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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE IV, SCÈNE I.

I.ui seul combal encor les vertueux effortsQue sur les conjurés fait ce juste remords;

Et, malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées,

II tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.

AUGUSTE.

Lui seul les encourage, et lui seul les séduit!

O le plus déloyal que la terre ait produit!

O trahison conçue au sein d’une furie!

O trop sensible coup d’une main si chérie !

Cinna, tu me trahis! Polyclète, écoutez.

(Il lui parle à l’oreille.)POLYCLÈTE.

Tous vos ordres, seigneur, seront exécutés.

AUGUSTE.

Qu’Éraste en même temps aille dire à MaximeQu’il vienne recevoir le pardon de son crime.

( Polyclète rentre.)

EUPHORBE.

H l’a jugé trop grand pour ne pas s'en punir 1 .

A peine du palais il a pu revenir,

Que, les yeux égarés, et le regard farouche,

Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche,

Il déteste sa vie et ce complot maudit,

M’eu apprend l’ordre entier tel que je vous l’ai dit;

Et, m’ayant commandé que je vous avertisse,

Il ajoute : « Dis-lui que je me fais justice,

« Que je n’ignore point ce que j’ai mérité. »

Puis soudain dans le Tibre il s’est précipité ;

Et l’eau grosse et rapide, et la nuit assez noire,

qu’en parlant des enfants. Ce n’est pas que ce mot mutiné, employéavec art, ne puisse faire un très bel effet. Racine a dit :

Enchaîner un captif de ses fers étonné,

Contre un joug qui lui plaît vainement mutiné.

D'autant plus exige un que ; c’est une phrase qui n’est pas achevée.

(V.)

1 On ne peut nier que ce lâche et inutile mensonge d’Eupliorbe nesoit indigne de la tragédie. Mais, dira-t-on, on a le même reproche àfaire à Œnone dans Phèdre. Point du tout : elle est criminelle, elle ca-lomnie Hippolyte, mais elle ne dit pas une fausse nouvelle : c’est celaqui est petit et bas. (V.)