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PORT-ROYAL.
d’Àblancourt ; on l’a redit de Patru au barreau bienlongtemps après M. Marion. Et tous ces éloges ontpassé : ils ne sont recueillis que comme des curiositéslittéraires s’appliquant à desTiommes une fois célèbres,et qu’on ne lit plus, qu’on ne trouverait même plus àlire. Tant il était difficile de fonder la bonne prose :tantæ molis eral ! tant plusieurs devaient à leur tours'efforcer et mourir à la peine, comme dans un fosséqu’on a à combler, et qui se remplit de morts pendantun assaut. Cette belle et vraie prose que tels ou telsillustres avaient trouvée, disait-on, lesquels bientôt onne connaissait plus, cette prose qui était toujours à re-faire de M. Marion jusqu’à Pàtril, Pascal, lui,- l’a saisieune bonne fois et l’a exprimée du premier coup à ja-mais : invenit.
Montaigne déjà avait trouvé, en sa Gascogne et danssa tour de Montaigne, un style de génie, mais tout indi-viduel et qui ne tirait pas à conséquence. Pascal a trouvéun style à la fois individuel, de génie, qui a sa marqueet que nul ne peut lui prendre, et un style aussi deforme générale, logique et régulière, qui fait loi, et au-quel tous peuvent et doivent plus ou moins se rapporter :il a établi la prose française. Dans l’intervalle de Mon-taigne à Pascal ont eu lieu ces efforts laborieux et jen’ose dire stériles, mais bien nombreux et sâns cesse àrecommencer, des Marion, Du Perron, Du Vair, Ner-vèze, Lingendes, Goeffeteau. Tous, ils se peuvent résu-mer et abréger dans un seul nom qui les représente etqui, à ce titre, les a absorbés, dans Balzac, ce grand
latin, avaient été prononcés en français. Quant à Nervèze, secré-taire de la Chambre du roi, il a fait, sans être prédicateur, unDiscours funèbre à l’honneur de la mémoire de Henri IV, desécrits de dévotion affective et mystique. On peut voir dans laBibliothèque françoise de Sorel le chapitre du Progrès de laLangue: ces noms d’alors y sont entassés dâlis toute leur confusion.