174
DE L’ÉGLISE GALLICANE.
Luc XXIII. o.
J-XVIII. 37.
Malh.XXVII.
il.
Marc. XV. 4.LucXXlII.3.J" XIX. 12.J" XVI1I.36.
3“ XVII!. 38.
plus restreinte : Êtes-vous roi des Juifs? Gelait l’accusationportée contre lui par ses ennemis qui voulaient, pour leperdre, le présenter comme un séditieux qui contestait lasouveraineté de César. Pour écarter cette calomnie, le Sau-veur daigna répondre : « Vous l’avez dit, je suis roi, et de» plus, roi des Juifs; mais je ne suis pas un roi comme vous» l’imaginez, et dont le peuple puisse dire, dans son igno-» rance : Celui qui se dit roi n’est pas l’ami de César. Si j’étais» roi de cette manière, j’aurais des armées qui me défen-» draient contre mes ennemis; mais mon royaume n’est pas» maintenant 1 de ce monde. Je ne suis roi et je ne suis né» que pour apporter la vérité parmi les hommes : quiconque» la reçoit est sujet de ce royaume. » — Et sur la question :Qu est-ce que la vérité? il ne répondit pas, ou n’a pas voulunous faire connaître ce qu’il répondit \
Certes, il faut être de puissants logiciens pour rattacher àcet exposé les conclusions qu’on en a tirées contre la puissancedes Papes. D’autres raisonneurs, plus téméraires et non moinsamusants, ont vu, dans le texte cité, la preuve que la puis-sance temporelle des Souverains Pontifes était proscrite parl’Évangile. Je prouverai, avec le même texte, pour peu qu’onle désire, qu’un curé de campagne ne saurait posséder légiti—
' Je ne sais pourquoi certains traducteurs ( ceux de Mous par exemple) sesont donné la licence de supprimer ce mot de maintenant, qui se lit cependantdans le texte comme dans la Vulgate. Je n’ignore pas que la particule grecqueNüv peut quelquefois n’avoir qu’une valeur purement argumentative, qui larend alors à peu près synonyme de mais ou de or ; ici néanmoins elle peut fortbien être prise littéralement, et il n’est pas permis de la supprimer. Commentsait-on que le Sauveur n’a pas voulu, par ce mystérieux monosyllabîe , expri-mer certaines choses que les hommes ne devaient pas encore connaître? Il ya plus : qu’est-ce que voulait dire notre divin Maître lorsqu’il déclarait à la foisqu’il était roi des Juifs, et que son royaume n’était pas de ce monde? La pre-mière marque de respect que nous devions à ces vénérables énigmes, c’est den’en tirer aucunes conséquences que notre ignorance pourrait rendre dange-reuses.
’ On me pardonnera sans doute un léger commentaire destiné uniquementà faire mieux sentir les textes, qu’on peut d’ailleurs vérifier sur. le-champ.