LIVRE TROISIÈME.
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à soi et aux siens; qui est comme un petit souffle demi-parfumé, demi-empesté, mortel à l’âme chrétienne aussibien qu’à l’âme naturelle, empoisonneur de Plutarquecomme de saint Paul, et qui, sous air de douceur, eten l’adulant, convoite éternellement le royaume de laterre; — pour le reconnaître, cet esprit, et le procla-mer vrai chez Pascal, nous n’avons pas besoin de l’allerétudier bien loin dans le passé : tons ceux qui l’ont vu,qui l’ont senti à l’ : œuvre, qui l’ont haï en France sousla Restauration à laquelle il fut si homicide, ceux-là,à travers toutes les politesses de détail, toutes lesexceptions et les réserves légitimes, lui sauront dire,en le démêlant dans son essence et en le détestantjusqu’au bout dans sa moindre haleine : Toi , toujourstoi !
Pascal, en son temps, l’avait senti tout en plein, cir-culant partout et régnant; il en avait essuyé le fléau dansla personne de ses amis sacrifiés : de là la guerre à mortqu’il lui déclara 1 .
1. Voltaire n’a rierfsoupçonné de ce sentiment sérieux, lorsqu’à-près avoir décerné aux Provinciales tous les éloges littéraires ima-ginables ( Siècle de Louis XIV, chap. xxxvn), |il ajoute lestementpar des paroles souvent citées : a II est vrai que tout le livre portaitsur un fondement faux : on attribuait adroitement à toute la So-ciété les opinions extravagantes de plusieurs Jésuites espagnols etflamands : on les aurait déterrées aussi bien chez des Casuistesdominicains et franciscains. On tâchait dans ces Lettres de prouverqu’ils avaient un dessein formé de corrompre les mœurs deshommes, dessein qu’aucune secte, aucune société n’a jamais eu etne peut avoir. Mais il ne s’agissait pas'd’avoir raison, il s’agissaitde divertir le public. » L’élève du Père Porée et l’auteur du Mon-dain s’accommoderait encore mieux, on le conçoit, des Jésuites quedes Jansénistes. Il serait aisément de l’avis de cet homme d’espritqui disait : « Les Jésuites sont, après tout, ceux qui ont tiré lemeilleur parti d’une mauvaise religion, en l’éludant ou plutôt en lacorrompant ; car c’est ce qui caractérise le mauvais, de ne redeve-nir un peu tolérable que quand il est corrompu.» — Les Jésuitesont procédé en bien des cas comme si au fon-d le Christianisme,dans son principe, était faux. — Quant à VeÙaiKe, on ne sait que