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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE
Lonkhou, qui était toujours en avant, vit tout à coup,sortant d’un taillis, deux pieds d’homme, la plante enl’air. On ne distinguait pas le corps, qui disparaissait sousl’inextricable fouillis des buissons. Lonkhou compritd’emblée qu’il avait sous les yeux le cadavre de Séo-Kvi.
— Le voilà, ce chien crevé ! dit-il haletant et donnantun coup de crosse dans les pieds tuméfiés et ensanglantésqui émergeaient du fourré.
— Allons, tirez-le sur la piste ! commanda-t-il.
Ki-Sé et Li-Fou saisirent les deux chevilles et tirèrent
de toutes leurs forces. Les branches craquèrent, mais lecorps de Séo-Kvi ne céda pas à la pression, comme s’ilétait collé au buisson.
— Oh ! le chien ! cria Lonkhou avec colère et en semettant à son tour à tirer; il a dû avant de mourirs’accrocher avec les dents à une branche.
Ils s’efforcèrent tous ensemble de dégager le cadavre,lorsqu’ils sentirent tout à coup les jambes de Séo-Kvireprendre vie et trembler convulsivement.
Une plainte monta du fourré. Les chercheurs conti-nuèrent à tirer par les pieds ce corps encore vivant.
— Il vit ! cria Lonkhou devenu tout pâle, quel Saïtanle retient dans les broussailles?
Sans ajouter une parole il donna un coup de hachedans le tailllis et disparut. Quelques instants plus tard ilrevint pâle et le visage défait.
— Allons-nous-en !... il a crevé.... dit-il. Et il marchanerveusement en avant.
— Qu'est-ce qui le retenait?
— Il mérite cette mort.... Le divin Fo lui-même l’apuni pour sa conduite envers ses camarades.
— Mais de quoi est-il mort? Il vivait encore quandnous l’avons tiré.