CHRONIQUE ALLEMANDE
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dioses. En attendant, on publie ferme sur le poète. La maisonCotta met en vente quatre nouveaux volumes de sa belleédition de jubilé, dont deux consacrés aux œuvres historiqueset les deux autres aux œuvres philosophiques.
Schiller disait que l’histoire n’était pas sa vraie vocation. «Jeserai, écrivait-il, toujours une mauvaise source pour un his-torien futur qui aura le malheur de s’adresser à moi. L’histoiren’est qu’un aliment à mon imagination et il faut que les sujetsconsentent à se laisser manier par moi. » Le poète n’était pointjuste pour ses créations historiques. Je viens de relire les deuxplus célèbres, la Révolte des Pays-Bas, et la Guerre de Trenteans, et je suis plein d’admiration. Traits larges et aisés, art degrouper les événements et d’en montrer la liaison, portraitsvivants qui font admirablement ressortir les physionomieshistoriques, Schiller a toutes ces qualités à un haut degré.L’érudition a pu mettre au jour certains faits nouveaux et rec-tifier des erreurs de détail. Dans ses grandes lignes elle n’arien changé à la conception de Schiller, qui reste vraie malgréles années.
Les œuvres philosophiques de Schiller sont moins connuesque ses œuvres historiques. Elles renferment pourtant d’inté-ressants essais, ceux par exemple sur la Philosophie de la phy-siologie et sur les Rapports du physique et du moral. Mais dansla philosophie, ce que Schiller goûtait surtout, c’étaient lesquestions d’esthétique et de morale : de là ses études sur L’arttragique, Pourquoi les tragédies plaisent, Le sublime, L’éduca-tion esthétique de l’homme, La poésie naïve et la poésie sen-timentale. M. Oscar Walzel qui, à ces volumes, a joint unefort bonne étude sur Schiller philosophe, montre avec beaucoupde finesse que notre auteur ne considéra jamais la philoso-phie que comme une branche de la psychologie ; il lui de-mandait ce qu’il demandait à l’histoire, la connaissance del’homme intérieur.
— Innombrables sont les biographies de Schiller qui ontparu l’année dernière et cette année. Dirons-nous qu’elles onttoutes un air de ressemblance et qu’il en est fort peu d’origi-