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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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192 IJORACE.

Vis donc, Horace, vis, guerrier trop magnanime :

Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime;

Sa chaleur généreuse a produit ton forfait;

D’une cause si belle il faut souffrir l’effet.

Vis pour servir l’État ; vis, mais aime Valère :

Qu’il ne reste entre vous ni haine ni colère ;

Et soit qu’il ait suivi l’amour ou le devoir,

Sans aucun sentiment 1 résous-toi de le voir.

Sabine, écoutez moins la douleur qui vous presse;Chassez de ce grand cœur ces marques de foiblesse :C’est en séchant vos pleurs que vous vous montrerezLa véritable sœur de ceux que vous pleurez.

Mais nous devons aux dieux demain un sacrifice ;

Et nous aurions le ciel à nos vœux mal propice,

Si nos prêtres, avant que de sacrifier,

Ne trouvoient les moyens de le purifier :

Son père en prendra soin ; il lui sera facileD’apaiser tout d’un temps les mânes de Camille.

Jè la plains ; et pour rendre à son sort rigoureuxCe que peut souhaiter son esprit amoureux,

Puisqu’en un même jour l’ardeur d’un même zèleAchève le destin de son amant et d’elle,

Je veux qu’un même jour, témoin de leurs deux morts,En un même tombeau voie enfermer leurs corps.

l II faudroit ressentiment. (P.)

FIN DU CINQUIÈME ACTE.