41 i EXAMEN DE POLYEUCTE.
déjà loul ce commerce entre César et sa maîtresse. Du moinsil falloit marquer quelque raison qui lui eût laissé ignorerjusque là tout ce qu’elle lui apprend, et de quel autre minis-tère cette princesse s’étoit servie pour recevoir ces courriers.Il n’en va pas de même ici. Pauline ne s'ouvre avec Stralo-nice que pour lui faire entendre le songe qui la trouble, et lessujets qu’elle a de s’en alarmer; et comme elle n’a fail cesonge que la nuit d’auparavant, et qu’elle ne lui eût jamaisrévélé son secret sans cette occasion qui l’v oblige, on peutdire qu’elle n’a point eu lieu de lui faire cette confidenceplus tôt qu’elle ne l’a faite.
Je n’ai point fait de narration de la mort de Polveucte,parceque je n’avois personne pour la faire ni pour l’écouter,que des païens qui ne la pouvoient ni écouter, ni faire quecomme ils avaient fait et écouté celle de Néarque; ce qui ad-roit été une répétition et marque de stérilité, et, en outre,n’auroil pas répondu à la dignité de l’action principale, quiest terminée par là. Ainsi j’ai mieux aimé la faire connoîlrcpar un saint emportement de Pauline, que cette mort a con-vertie, que par un récit qui n’eût point eu de grâce dans unebouche indigne de le prononcer. Félix son père se convertitaprès elle; et ces deux conversions, quoique miraculeuses,sont si ordinaires dans les martyres, qu’elles ne sortent pointde la vraisemblance, parcequ’elles ne sont pas de ces événe-ments rares et singuliers qu’on ne peut tirer en exemple ; etelles servent à remettre le calme dans les esprits de Félix, deSévère, et de Pauline, que sans cela j’aurois eu bien de lapeine à retirer du théâtre dans un étal qui rendît la piècecomplète, en ne laissant rien à souhaiter à la curiosité del’auditeur.
FIN OE POI.YEUCTK.