LIVRE TROISIÈME.
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pour la rendre représentable, Molière, dont le théâtreni le génie ne pouvaient chômer, produisait d’autresœuvres, et, dans le Festin de Pierre, qui se joua en 1665,il se vengea de la cabale qui arrêtait le Tartufe , par latirade de Don Juan au cinquième acte ; l’athée aux aboisy confesse à Sganarelle son dessein de contrefaire ledévot : a II n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hy-« pocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la« mode passent pour vertus. Le personnage d’homme« de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on« puisse jouer. Aujourd’hui la profession d’hypocrite a« de merveilleux avantages.... » Mais d’autres traits au-dacieux du Festin, joints à cette attaque, soulevèrent denouveau et semblèrent justifier la fureur de la cabalemenacée ; il y eut des pamphlets violents publiés contreMolière. Il avait affaire à ses Pères Meynier et Brisa-cier, qui ne manquent jamais.
Pourtant le crédit du divertissant poète montait cha-que jour; sa gloire sérieuse s’étendait : il avait fait leMisanthrope . La mort de la Reine-Mère (1666) avaitôté à la faction dévote un grand point d’appui en Cour.Comptant sur la faveur de Louis XIV, se faisant fortd’une espèce d’autorisation verbale qu’il avait obtenue,et pendant que le Roi était au camp devant Lille, enaoût 1667, au milieu de cet été désert de Paris, Molièrerisqua sa pièce devant le public ; il en avait changé letitre : elle s’appelait l'Imposteur , et M. Tartufe étaitdevenu M. Panulphe; il y avait des passages supprimés.L'Imposteur , sous cette forme, ne put avoir, malgrétout, qu’une représentation ; le premier Président La-moignon crut devoir empêcher la seconde jusqu’à nouvelordre du Roi. Molière députa deux de ses camarades aucamp de Lille, -avec un Placet qu’on a; mais le Roimaintint la suspension.
Ces divers Placets de Molière au Roi, à propos du