LIVRE TROISIÈME.
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qu’elle errait encore de son vivant: cela est marqué dansses Écrits en caractères de lumière et de feu. Vous devriezêtre du même sentiment, monsieur Quesnel ; vous com-battez contre vos propres lumières, monsieur Arnauld 1 .Mais, encore un coup, vous avez beau faire; bon grémal gré, vous voilà hérétiques tout comme nous ; onvous chasse, sortez avec nous ; vous êtes bien et dûmentcondamnés selon les règles de Rome 2 . »
De son côté, Pascal n’avait pas dit à Arnauld autrechose, si ce n’est : « Vous êtes et nous sommes bien etdûment condamnés dans les formes, mais l’esprit decette condamnation est un esprit de mensonge; toutbiais qui mène à s’y soumettre est un acte de lâcheté etde prévarication, et mérite qu’on le flétrisse de son vrainom, comme abominable devant Dieu et méprisable devantles hommes. » — Et s’il ne concluait pas en disant : Sor-tons / il avait pour mot d’ordre : Tenons-nous ferme etcrions !
De sorte que Pascal, abandonnant la tactique de sesdix-septième et dix-huitième Provinciales et se rendantcompte enfin de la situation, l’envisageant avec toutela lucidité et la franchise de son intelligence, l’expri-mant avec toute la concision et la véhémence de saparole, Pascal n’hésitait pas à confesser bien haut com-bien la Chrétienté catholique, presque tout entière,était engagée par son Chef dans des voies selon lui par-jures, c’est-à-dire qu’il soutenait contre Arnauld sur
1. Voir Jurieu dans son livre intitulé : L'Esprit de M. Arnauld,tome 1, pages 8, 238, etc., etc. Jurieu Vinjurieux {comme dit Vol-taire) se trompait en mettant en doute la parfaite sincérité d’Ar-nauld ; il accordait trop à ses lumières et faisait tort à son cœur.
2. « Et cur non nobiscum egrediuntur diu Viri optimi, a Papisdamnati, a Jesuitis afflicti, pressique intolerabili jugo quod con-scientise libertatem non permittit ? » (Melchior Leydecker, deJansenii Vita et Morte, lib. III, cap. x.)