LIVRE TROISIÈME.
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certains Dervis qui ont sa confiance, il n’en a pu trouverun seul. Ils vivent avec lui ; ils sont à sa Cour, dans sa ca-pitale, dans ses troupes, dans ses tribunaux ; et cependanton dit qu’il aura le chagrin de mourir sans les avoir trou-vés.! On diroit qu’ils existent en général, et qu’ils ne sontplus rien en particulier : c’est un corps, mais point de mem-bres. Sans doute que le Ciel veut punir ce Prince de n’avoirpas été assez modéré envers les ennemis qu’il a vaincus,puisqu’il lui en donne d’invisibles, et dont le génie et ledestin sont au-dessus du sien, a
Ce fut, en effèt, un des résultats des Provinciales defaire passer les Jansénistes pour les plus habiles gensdu monde , pour des gens de ressources qui ont parmieux de toutes sortes d’esprits et qui font usage desuns ou des autres selon l’occasion. Le génie de Pascal,avec ce je ne sais quoi d’invincible et d’invisible quis’y rattachait dans l’opinion, se reversa sur tout le particonfusément, et les Jansénistes furent dorénavant tenuspour beaucoup plus malins qu’ils n’étaient en réalité.
Après La Bruyère, après Montesquieu, Jean-Jacquesn’a pas rendu un moindre hommage aux Provincialespar l’étude profonde et par la reproduction qu’il sutfaire de cette dialectique nerveuse et passionnée, par-ticulièrement dans sa Lettre à l’Archevêque de Paris.— De nos jours, les derniers excellents écrivains polé-miques en prose, les plus nerveux et les plus fins à l’at-taque et à la défense, les plus craints de leurs ennemis,et trop tôt ravis à leurs admirateurs encore plus qu’àleur cause, peuvent être qualifiés les disciples en droiteligne du Pascal des Provinciales , — Paul-Louis Courieret Carrel.
Si l’on sort des aperçus, les conséquences des Pro-vinciales, quant au fond, sont si considérables, qu’il est
1. Ce sont les expressions mêmes de Matthieu Marais, de GuiPatin.