VUE
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clair. || Tant que la vue se peut étendre, jusqu’où la vuepeut porter, jusqu’où les yeux peuvent apercevoir. || Leregard même. Ébloui d’un éclat si fort, je suis con-traint de baisser la vue, Boss. || Fig. Quoi! de quel-que côté que je tourne la vue, La loi de tous les cœursest pour moi disparue 1 IUc. || Fig. Jeter la vue sur,examiner, considérer. || Tout d’une vue, d’une seulevue, d’un seul et même regard. Ils ont l’esprit pluslibre pour envisager d’une seule vue le gros de l’ou-vrage, Féx. || Fig. Avoir la vue sur quelqu’un, veil-ler actuellement sur sa conduite. || Les yeux, l'organede la vue. La troupe des chasseurs, au héros accourue,Par des cris redoublés lui fait ouvrir la vue, la Font.|| Le soleil me donne dans la vue, il me frappe l’œil etme gène. || Fig. Donner dans lu vue, frapper par un éclatagréable ; exciter l’attention, le désir, l’ambition. || T. dechasse. Chasser à la vue ou à vue, voir la bête en la pour-suivant. || Vue, fanfare que l’on sonne lorsqu’on voitl’animal par corps. || T. de mar. Tenir un navire envue ou à vue, combiner sa route ou ses manœuvrespour ne pas cesser de le voir. || Périr par non-vue,périr faute d’avoir eu assez de temps ou de jour pourapercevoir les côtes ou les rochers. || Lunette de lon-gue vue, ou longue-vue, voy. long. || Seconde vue,prétendue faculté que l’on attribue à certains individus,de voir, par l'imagination, des choses qui existent endes lieux éloignés. || Fenêtre, ouverture d'une maisonpar laquelle on voit sur les lieux voisins. || Vue de servi-tude, de souffrance, celle qu'on doit souffrir en vertud’un titre. || Partie du casque où sont ménagées desfentes ou des trous correspondant aux yeux de l’hommed’armes. |{ En lilas. Grilles qui ferment un casque.|| Inspection des choses qu’on voit. Regardez ces étoffes,la vue n’en coûte rien. || D’une première vue, à la pre-mière vue, la première fois qu’on voit. Juger d’unechose à la première vue. || Déchiffrer un morceau à lapremière vue ou à première vue, le jouer, le chanter sansl’avoir étudié préalablement. || T. de banque et de com-merce. Payable à vue, payable au moment de la présen-tation. || En théol. La vue de Dieu, état des bienheureuxqui voient Dieu, et fig. le souvenir incessamment présentde Dieu. || Fig. Il se dit de l’esprit qui voit les chosesintellectuelles, comme le corps voit les choses matériel-les. La longue expérience des choses passées et l’habi-tude du travail leu r donnaient de grandes vues sur touteschoses, Fés . 11 II se dit de Dieu en un sens analogue. Rienn’est caché à la vue de Dieu. || Fin qu’on se propose, con-sidération. Dans la vue de vous plaire.|| En vue de, dansl’intention de, en considération de. || Avoir une choseen vue, se la proposer pour objet. || Avoir quelqu’un envue, faire une chose à l’intention de quelqu’un, soit enbien, soit en mal ; faire allusion à lui ; vouloir donnerà quelqu’un un emploi, une faveur. || Avoir des vues surquelqu’un, avoir l'intention de l’employer à quelquechose. || Avoir des vues sur quelque cnose, souhaiter del’obtenir. || Jeter ses vues sur quelqu’un, sur quelquechose, songeràcapter quelqu’un, à gagner quelque chose.|| Projet, dessein. Dites-moi donc vos vues pour cet hiver,Sév. || Manière de voir, opinion. Tous ces auteurs ont desvues très-différentes, Ross. |j Aperçu, idée. Votre lettreest pleine de vues fines. Volt. 11 Point de vue, le point surlequel la vue se dirige ou s’arrête. || Point de vue ousimplement point, le degré de longueurqu’il faut donnerà une lunette pour que la vision soit distincte. Mettreune lunette à son point de vue, à son point. || En parlantdes lunettes à lire, elles sont, elles ne sont pas à monpoint, la distance à laquelle elles font converger lesrayons lumineux convient ou ne convient pas à ma vue.|| Assemblage d’objets sur lesquels la vue se dirige ets arreté dans un certain éloignement. Un beau point devue. || Fig. L’âme n’a qu’un point de vue, qui est le ciel;hors de là, rien ne l’inquiète, Boobd. || T. de perspec-uve. Point de vue, endroit précis où il se faut placerpour bien voir un objet ; celui où l’objet doit être placépour etre bien vu. || Point de vue, le point que le peintreou le dessinateur choisit pour mettre les onjets en per-spective et vers lequel il dirige tous les rayons qui sontcenses partir de l’œil du spectateur. (| Fig. Les diffé-rentes maniérés dont un- homme ou une affaire peut ou
doit être considérée. La vie privée est presque toujoursle point de vue le moins favorable à la gloire des grands,Mass. || Fig. et i'amil. C'est là son point de vue, c’est àcela qu’il aspire. || Avec dans. A mesure que Richelieus’éloigne de nous, il est mieux dans son point de vue,Fén. || Avec sous. L’on réunit sous un même pointde vue les préceptes et les exemples que l’Écriturenous fournit, Boss. Us voient le sujet sous un point devue, et l’auteur l’a envisagé sous un autre, Volt. || Àvue, loc. adv. En conservant le regard sur. || Garderun prisonnier à vue, le garder de manière à ne pas cesserde le voir. || A vue de, à la distance où l’on aperçoit. Kousmouillâmes à vue de terre. ||A,vue d’œil, autant qu’on enpeut juger par la vue seule. || A vue d’œil, d’une manièrevisible, sensible. || A vue de pays, en se dirigeant, sanssavoirlaroutedel’endroitoù l’on va, surl’aspectdes lieux,et lig. eu se réglant sur ce qu’on sait, sur cequ'on imagine.|| Fig. Juger à vue de pays, juger en gros et sans entrerdans le détail. || De vue, avec la vue. || Connaître quel-qu’un de vue, le connaître pour l'avoir vu seulement, leconnaître de visage, j] Perdre une personne, une chosede vue, ne plus 1 apercevoir. || Ne pas perdre quelqu’unde vue, le surveiller soigneusement. [| Fig. Perdre devue une personne, cesser de la voir, de la fréquenter ;être longtemps sans en entendre parler. || Fig. Perdrede vue une affaire, cesser de s’en occuper. || Fig. Perdreun sujet de vue, faire une digression. || Fig. Perdre devue, ne pas suivre en idée un objet. || Fig. On ne peut lesuivre, on le perd de vue, se dit d’un homme qui tientdes discours difficiles à suivre, à comprendre. 11 Fig.Se perdre de vue, cesser d’exercer la surveillance sursoi-même, de se connaître. || Se perdre de vue, êtreperdu de vue, cesser d’être aperçu, d’être pris en con-sidération. || A perte de vue, si loin qu’on ne peut dis-tinguer les objets. || Fig. Des spéculations à pertede vue. || A perte de vue se dit aussi de choses quine finissent pas. ïie vous amusez point à répondre auxdiscours à perte de vue que je vous écris dans mon-loisir, Sév. || F'ig. et famil. Raisonner à perte de vue,faire des raisonnements vains et vagues qui n’aboutis-sent à rien. 11 On dit de même : Des raisonnements à pertede vue. || Én vue, de manière à être vu, 3perçu. Cesmarchandises sont bien en vue. Mettre une chose en vue.|| Être en vue, pouvoir être aperçu.
*VULCAIN (lat. Vulcanus), s. m. T. du polythéisme.Le dieu du feu, fils de Jupiter et de Junon. ]| Fig. etpoétiq. Forgeron. || Espèce de papillon.
* VULCANIEN, IENNE, adj. En gêol. Se dit de l’hypo-thèse qui attribue au feu la formation de la terre, ainsi queles principales révolutions qui en ont modifié la surface.11 Subst. Les vulcaniens, les partisans de cette hypothèse.
* VULCANIQUE, adj. En géol. Qui appartient à l’incan-descence centrale de la terre.
* VULCANISAT ION, s./*. Combinaison d’une petite quan-tité de soufre avec le caoutchouc.
* VULCANISER, v. a. Faire subir au caoutchouc la vul-canisation.
* VULCANISME, s. m. En géol. Hypothèse qui attribueau feu la formation de la croûte du globe.
* VULCANISTE, s. m. Partisan du vulcanisme.
VULGAIRE (lat. vulgaris ), adj. Qui se voit commu-nément parmi les hommes. Opinion vulgaire. || Ere vul-gaire, voy. ère. || Plantes vulgaires, celles qu’on ren-contre à chaque pas. |j Langues vulgaires, se dit deslangues vivantes, par opposition à langues savantes oulangues mortes. |[ Qui ne s’élève, ne se distingue parrien. Des mérites vulgaires. Le sujet ne veut pas devulgaires efforts, Boileaü. || Qui appartient aux classesque rien ne distingue, en parlant des personnes. C’estaux hommes vulgaires un trop grand effort que celuide... Boss. || Trivial, bas. Pensées, sentiments vulgaires.
11 Sans distinction, en parlant des personnes. Esprit, poètevulgaire. ]| S. m. Le commun des hommes. || 11 se ditde ceux qui dans une classe ne se distinguent pas. Il ya le vulgaire des grands et le vulgaire du peuple, Volt.
I Ce qui est sans distinction. Donner dans le vulgaire.
| Le vulgaire, nom donné aux langues romanes (languea’oïl, langue d’oc, italien et espagnol], par opposition auI latin, qui était la langue savante.