EXAMEN D’HOKACE.
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(laus ce cinquième comme roi qui yeul honorer par cetlevisite un père dont les fils lui ont conservé sa couronne, etacquis celle d’Albe au prix de leur sang. S’il y fait l’officedejuge, ce n’est que par accident; et il le fait dans ce logismême d’Horace, par la seule contrainte qu’impose la règlede l’unité de lieu. Tout ce cinquième est encore une descauses du peu de satisfaction que laisse celte tragédie : il esftout en plaidoyers ; et ce n’est pas là la place des haranguesni des longs discours : ils peuvent être supportés en un com-mencement de pièce; où l’action n’est pas encore échauffée ;mais le cinquième acte doit pins agir que discourir. L’atten-tion de l’auditeur, déjà lassée, se rebute de ces conclusionsqui traînent et tirent la fin en longueur.
Quelques uns ne veulent pas que Yalère y soit un digueaccusateur d’Horace, parceque, dans la pièce, il n’a pas faitvoir assez de passion pour Camille; à quoi je réponds que cen’est pas à dire qu’il n’en eût une très forte, mais qu’unamant mal voulu ne pouvoit se montrer de bonne grâce à samaîtresse dans le jour qui la rejoignoit à un amant aimé. Iln’y a voit point de place pour lui au premier acte, et encoremoins au second : il falloit qu’il tînt son rang à l’armée pen-dant le troisième ; et il se montre au quatrième, sitôt que lamort de son rival fait quelque ouverture à son espérance; iltâche à gagner les bonnes grâces du père par la commissionqu’il prend du roi de lui apporter les glorieuses nouvelles del’honneur que ce prince lui veut faire ; et, par occasion, illui apprend la victoire de son fds, qu’il ignoroit. Il ne. manquepas d’amour durant les trois premiers actes, mais d’un tempspropre à le témoigner; et, dès la première scène de la pièce,il paroît bien qu’il rendoit assez de soins à Camille, puisqueSabine s’en alarme pour son frère. S’il ne prend pas le pro-cédé de France, il faut considérer qu’il est Romain, et dansRome, où il n’auroil pu entreprendre un duel contre unautre Romain sans faire un crime d’Etat, et que j’en auroisfait un de théâtre, si j’avois habillé un Romain à la frauçoise.
Fin d’horace.