LIVRE DEUXIÈME.
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témoigna enfin qu’il ne pensoit plus à la guerre et qu’ilvouloit vivre et mourir avec lui. Par une'résolution si sou-daine et si généreuse, il combla de joie un frère qui désiroitsa conversion avec ardeur, et une mère admirable qui avoittâché mille et mille fois de l’enfanter à Jésus-Christ, commeétant celui de tous ses enfants pour qui elle avoit toujoursressenti une tendresse particulière h »
Fontaine donne en. cet endroit une lettre que M. deSéricourt aurait écrite alors à M. de Saint-Cyran ; maisil l’a sans doute refaite de mémoire, et on y relève desimpossibilités. Il y suppose que le saint abbé est déjàen prison, et que M. de Séricourt lui demande la grâcede s’y aller enfermer avec lui. Or M. de Séricourt futrappelé à Paris à l’occasion même de la mort de ma-dame d’Andilly ; sa conversion ne suivit guère que d’unmois celle de M. Le Maître, et précéda l’arrivée deLancelot, qui nous fixe sur tous ces points en témoinoculaire. Quoi qu’il en soit de cette légère confusionchronologique, qui chez le bon Fontaine n’est pas laseule, l’aimable auteur achève ainsi la peinture :
« Cet homme admirable ( M. de Saint-Cyran) jugea qu’ilseroit mieux pour le bien de ces deux frères qu’ils fussentensemble : ce qui fut fait aussitôt, et ils n’ëcrivoient plusque’sous le nom de premier et second ermite. Ils goûtoientensemble les douceurs de la solitude, sans se l’interromprel’un à l’autre ; ils étoient trop consolés de se voir sans qu’illeur fût nécessaire de se parler. M. Le Maître bénissoit Dieude voir M. de Séricourt se rendre compagnon de celui dontil étoit en quelque façon la conquête : M. de Séricourt, con-templant des yeux de la foi ce prodigieux changement deson frère ainé, tâchoit de ne point dégénérer de sa ferveur ;
1. Mémoires de Fontaine, t. I, p. 80 et suiv. J’en possède unmanuscrit d’après lequel j’introduis quelques variantes. Le texteimprimé a été assez retouché dans le temps, très-judicieusementen général, mais sur quelques points de style un peu grosso modo.