LIVRE TROISIÈME.
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fois trouvée, contre l'Académie et les Quarante, et quiva être éternelle. Il est vrai que Pascal la place dans labouche d'un Provincial qui est censé tout admirer deParis : son trait de légère satire devient en même tempsun trait de costume et de caractère. Dans cette lettresupposée de l'académicien, qu’il transcrit, autre railleriefinement sensible : « Je voudrois que la Sorbonne, quidoit tant à la mémoire de feu monsieur le Cardinal,voulût reconnoître la jurisdiction de son Académiefrançoise ; l’auteur de la Lettre seroit content ; car, enqualité d'Académicien, je condamnerais d'autorité , jebannirois, je proscrirois , peu s’en faut que je ne die,j’exterminer ois de tout mon pouvoir ce pouvoir prochainqui fait tant de bruit pour rien.... » C’est à croire quePascal a voulu faire un petit pastiche de Balzac, avantBoileau.
Et quand il fait parler l’académicien, Pascal, notons-le encore, simule un style un peu plus ancien, plussuranné que le sien propre, lequel ne l’est pas du tout :Peu s’en faut que je ne die ,j'en suis marri. Ainsi, en untemps où l’Académie réglait véritablement et fixait lelangage, Pascal (ce m’est évident) la trouve déjà un peusurannée et arriérée, nonobstant Vaugelas. Il la de-vance ; il use, pour mieux réussir dans le monde, dulangage du monde même, du dernier langage 1 . Il n’aqu’à se souvenir pour cela de sa manière de causer etd’entendre causer en cès années 1651-1654, où il étaitsi répandu, où il voyait tout ce qu’il y avait de mieux
1. Dans les premières éditions des Provinciales, je rencontrequelques mots comme atroces, détestables, horriblement, verte-ment T qui ont été remplacés et atténués dans les suivantes par desmots moins crus : fortement réfuté, pour vertement, par exemple.Ce fut une concession aux délicatesses et à la petite bouche dumonde. Il y a encore dans les premières éditions : il faut que jevous die, je vas vous dire, il s’y agit, avoir accoutumé. On a laissédes violementsde charité (onzième Lettre).