LIVRE II.
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CHAPITRE III.
SUITE DE LA RÉGALE. ASSEMBLÉE ET DÉCLARATION DE 1682.ESPRIT ET COMPOSITION DE L’ASSEMBLÉE.
Pour venger enfin sur le Pape, suivant la règle, les injuresqu’on lui avait faites, les grands fauteurs des maximes anti-pontificales, ministres et magistrats, imaginèrent d’indiquerune assemblée du clergé, où l’on poserait des bornes fixesà la puissance du Pape, après une mûre discussion de sesdroits.
Jamais peut-être on ne commit d’imprudence plus fatale;jamais la passion n’aveugla davantage des hommes d’ailleurstrès-éclairés. Il y a dans tous les gouvernements des chosesqui doivent être laissées dans une salutaire obscurité, qui sontsuffisamment claires pour le bon sens, mais qui cessent de l’ê-tre du moment où la science entreprend de les éclaircir davan-tage, et de les circonscrire avec précision par le raisonnementet surtout par l’écriture.
Personne ne disputait dans ce moment sur l’infaillibilité duPape ; du moins c’était une question abandonnée à lecole, etl’on a pu voir, par tout ce qui a étû'dit dans l’ouvrage précé-demment cité, que cette doctrine était assez mal comprise.On peut même remarquer quelle était absolument étrangèreà celle de la régale, qui n’intéressait que la haute discipline.