306
PORT-ROYAL.
ne perdait aucune occasion de le servir. Il demandait àJansénius une approbation en forme (à titre de docteur)du livre des Grandeurs de Jésus qu’allait publier Bé-rulle ; Jansénius la donnait de confiante, en vue des se-cours qu’on pouvait tirer des Pères de l’Oratoire, maisen avertissant de prendre garde que quelque chosedans l'ouvrage ne touchât de travers les matières deGrâce. Dans la querelle entre les Carmes et M. de Bé-rulle pour la conduite des Carmélites, plusieurs decelles-ci émigrèrent en Flandre : Jansénius, de l’avis deSaint-Cyran, y soutint les droits de Bérulle et s’appuyadu mémoire qu'avait écrit à ce sujet M. de Marillac. Ilaida de plus, toujours dans la même considérationd’avenir, à l’introduction des Pères de l’Oratoire enFlandre, ainsi qu’aux missions qu’ils entreprirent de làen Hollande et dont lé Père Bourgoing fut le chef. Toutcela contribua à former la plus étroite familiarité deM. de Saint-Cyran avecM.de Bérulle; c’est chez cecardinal qu’il rencontra pour Ta première fois M. Vin-cent de Paul. Il trouva moyen de lui rendre dès l'abordun notable office dans un procès pour la maison deSaint-Lazare que'M. Vincent travaillait à établir, etdont le local lui était disputé par les religieux de Saint-Victor : M. de Saint-Cyran insista si fort auprès de sont intime ami M. Jérôme Bignon, avocat-général, qu’il luifit changer ses conclusions, d’abord peu favo^ibles àM. Vincent, et ce dernier, dit-on, en fut si touché, qu'aumoment du gain du procès il courut au cloître Notre-Dame, où demeurait notre abbé, et lui fit des remercî-ments passionnés, jusqu’à tomber à genoux, déclarantqu’il venait lui rendre hommage d’une maison qu’il te-nait de lui. Le grand patron de M.Vincent, M.de Gondide l’Oratoire (père du cardinal de Retz), marquait uneprofonde considération aussi, et qui ne se démentit ja-mais, pour la vertu du docte personnage. Richelieu,