138 DE l’église gallicane.
» ni le roi, ni ses principaux ministres, ni la sacrée faculté de» Paris, ni les ordres religieux; et qu’amsi ce livre est digne» des peines que les lois décernent contre les libelles diffama-» toires et hérétiques. Fait à Paris, le â septembre 1660. Signé» Henri de Rennes, Hardouin de Rkodez, François d’Amiens,» Charles de Soissons, etc. »
Sur cet avis des commissaires, le livre fut condamné au feupar arrêt du conseil d’Etat *.
On connaît peu, ou l’on remarque peu cette décision, quiest cependant d’une justice évidente.
Supposons que Pascal, ayant conçu des scrupules de con-science sur son livre , se fût adressé à quelque directeur prishors de sa secte, pour avoir son avis, et qu’il eût débuté parlui dire en général :
« J’ai cru devoir tourner en ridicule et diffamer une société» dangereuse. »
Cette première ouverture eût produit infailliblement le dia-logue qui suit :
LE DIRECTEUR.
« Qu’est-ce donc, monsieur, que cette société ? S’agit-il de» quelque société occulte, de quelque rassemblement suspect,» dépourvu d’existence légale ?»
PASCAL.
« Au contraire, mon père : il s’agit d’une société fameuse,» d’une société de prêtres répandus dans toute l’Europe, par» ticulièrement en France. »
' On peut lire ces pièces dans Y Histoire des cinq propositions, p. 175.Voltaire, comme on sait, a dit, en parlant des Lettres provinciales , dans soncatalogue des écrivains du XVII e siècle : Il faut avouer que l’ouvrage entierporte à faux. Quand Voltaire et les évêques de France sont d’accord, ilsemble qu’on peut être de leur avis en toute sûreté de conscience.