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Port-Royal / C.A. Sainte-Beuve
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LIVRE PREMIER.

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dans les affaires extérieures; et, bien qu’il évitât de s’ymêler hors de son domaine, lorsqu’il y était naturelle-ment conduit ou jeté forcément, il y apportait un tem-pérament, une insinuation, une hardiesse même, tout unart heureux et facile qui allait à la réussite.

Cette alliance entre l’onction affectueuse et une cer-taine finesse diplomatique se retrouve assez évidenteégalement chez Bérulle, et bien davantage chez Fénelonelle a ses causes naturelles, toute la délicatesse inté-rieure de ces sortes d’âmes leur devenant au besoin uncontinuel éveil et comme un sens exquis de ce qui peutchoquer ou attirer les autres.

Nous voici en mesure peut-être de nous bien expli-quer, dans leur vraie acception et leur juste portée, sesjugements sur Rome et sur les désordres de l’Église, quenous lui avons entendu confier tout bas à la mère Angé-lique. Car, bien que l’exactitude n’en puisse être con-testée et que la mère Angélique ne mente pas, la révé-lation est assez neuve pour que je ne l’aie acceptéeque sous bénéfice d’inventaire et à charge d’examen.Mais rien de plus propre encore à éclairer cette ap-préciation que d’étudier un peu au préalable sa conduiteavec le duc de Savoie, dans laquelle on retrouve demême obéissance complète et soumission pratique,arrière-pensée pourtant, et blâme au fond, plus oumoins sévère.

En effet, au nombre des pensées secrètes qu’il ne crai-gnit pas d’épancher auprès de la mère Angélique, et quiconfirment et circonstancient les autres détails sur Romeet sur l’Église, on lit :

« Il me dit aussi tous les mauvais tours que lui avoit joués« le duc de Savoye , et comme il avoit maltraité quelques-« uns de ses parents très-honnêtes gens, sans quïl eût« voulu jamais s’en plaindre ; ayant rendu, au contraire,

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