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Port-Royal / C.A. Sainte-Beuve
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LIVRE PREMIER.

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fut marri île la mort de saint Jean-Baptiste, aux discoursduquel il prenait plaisir; mais, une autre volonté plusforte que la sienne ayant parlé, il le livra au supplice : Sedalla dominante voluntate , necandum dédit. ■» Tout celaétait sanglant. Les horreurs de la prise et du sac de Tir-lemont par les armées combinées française et hollandaise,de Tirlemont qui n’était qu’à trois lieues de Louvain, —les avanies et indignités commises contre les religieuses,les églises et le Saint-Sacrement, — étaient vivementétalées, et par un proche témoin tout plein de son objet.Le livre porta coup ; il s’en fit plusieurs éditions ; on letraduisit en français. Richelieu en fut atteint et piqué auvif 1 2 . Il en garda une bonne note, qui se retrouvera entemps et lieu, contre les amis de Jansénius en France.L’Espagne paya le service par l’évêché d’Ypres. Jansé-nius nous apparaît déjà plus au complet, ce semble : unde ces hommes, comme il l’a dit de lui-même, qui nesont pas faits pour être pédants d'école toute leur vie s . Il

1. Il y fait allusion dans ses Mémoires, à l’année 1635 : « Lorsquele Cardinal-Infant se trouva, par la retraite de nos armées hors sespays, et par la prise du fort de Schenck, contre son espérance,délivré de la crainte de nos armées, il fit imprimer des manifestescontre le Roi, et plusieurs libelles , dans lesquels il essayait, parplusieurs apparences frivoles, de condamner les armes du Roi etjustifier l’injustice des siennes.... Il faisait aussi (dans ces libelles)force exclamations des excès commis en la prise de Tirlemont,desquels néanmoins le Roi ne peut être taxé, l’autorité d’un princen’étant pas assez grande pour empêcher les violences de la guerre,et Sa Majesté, aux désordres qui y arrivèrent, ayant reçu plus dedommage que lui, en ce qu’en ce malheur non prévu il fût brûléune si grande quantité de blés, qu’elle fut une des principalescauses de la ruine de notre armée, qui, faute de pain, fut contraintede lever le siège de Louvain et de se retirer. » L’analyse que Ri-chelieu donne de ce qu’il appelle les libelles se rapporte bien auMars Gallicus.

2. Gui Patin, dans une lettre à Spon (6 janvier 1654), ne veutabsolument pas que Jansénius ait été capable de ce Mars Gallicussi féroce et si bien armé, qui fit ravage -parmi nous : « Quiconquea fait le Mars Gallicus est un catholique romain fort zélé, Gallus et