ACTE I, SCÈNE I. 317
Tel craint de le fâcher qui ne craint pas la mort;
Et s’il faut affronter les plus cruels supplices,
Y trouver des appas, en faire mes délices,
Votre Dieu, que je n’ose encor nommer le mien,
M’en donnera la force en me faisant chrétien.
NÉARQUE.
Ilâtez-vous donc de l’être.
POLYEUCTE.
Oui, j’y cours, cher Néarque;
Je brûle d’en porter la glorieuse marque.
Mais Pauline s’afflige, et ne peut consentir,
Tant-ce songe la trouble, à me laisser sortir.
NÉARQUE.
Votre retour pour elle en aura plus de charmes;
Dans une heure au plus tard vous essuierez ses larmes ;
Et l’heur de vous revoir lui semblera plus doux,
Plus elle aura pleuré pour un si cher époux.
Allons, on nous attend.
POLVEUCTE.
Apaisez donc sa crainte *,
Et calmez la douleur dont son aine est atteinte.
Elle revient.
NÉARQUE.
Fuyez.
POIYEECTE.
Je ne puis.
NÉARQUE.
Il le faut ;
Fuyez un ennemi qui sait votre défaut,tjui le trouve aisément, qui blesse par la vue,
Et dont le coup mortel vous plaît quand il vous tue 2 .
bourgeoise. Un bel œil est toujours ridicule, et beaucoup plus dansun mari que dans un amant. Fâcher un bel œil est encore pis. (V.)
1 On apaise la colère, et non la crainte. (V.)
2 Plusieurs personnes ont cru que Néarque ne devait pas parlerainsi d’une épouse : que dirait-il de plus si c’était une maîtresse 1 Lemot lue semble ici un peu trop fort; car, après tout, une complaisance'le quelques heures pour sa femme tuerait-elle l’ame de Polyeuete?
(V.l