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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE
sans doute pensé que cette racine pousse sur les arbreset s’est tenu le nez en l’air.
Séo-Kvi fut mortifié de cette plaisanterie, mais restasilencieux et morne, ruminant à part son idée fixe.
— Allons, prends ton couteau, coupe un morceau etmange avec nous, dit Lonkhou en montrant le chevreuilcuit sur la braise.
— Je n’en veux pas, répondit Séo-Kvi en maugréant.
Et se rapprochant du feu, il alluma sa pipe.
— Il fait fi de mon rôti ! dit Lonkhou ; as-tu mangédes bêtes crevées ?... Et dormir, ça te va-t-il ?
— Je ne veux pas dormir non plus, dit Séo-Kvi d’unair fâché et en soufflant dans sa pipe.
— Voilà qui vaut mieux, camarade, dit Lonkhou,nous n’en pouvons plus de fatigue.... nous dormironscomme des morts.... toi, tu veilleras sur le feu, bien quece ne soit pas ton tour.
Rien ne pouvait mieux favoriser les projets de Séo-Kvi que cette proposition. Les chercheurs fatigués dor-mirent jusqu’à l’aube. Lonkhou se réveilla le premier.Il fut étonné de voir le feu éteint et de ne pas trouverle veilleur à son poste. Sa première idée fut que le Mand-chou avait été emporté par un fauve. Il réveilla ses com-pagnons pour leur annoncer ce nouveau malheur. Pour-tant il n’y avait nulle trace de lutte. Pas une goutte desang ne tachait l’herbe. Alors Lonkhou fut pris d’uneautre appréhension : il passa la main sous sa veste et ensortit le paquet d’écorce de bouleau dans lequel il gar-dait son genn-chenn. Cette plante précieuse est conservéedans de l’écorce de bouleau roulée remplie de terre noirequ’on renouvelle chaque jour.
« Il est intact, » se dit-il avec un soupir de soulage-