LIVRE PREMIER.
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aussi à la touche du vieux Regnier, répond singulière-ment d’avance aux prédilections scéniques de M. Hugo.Il est beau, dit Genest en parlant du théâtre,
Il est beau : mais encore, avec peu de dépense,
Vous pouviez ajouter à sa magnificence,
N’y laisser rien d’aveugle, y mettre plus de jour,
Donner plus de hauteur aux travaux d’alentour,
En marbrer les dehors, en jasper les colonnes,
Enrichir leurs tympans, leurs cimes, leurs couronnes,
Et surtout en la toile où vous peignez vos CieuxFaire un jour naturel au jugement des yeux-,
Au lieu que la couleur m’en semble un peu meurtrie.
Survient la comédienne Marcelle, tout impatientée, dit-elle, des galants qui l’assiègent et l’étourdissent : sa logeon est remplie. Genest lui répond assez railleusement etparaît croire très-peu à cette impatience, à ce dégoût desa camarade pour les galants. Nous sommes dans lescoulisses du temps de Corneille et de tous les temps;nous retrouvons un coin de scène du Roman comique.Tout ce détail d’à-propos devait rendre fort agréable àson moment la pièce de Rotrou.
Genest resté seul repasse et récite haut son rôle, lerôle d’Adrien devenu chrétien :
Il serait, Adrien, honteux d’être vaincu;
Si ton Dieu veut ta mort, c’est déjà trop vécu ;
J’ai vu, Ciel, tu le sais par le nombre des âmesQue j’osai t’envoyer par des chemins de flammes,
Dessus les grils ardents et dedans les taureauxChanter les condamnés et trembler les bourreaux.
Pendant qu’il récite, il sent déjà un effet avant-coureur,une influence par laquelle il lui semble qu’il feint moinsAdrien qu’il ne le devient: il veut pourtant rentrer dansson rôle :
Il s’agit d’imiter et non de devenir;