LIVRE PREMIER.
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oiseaux pour nous tirer quand il plaît à sa miséricorde ;ou encore :
« Ceste inclination nous est un indice et mémorial de nostrepremier principe et Créateur, à l’amour duquel elle nous in-cite, nous donnant un secret advertissement que nous apparte-nons à sa divine bonté : tout de mesme que les cerfs, auxquelsles grands princes font quelquefois mettre des colliers avecleurs armoiries, bien que par après ils les font lascher etmettre en liberté dans les forests, ne laissent pas d’estre re-cogneus par quiconque les rencontre, non-seulement pouravoir une fois esté pris par - le prince duquel ils portent lesarmes, mais aussy pour luy estre encore réservez ; car ainsicogneut-onl’extresme vieillesse d’un cerf qui fut rencontré,comme quelques historiens disent, trois cents ans après lamort de César, parce qu’on luy trouva un collier où estoit ladevise de César et ces mots : César m’a lasché *. »
Toutes ces images d’anse, de filet et d’oiseaux, decollier et de cerf, se suivent coup sur coup dans unmême couplet, comme ferait absolument une pluie decomparaisons poétiques chez M. de Lamartine, naturequi, dans l’ordre purement sentimental et mondain, aplus d’un rapport avec celle de saint François, touteproportion gardée de l’état chrétien si ferme, si solide(là même où il a toutes ses grâces), avec l’état poé-tique naturel, qui est toujours errant 2 .
1. Traité de l’Amour de Dieu, liv. I, chap. xviii.
2. Je prie qu’on se rappelle, à l’appui direct de ma comparai-son, tant de méditations si sublimes, si tendres, exhalées la plu-part aux lieux mêmes où vécut saint François : Dieu, le Crucifix,le Chant d’Amour imité du Cantique des Cantiques, la Consola-tion qui commence ainsi :
Quand le Dieu qui me frappe, attendri par mes larmes...;
cette harmonie dont le début éclate en un cri de sainte et joyeuseviolence :
Encore un hymne, 6 ma Lyre,
Encore un hymne au Seigneur 1...
Et qu’on songe que ce sont là de simples élans partis comme au