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PORT-ROYAL.
rencontre, puisque c'est votre disposition. Pour moi, quandje vous ai parlé de la sorte, j’ai suivi la mienne, obéissantaux mouvements que j’ai cru venir de Dieu, et je ne sauroism’en repentir. M. Bignon, que Von accuse d'être un peu crain-tif *, ne laissa pas de me dire hier chez lui, qu’il admiroitcette persécution, et qu’il en sentoit une nouvelle passioncontre ceux qui l’excitent, et contre le siècle même qui faitvoir en cela sa corruption.... Il n’y a. qu’une seule chose oùje ne suis pas de votre avis, qui est que je crois que les foiblessont plus à craindre quelquefois que les méchants. Dans lapersécution que ceux qui sont morts m’ont faite, j’ai trouvéquelque lieu à raisonner, car ils avoient quelque connois-sance des matières, ce que je n’espère pas trouver dans lesvivants. Dieu leur fasse miséricorde!... Je ne vous verraipoint que cette tempête ne soit passée.... Si en telles occa-sions votre monastère pou voit être renversé de fond encomble, et que vous fussiez transportées ailleurs, ce seroitpour moi une moindre affliction que le renversement devotre discipline, qui est le plus grand mal qu’ils vous puis-sent faire en vous donnant d’autres directeurs. Je sais bience que je pense, et, quoique je sois indisposé et que je dormefort peu, je me sens avoir quelque secrète vigueur pourl’empêcher avec force, si j’étois aussi bien autorisé par laloi, comme je le suis, si je ne me trompe, par la justice etla disposition de mon cœur. »
Ce que M. de Saint-Cyran dit là des faibles pires quel-quefois que les méchants s’éclaire à merveille de cequ’écrit Retz en ses Mémoires sur le caractère du pré-lat dont il fut le coadjuteur : « Je trouvai l’archevêchéde Paris dégradé à l’égard du monde par les bassessesde mon oncle, et désolé à l’égard de Dieu par sa négli-gence et son incapacité.... Je n’ignorois pas de quelle né-
1. M. Bignon un peu craintif! Notons le trait, on ne s’y atten-dait pas. Rappelons-nous M. Molé homme tout d’une pièce, quipourtant faiblit‘et tourne vers la fin. Joignons-y plus tard Dagues-seau, et tant d’autres honorables amis de Port-Royal dans le monde,dans les charges, mais que les inimitiés redoutables, qui leur envenaient bientôt, faisaient à deux fois réfléchir.