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Du Pape : Suivi De L'Église Gallicane Dans Son Rapport Avec Le Souverain Pontife / Par le comte Joseph De Maistre
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LIVRE 1.

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drir ni convertir cette secte; mais cest ici surtout il estbon de la comparer à ses nobles adversaires. Ils avaient sansdoute beaucoup à se plaindre dun gouvernemeut qui, dans satriste décrépitude, les avait traités avec tant dinhumanité etdingratitude ; cependant rien ne peut ébranler leur foi ni leurzèle, et les restes déplorables de cet ordre célèbre, ranimantdans le moment le plus terrible leurs forces épuisées, purentencore fournir vingt-deux victimesau massacre des Carmes.

Ce contraste n'a pas besoin de commentaire. Que les souve-rains de la France se rappellent les dernières paroles de-nélon! quils veillent attentivement sur le jansénisme! Tantque la serpe royale naura pas atteint la racine de cette plantevénéneuse, elle ne cessera de tracer dans le sein dune terrequelle aime, pour jeter ensuite plus loin ses dangereux reje-tons. La protéger, lépargner même, serait une faute énorme.« Cette faction dangereuse na rien oublié depuis sa naissancepour diminuer lautorité de toutes les puissances ecclésiastiqueset séculières qui ne lui étaient pas favorables » Tout Fran-çais, ami des jansénistes, est un sot ou un janséniste. Quandje pourrais pardonner à la secte ses dogmes atroces, son carac-tère odieux, sa filiation et sa paternité également déshono-rantes, ses menées, ses intrigues, ses projets s et son insolenteobstination, jamais je ne lui pardonnerais son dernier crime,celui davoir fait connaître le remords au cœur céleste du roimartyr. Quelle soit à jamais maudite lindigne faction quivint, profitant sans pudeur, sans délicatesse, sans respecl, desmalheurs de la souveraineté esclave et profanée, saisir bruta-lement une main sacrée et la forcer de signer ce quelle abhor-rait. Si cette main, prête à senfermer dans la tombe, a crudevoir tracer le témoignage solennel dun profond repentir,que cette confession sublime, consignée dans limmortel testa-

i Réquisitoire de l'avocat général Talon , du 23 janvier 1688, transcrit dansles Opuscules de Fleury, p. 18.

Talon disait, en 1688 : Depuis trente ans.

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