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PORT-ROYAL.
mus.... Nous tous qui participons au même pain et aumême calice..., » ce verset parut sur l’heure à tousd’une signification divine, et nous paraîtra à nous-mêmed’une application touchante. — Durant les années lesplus étroites de la persécution, Port-Royal avait eu sesincidents hardis et comme ses aventures de sainteté.M. de Sainte-Marthe, confesseur de cette maison, sau-tait la nuit par-dessus les murs pour aller porter lacommunion aux religieuses malades, et cela de l’avisde l’évêque d’Aleth; en sorte, nous dit Racine, qu’iln’en est pas mort une sans les sacrements 1 . Ce mêmeM. de Sainte-Marthe, le plus doux et le moins audacieuxdes hommes, partait souvent le soir de Paris, ou de lamaison qu’il habitait près de Gif, et arrivait, le longdes murailles du monastère, à quelque endroit convenud’avance et assez éloigné des gardes : là, il montait surun arbre assez près du mur, au pied duquel, en dedans,étaient venues les religieuses du côté des jardins, et,du haut de cet arbre, il leur faisait de petits discourspour les consoler et les fortifier. C’était pendant l’hiver.On ne se séparait qu’après avoir fixé l’heure du pro-chain rendez-vous pareil. Voilà presque du scabreux,ce me semble, voilà les balcons nocturnes de Port-Royal. — Dans la vie des personnages d’alentour, deces nobles dames qui se dérobaient au monde pour serattacher, par Port-Royal, à l’Eternité, bien des traitsdélicats de cœur humain et de poésie voilée nous souri-ront. La duchesse de Liancourt, pour retirer son maridu tourbillon où il s’égarait, se mit à embellir la terrede Liancourt, qu’elle lui rendit de la sorte agréable;mais lui s’y étant retiré, et le but obtenu, elle continua
1. Malgré l’autorité de Racine, je crois pourtant que parmi lesreligieuses qui moururent alors, il en est qui n’eurent point cetteconsolation suprême.