FOLYEUCTE.
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L’autre un défespéré qui peut trop attenter LQuelque haute raison qui règle leur courage,
L'im conçoit de l’envie, et l’autre de l’ombrage.
La honte d’un affront que chacun d’eux croit voirOu de nouveau reçue, ou prête à recevoir,
Consumant dès l'abord toute leur patience,
Forme de la colère et de la détiance,
Et, saisissant ensemble et l'époux et L'amant,
En dépit d’eux les livre à leur ressentiment.
>lais que je me ligure une étrange chimère!
Et que je traite mal Polyeucte et Sévère,
Connue si la vertu de ces fameux rivauxNe pouvoit s’affranchir de ces communs défauts!
Leurs âmes à tous deux d’elles-mêmes maîtresses 2Sont d’un ordre trop haut pour de (elles bassesses :
Ils se verront au temple en hommes généreux.
Mais las! ils se verront, et c’est beaucoup pour eux s.
Que sert à mon époux d’être dans Mélitène,
Si contre lui Sévère arme l’aigle romaine,
Si mon père y commande, et craint ce favori,
Et se repent déjà du choix de mon mari 4 ?
Si peu que j’ai d’espoir ne luit qu’avec contrainte 3 ;
En naissant il avorte, et fait place à la crainte;
Ce qui doit l’affermir sert à le dissiper.
Dieux! faites que ma peur puisse enfin se tromper!
1 Cette dissertation paraît bien froide. Le grand défaut de Corneilleest de faire des raisonnements quand il faut du sentiment. Le publicne s’aperçut pas d’abord de ce défaut, qui était caché par tant debeautés ; mais il augmenta avec l’âge, et jeta dans toutes ses dernièrespièces une langueur insupportable. Ici cette faute est peu couvertepar l’intérêt qu’on prend au rôle si neuf et si singulier de Pauline. (V.)— Singulier n’est pas le mot propre. (P.)t Leurs âmes à tous deux : cette expression n’est pas française. (V.fI On dirait bien de deux rivaux ennemis, c’est beaucoup pour euxde se voir, c’est-à-dire ils ont fait un grand effort, ils ont surmontéleur aversion, ils ont pris sur eux de se voir : ici l’auteur veut dire, ilest dangereux qu’ils se voient : mais il ne le dit pas. | V.JV Vers de comédie. (V.)
•’* Cela n'est pas français; il faut le peu. (V.)