LE RÉALISME EN AMÉRIQUE
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Appelé à vivre dans la grande ville de l’Ouest, c’estChicago, tout naturellement, qu’il décrit surtout ; cesont les drames de l’argent, ce sont les luttes épiques,les triomphes et les défaillances des hommes d’affairesqu’il a étudiés. Il a cherché à poursuivre son œuvresans parti pris, sans haine, d’une façon impersonnelle,peut-être même un peu hautaine, mais en honnêtehomme très préoccupé des problèmes sociaux qui se dé-veloppent crûment, dans un centre comme celui deChicago. Et, plus il va, plus M. Herrick semble con-vaincu que la plaie de l’Amérique, le cancer qui la rongeet menace les sources mêmes de sa vie, c’est la tropgrande richesse de quelques-uns, à côté de la misèrepoignante des autres. Ceci, certes, n’a rien de nouveau.C’est le problème du monde entier. Seulement, dans lepays des milliardaires, la crise devient de plus en plusaiguë, de plus en plus effrayante. M. Herrick a étéaccusé d’une sorte de socialisme, à la façon des philoso-phes qui, de leur fauteuil, au coin du feu, regardent s’a-giter un monde de demi-fous.
Socialiste ou non, M. Robert Herrick, dans ses ro-mans sobres, nets, forts, parfois un peu secs, prêche lavie simple, le mépris de l’or, les vertus humbles, le tra-vail. Bien entendu, c’est par ses récits mêmes qu’il éla-bore sa thèse. M. Herrick est bien trop de son tempspour jamais parler ex cathedra.
Dans le roman The Web of Life (La trame de la vie),un jeune chirurgien, Sommers, s’en va, de son plein gré,loin des quartiers riches, soulager d’humbles misères.Mais c’est surtout dans sa dernière œuvre, The CommonLot (Le sort commun) que M. Herrick se révèle commele défenseur des classes laborieuses contre les trop riches,et qu’il prône l’humble travail, la paix dans la médiocrité.