LIVRE PREMIER.
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beaucoup insisté sur le passage suivant, tout à fait naïfdans sa crudité :
« Le Couvent de.... est autant passionné pour les menéesde Sulpice, que les Carmes sont pour les religieuses. C’estce qui me fait voir que telles gens sont étranges quand ilsépousent quelque affaire; et (je) juge par là que ce ne seroitpas peu de chose si Pilmot fût secondé par quelque Compa-gnie semblable ; car, étant embarqués, ils passent toutes lesbornes pro ou contra '. »
Les Jésuites eurent-ils donc tellement tort quand ilsdirent que Saint-Cyran, une fois entré à Port-Royal,en lit sa place d'armes? On tentait alors par tous lesbouts la Congrégation de l’Oratoire. Rien n’importe àune idée naissante comme d’avoir un corps pour soi.
En preuve du tour d’esprit dur, sombre, de Jansé-nius, de son imagination tenace et rapportant tout à sesfins, on peut prendre ce qu’il dit, dans sa Correspon-dance, d’un livre qu’il avait lu et qui l’avait fort frappé,sur des filles possédées *; on était alors en France dansune sorte d’épidémie de sorcellerie entre le procès de lamaréchale d’Ancre et celui des religieuses de Loudun :
« Je voudrois, écrit-il, que vous lussiez ce livre dessus ditqui parle fort de l’Ante-Christ, et (savoir) quelle estime vousen aurez. Il semble bien qu’il soit véritable et authentique ;que les dépositions ont été véritablement faites; mais laquestion est si elles sont vraies. J’admire la proportion deces choses avec le concept que vous vous pouvez souvenirque nous en avions, touchant la marque qu’il seroit sorcieret Prince des Magiciens, etc., etc.... 8 »
1. 2 juin 1623.
2. Imprimé à Paris, chez Nicolas Buon, 1623 : il n’indique pasle titre précis. Mais, selon Rapin, il s’agit de l’histoire de Margue-rite de Sains, religieuse à Lille en Flandre, et aussi du procès deLouis Gaufridi, précédemment brûlé par arrêt du Parlement deProvence.
3. 24 février 1623.