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PORT-ROYAL.
des princes, puisque les soldats ne font rien que lesprinces tiennent à honte de faire ! » Cette action, dontle bruit courut, électrisa les soldats, qui peut-être n’ai-maient guère jusque-là ce travail de pioche, et leur ren-dit ou leur redoubla le courage. Il paraît pourtant queM. Arnauld, qui avait de l’humanité, fit donner sousmain quelques pistoles au pauvre diable de valet dechambre, pour le dédommager du bâton.
Ce que son régiment était à M. Arnauld du Fort,Port-Royal, le monastère, le semblera un peu à ses ne-veux, à ses nièces. Il sera tout au monde à leurs yeux,le lieu supérieur, incomparable, à faire envie auxprinces; et leur humilité y mettra un peu trop sa gloire.
On verra d’ailleurs avec plaisir ce M. Arnauld duFort représenté en quelque sorte à Port-Royal, non-seulement dans la personne de ses neveux et nièces,mais aussi comme directement par M. de Pontis, un denos premiers solitaires et de ses anciens compagnonsd’armes, le plus vieil officier vétéran sous Louis XIV.
Il y eut encore un autre Arnauld, neveu du précé-dent et cousin-germain des nôtres, fils d’un intendantdes finances, et qui fut un guerrier fort connu de sontemps : quand on disait simplement M. Arnauld, c’étaitde lui, sous Richelieu, sous la Fronde, à la Cour, àl’hôtel de Rambouillet, qu’on entendait parler. Il euttrès-jeune la charge de mestre-de camp des carabinsaprès son oncle ; mais, commandant à Philisbourg, unenuit il se laissa surprendre 1 . D’Andilly remarque queje ne sais quoi de fatal sembla s’opposer toujours à l’en-tière élévation de sa famille. Arnauld du Fort eût été
1. M. Arnauld aurait pu chansonner lui-même sa déconfiture encette place par des vers badins (car il en faisait) un peu moinsbons que ceux que Voltaire datait de Philisbourg, mais sur ce ton-là et à la suite de Voiture.