’unMême dramatique.|| Ensemble d’objets qui s’offrent àa vue. Le pays offre une foule de scènes variées. || Fig.

Il se dit de ce que l’on compare à la scène d’un théâtre.Un certain jardin devait être la scène de cette fête, Ha-milton. || Fig. Toute action qui offre quelque chose deremarquable, d’extraordinaire. Des scènes de plaisir.

| Sorte d’esclandre. 11 vous parle si haut que c’est unescène pour ceux qui passent, la Biujï. || Il ne faut pointdonner de scène au public, il faut cacher au public desdébats qui exciteraient sa malignité. I| Faire une scèneà quelqu’un, l’attaquer violemment de paroles.

SCÉNIQUE (lat. scenicus), adj. Qui a rapport à lascène, au théâtre. Les jeux scéniques. || Style scénique,style de la scène, du théâtre.

SCÉNOGRAPHIE (vzvjvoypapia), s. f. En peint. Art quiconsiste à dessiner les édifices, les sites, les villes, etc.en perspective. 11 Art de peindre les décorations scéni-ques. || Les représentations mêmes, les objets représen-tés. La scénographie d'un palais et de scs jardins. || T.de maçonnerie. Art de représenter un édifice en relief.

SCÉNOGRAPHIQUE (vjojvoy^apixoç), adj. Qui a rap-port à la scénographie.

SCÉNOPÉGIE (trxvjvOTivr/ia), s f. Kom que les Grecsdonnaient à la fête des Tabernacles des Juifs.

SCEPTICISME (voy. sceptique), s. m. Doctrine desphilosophes qui doutent et qui examinent. || Doctrinedes philosophes pyrrhoniens. || Il se dit, dans le lan-gage général, de ceux qui affectent de douter de tout.

SCEPTIQUE («STtvixos), adj. 11 se dit d’une secte dephilosophes anciens, les pyrrhoniens, dont le dogmeprincipal était de douter de tout, et par extension deceux qui, chez les modernes, suivent les doctrines pyr-rhoniennes, ou qui professent le doute philosophique.

11 Qui a rapport à cette secte. Philosophie sceptique. || Quiaffecte le doute sur toute chose. || Subst. Un sceptique.

* SCEPTIQUEMENT, adv. D’une manière sceptique.SCEPTRE (lat. sceptrum, de mefarpov), s. m. Chez

les anciens, bâton de commandement qui était un dessignes de l’autorité royale. 11 Bâton court, surmonté d’unaigle, d’une fleur, d'une boule ou autre ornement, que lesconsuls et les empereurs romains, les empereurs grecset les souverains de l’Europe portèrent de la main droitecomme symbole de l’autorité suprême. || Fig. Depuis lesceptre jusqu’à la houlette, depuis les rois jusqu’auxbergers. || Fig. Le pouvoir souverain, l’autorité monar-chique. || Fig. Le sceptre et l’encensoir, l’autorité mo-narchique et l’autorite sacerdotale. |{ Un sceptre de fer,une autorité dure et despotique. |[Fig. Boileau tenait lesceptre du Parnasse. 1 1 Fig. Supériorité, prééminence. Lesceptre de l’éloquence, du génie, etc.

SCHABRAQUE (cha-bra-k’. Ail. Schabrake), s. f.Pièce de drap ou de peau de mouton destinée à recou-vrir la selle et la charge sur le dos du cheval. Une scha-braque de hussard. || Quelques-uns écrivent chabraque.

SCHAH (châ. Ane. persan khsathra, roi), s. m. Titreque les Européens donnent au souverain de la Perse.

SCHAKO (cha-ko. Hongrois shako), s. m. Sorte decoiffure à l’usage de quelques troupes à cheval et de la plu-part des corps d’infanterie. 11 On écrit plus souvent shako.SCHALL (châl’), s. m. Voy. châle, seul usité.

* SCHAPSKA (chap-ska. Polonais czapacka), s. m.Schako polonais, dont le dessus est carré; c’est la coif-fure des lanciers.

SCHEIK (cheik’), s. m. Voy. cheik.

* SCHELEM (che-ièm), s. m. Voy. chelem.

SCHELLING (ohe-lin. Anglais shilling), s. m. Nom de

diverses monnaies d’Allemagne, de Flandre et de Hol-lande. || Monnaie d’argent anglaise qui vaut I franc 12centimes de notre monnaie.

* SCHÉMA (ské-ma) ou plus souvent SCHÈME (skè-m’.2x>;iia), s. m. Chez les anciens, nom générique desfigu-resetde toutes lesformesouornementsdu style. || Repré-