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BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE
malgré de dures épreuves, et aboutissant à cette conclusion,un peu vague peut-être, mais bien faite pour les encourager :« Les deux forces que Mandert avait évoquées un jour ne luiapparaissaient plus comme deux fleuves roulant, en sens con-traire, leurs eaux ennemies; il les voyait couler vers le mêmebut et il lui semblait que leurs flots, toujours plus larges et plusbleus, finissaient par se réunir pour se jeter dans la grande merde la Vie. »
Le roman de M. V. Rossel est une œuvre fortement penséeet qui fait penser. A. V.
La littérature française d’aujourd'hui, par J.-Ernest
Charles. — i vol. in-12. Paris, Perrin & C ie ,.
La littérature d’aujourd’hui et la littérature de demain, quelssont les principaux caractères et les conditions de la productionlittéraire actuelle, et que peut-on en conclure pour l’avenir ?Voilà ce que M. J.-Ernest Charles se propose d'examiner. Matièredifficile et complexe. Nous manquons du recul nécessaire pourbien juger notre époque, nous ne pouvons pas assez nous abs-traire du présent. Cependant, il y a des faits généraux, des carac-tères qui s’imposent à l’esprit. La confusion actuelle des genres,l’omnipotence du roman, qui tend à s’élargir, qui aborde tous lessujets, et réfléchit, de ses multiples facettes, des aspects de plusen plus nombreux et variés de la vie et de la pensée moderne.Puis il y a la disparition du héros littéraire, du génie, le manquedu maître qui orienterait, qui réunirait en faisceau les forces lit-téraires anarchistes et divergentes. Mais, à cette heure où toutle monde écrit et où les talents pullulent, les hommes ne sem-blent plus pouvoir différer que par le degré de leur talent etl’amplitude de cette variable paraît bien restreinte.
Un autre fait frappant, c’est l’industrialisation de la littérature,les effets déplorables du journalisme, la réclame de plus en pluséhontée et la bassesse des mœurs littéraires. Autant de questionsque l’auteur aborde avec perspicacité et de vigoureuses protes-tations contre la veulerie morale actuelle. Suit une galerie decontemporains. M. J.-Ernest Charles aime à dire ce qu’il pense,il ne l’envoie pas dire, certes, et il faut voir le beau courage aveclequel il attaque des renommées qu’il juge peu méritées. Il y vaavec une furie et une vigueur toutes juvéniles. On dirait d’un